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    Culture

    «Prête-moi ton rêve», l’expo qui tient ses promesses

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5654 Le 13/12/2019 | Partager
    L’événement itinérant fait escale à Dakar
    Un road show dans plusieurs capitales africaines
    Montrer de l’art africain aux africains
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    L’exposition itinérante s’est installée au musée des civilisations noires qui fête par la même occasion son premier anniversaire (Ph Touré Behan)

    C’est à Dakar, dans l’impressionnant musée des civilisations noires, qui souffle par la même occasion sa première bougie, que s’est installée l’exposition itinérante «Prête-moi ton rêve».

    Conçue comme un road show, à partir de Casablanca, l’exposition commissariée par Brahim Alaoui et Yacouba Konate fera ensuite étape à Abidjan, puis ensuite à Lagos, Addis-Abeba et Cape Town, avant de revenir en juin 2020 enrichie par les œuvres des artistes qui auront rallié cette odyssée africaine, à Marrakech qui sera alors capitale de la culture africaine pour une année.

    L’évènement panafricain réunit une trentaine d’artistes contemporains africains parmi les plus cotés sur la scène internationale. Abdoulaye Konaté, William Kentridge, Chéri Samba, Barthélémy Togo, Jane Alexander, Ouattara Watts, Soly Cissé ou encore Nnenna Okoré… Des artistes exposés dans les plus grands musées du monde, représentés par les plus grandes galeries occidentales qui font leur cote, mais souvent mal connus sur le continent.

    C’est de cette frustration qu’est né le projet de cette exposition, portée par la Fondation marocaine pour le développement de la culture contemporaine africaine, lancé à partir de Casablanca en juin 2019.

    Depuis «Les magiciens de la terre», au Centre Pompidou à Paris en 1989 en passant par  «Africa remix», présentée en Allemagne, en Grande-Bretagne, en France et au Japon ou encore  «Beauté Congo» en 2015 par la Fondation Cartier, l’art contemporain africain fait désormais l’objet de foires spécialisées (1:54 à Londres, New York et désormais Marrakech, AKAA à Paris, etc.).

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    L’exposition a attiré un public très nombreux, dont un grand nombre d’élèves et d’étudiants curieux de découvrir des artistes bien de chez eux, de renommée internationale (Ph. Touré Behan)

    Or ces expositions n’ont jamais été montrées en Afrique. D’où l’urgence  «d’aider cette mémoire africaine, flottante, fantôme, à rentrer à la maison!», comme le précise Yacouba Konaté, entre autres membre du Conseil scientifique de l’Académie des sciences, de la culture et des arts d’Afrique et des diasporas. «Si la démarche européenne est discutable, pouvons-nous  reprocher aux occidentaux cette situation ? » s’interroge le commissaire.

    «Il faut que nous nous prenions en main et organisions nos propres expositions, car penser à l'international ne doit pas dire seulement hors d’Afrique. Il y a un circuit intra-africain qu’il faut créer, générer» conclut Konaté. Chose faite. Issues d’une résidence à Casablanca, une cinquantaine d’œuvres ont fait le voyage, par voie maritime, depuis la métropole casablancaise pour trouver tout naturellement leur place au musée des civilisations noires, comme autant de témoignages de la diversité artistique du continent.

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    Abdoulaye Konaté en plein accrochage de son œuvre monumentale. L’artiste malien a été l’un des fers de lance du projet (Ph. Touré Behan)

    Les aquarelles grand format, engagées et ironiques de Barthélémy Togo, les huiles d’une énergie vitale de Soly Cissé, les œuvres graphiques et éminemment politiques de William Kentrige ou les captivantes sculptures métalliques d’El Anatsui… autant de créations d’une extrême contemporanéité, preuve si besoin était, que les artistes du continent ont largement dépassé la simple expression de l’africanité pour basculer dans une dimension universelle.

    «Nous sommes très loin d’une Afrique qu’on voit à travers des clichés de récupération, de détournement ou de recyclage. Nous voyons ici des langages d’expression extrêmement inventifs issus de tempéraments d’artistes très différents, avec des matériaux extrêmement éclectiques prouvant qu’il y a plusieurs Afriques et pas un seul art contemporain africain. Nous avons ici des œuvres d’une sophistication extrême, qui nous permettent, enfin de nous débarrasser de ce cliché d’art africain un peu pauvre. De toute façon je trouve que les artistes africains, ici présents, sont suffisamment intelligents, audacieux et inventifs, pour ne pas se laisser enfermer dans nos grilles de lectures occidentales» analyse la critique d’art Bérénice Geoffroy-Schneiter. 

    En parallèle de l’exposition principale «Prête-moi ton rêve» et comme à chacune des étapes, le musée des civilisations noires  accueille une exposition hommage dédiée à la collection Henry Barbier, constituée d’artistes issus de l’école de Dakar retraçant l’histoire du  mouvement de renouveau artistique né au Sénégal à l'aube de l'indépendance entre 1960 et 1974, encouragé par le président Léopold Sédar Senghor  comme fondement de la Négritude.

    L’évènement compte également une  exposition carte blanche intitulée «Fent Bokk» (créée en partage au musée Théodore Monod de Dakar). Confiée au jeune commissaire El Hadji Malick Ndiaye, directeur artistique de la prochaine Biennale de Dakar, elle met en lumière une scène artistique dakaroise émergente d’une étonnante vitalité.

    Amine BOUSHABA

     

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