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    Régions

    Fès-Meknès: Comment redynamiser l’économie régionale

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5654 Le 13/12/2019 | Partager
    Zone franche, port sec, autoroute TangerMed… en priorité
    Se positionner sur l’économie du savoir et libérer les énergies
    Des priorités pour une «région qui manque cruellement de leadership»
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    Saâdeddine El Othmani, Mohand Laenser et Driss El Azami El Idrissi ont esquivé les critiques de Ahmed Réda Chami, président du CESE, pour qui «la région Fès-Meknès ne fait pas partie des pôles émergents». Il lui faut un plan Marshall… pour mieux se positionner (Ph. YSA) 

    Comment redynamiser l’économie régionale de Fès-Meknès? «Il faut d’abord lui définir une vocation, créer une zone franche et encourager l’innovation et les startups», répond Ahmed Réda Chami, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Ce dernier intervenait, mercredi, au forum de la CCIS sur la situation économique de la région Fès-Meknès et les moyens à même d’encourager l’investissement et l’attractivité territoriale. Décryptage.

    • Autoroute et port sec… pour surmonter les carences
    Il est évident que la région Fès-Meknès ne fait pas partie des nouveaux pôles régionaux émergents (Tanger, Casablanca, Marrakech, etc). Pourtant, avec ses 5 universités, elle est le premier pôle universitaire du Royaume, constituant un important vivier pour les ressources humaines. La région dispose également d’un énorme potentiel agricole, une compétitivité coût par rapport à Tanger et Casablanca, une intéressante connectivité et un patrimoine immatériel inestimable. En revanche, et malgré ces avantages comparatifs, il y a encore des carences à surmonter. A commencer par la création d’une zone franche, la liaison directe rapide avec le port TangerMed, ou encore la demande latente relative au port sec. Pour les opérateurs de la ville, «le projet de l’autoroute Fès-TangerMed favoriserait l’émergence d’une dynamique socioéconomique en adéquation avec les objectifs de la régionalisation avancée». «Il est temps que la région Fès-Meknès passe à une vitesse supérieure en perspective de la régionalisation avancée et de la concurrence interrégionale qui va s’accentuer», soulignent les industriels.

    • «Fès n’est plus une ville de grèves», affirme Chami
    Depuis la grève générale du 14 décembre 1990, l’image de Fès est ternie par une instabilité sociale. A telle enseigne que de nombreux investisseurs ont boudé la ville par crainte «de fermetures, grèves… bref, d’un syndicalisme dévastateur». Pour les reconquérir, Ahmed Réda Chami affirme que «le climat social de la ville favorise désormais l’investissement… et c’est une chose qu’il faut continuer d’expliquer aux gens». En ce sens, les dirigeants de la région doivent faire de la communication et surtout du forcing sur la promotion de leur territoire. Le but est de positionner la région comme «pôle national de l’économie du savoir». «C’est l’une des vocations qui sera extraordinaire à construire autour des universités et des chercheurs, en encourageant les startups et les entrepreneurs à venir s’installer à Fès», estime Chami. Ce n’est pas difficile si l’on sait qu’il y a d’ores et déjà des entreprises comme Cabliance, Delphi et Yazaki qui se sont positionnées dans la région. Pour «favoriser cette renaissance industrielle», il faut également investir dans des projets de recherche et développement (R&D), menés conjointement par des universités et des entreprises. S’agissant du tourisme, le président du CESE a noté que la médina de Fès, forte de son héritage culturel, invite à un voyage dans le temps (comme dans le film «Back to the futur»). Cette ville «mérite beaucoup plus que cela dans la mesure elle devrait attirer plus de 5 millions de touristes».

    • Créer une dynamique régionale grâce à l’innovation
    L’appel étant lancé pour accompagner la région dans l’instauration d’une dynamique permettant l’émergence d’un secteur économique porteur de croissance, créateur de richesse et générateur d’emplois. Chami insiste sur la création d’un environnement favorable des affaires. De l’avis du patron du CESE, il faut développer l’agro-industrie, l’arrière-pays, l’artisanat et l’innovation. Pour redevenir un pôle industriel, la région doit encourager «les industries de transformation, se doter d’une zone franche pour l’automobile, le textile et l’export». Doper l’offshoring et faire émerger un écosystème dans les NTIC, en reprenant le rôle leadership de la Quaraouiyyine, figurent parmi les propositions. «Le conseil régional doit soutenir  le développement des universités et investir massivement dans les projets de R&D, pour attirer les meilleurs enseignants et les meilleurs étudiants», ajoute Chami. Il faut également se doter d’un réseau d’incubateurs dans les NT, mettre en place des outils de financement dans les startups et les appuyer dans leur processus de développement, sans oublier la création, autour des universités, d’un écosystème dédié à la connaissance, et pourquoi pas une Station F à l’instar de celle de Paris. Signalons à ce titre que le Plan de développement régional Fès-Meknès prévoit 250 millions de DH pour soutenir les PME et coopératives. «Ce montant n’est pas suffisant pour amorcer une réelle dynamique régionale», estime Chami.

    Les leçons de Chami

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    Ahmed Réda Chami n'a pas hésité à tirer à boulets rouges sur le «laisser-aller» de la région, martelant qu'il est impératif de positionner Fès-Meknès dans les premiers rangs de la stratégie nationale de développement économique. Et cela en encourageant les nouveaux métiers, l’entreprise et l’investissement, en renforçant l’esprit d'entreprise et par là même la compétitivité de la région. Pour le président du CESE, le sport est également un important vecteur de développement et il faudrait pour cela que Meknès retrouve sa niaque d'antan. «Les vivas des supporters du MAS et CODM, qui nous ont bercés dans notre jeunesse font cruellement défaut aujourd'hui. Il faudrait que les responsables de la région se mobilisent pour que ces deux équipes reviennent en première division, parce que c’est là où se trouve leur place». La messe est dite. Même si Saâdeddine El Othmani a tenté de tempérer et surtout de rassurer quant aux efforts consentis pour booster les territoires régionaux et accompagner leur développement (une zone d’accélération industrielle pour bientôt), l’intervention de Chami a mis à nu «les lacunes d’une région qui manque cruellement de leadership».

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

     

     

     

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