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Economie

Fruits rouges: 3 fois plus de plantations en 10 ans

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5654 Le 13/12/2019 | Partager
Plus de 9.000 ha pour cette campagne
80% de la production concentrés au Loukkos, et les 2/3 exportés
L’INRA travaille sur des variétés locales
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Les exportations de fraises, myrtilles et framboises ont plus que doublé sur les 15 dernières années. En 2018, la progression était de 25%

La filière des fruits rouges continue sur sa courbe ascendante. Pour la campagne qui vient de démarrer, plus de 9.000 hectares accueilleront les plantations de fraises, framboises et myrtilles (soit +7% sur un an), dont une grande part est destinée à l’export. Il y a dix ans, en 2009-2010, la superficie totale du secteur était de près de 3.035 ha seulement.

«Lors de la campagne précédente, ce sont quelque 8.400 hectares qui ont été cultivés, avec une production de plus de 200.000 tonnes, dont plus des deux tiers destinés à l’export», relève Amin Bennani, vice-président de la fédération interprofessionnelle Interproberries Maroc.

Il intervenait lors d’un atelier scientifique dédié aux fruits rouges, organisé récemment à Tanger, en collaboration avec l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et l’Office régional de la mise en valeur agricole du Loukkos. Cette région concentre l’essentiel de la production nationale, avec 60% des superficies cultivées et 80% de la production totale.

Le chiffre d’affaires pour la dernière campagne a atteint les 4 milliards de DH, avec à la clé, la création de 15 millions de journées de travail (10 dans les plantations et le reliquat dans les unités de traitement).

Selon Bennani, si l’évolution de la production des fraises avance plutôt doucement, celle des autres fruits rouges connaît une véritable explosion. C’est le cas de la myrtille dont le volume a été multiplié par sept lors des dernières années. Les débouchés ne manquent pas, avec une forte demande, essentiellement centrée sur le continent européen. Des opportunités s’ouvrent aussi au niveau des marchés asiatiques et des Etats-Unis. Mais le secteur reste très dépendant des plants.

Pour le seul fraisier, 196 millions de plants ont été importés, contre 25 millions pour la framboise. Le secteur est ainsi très dépendant de l’étranger. Ces importations payées en devises pèsent sur les comptes des opérateurs. Des variétés locales doivent donc être mises en place, à l’exemple des voisins de l’Espagne.

Ces derniers, en plus de travailler sur les variétés traditionnelles comme la Fortuna, la reine des fraises, disposent de plusieurs variétés nationales. Ceci limite leur dépendance dans un secteur considéré au-delà du Détroit comme stratégique. En outre, ces variétés sont taillées en fonction des besoins et de la climatologie locale, ce qui leur permet d’augmenter considérablement la productivité.

L’INRA travaille actuellement dans ce sens, avec une équipe dédiée installée dans son antenne de Tanger et une plantation expérimentale à Larache. Le travail sur de nouvelles variétés risque par contre d’être long. Il faudrait, en moyenne, une dizaine d’années. Néanmoins, l’utilisation de techniques modernes pourrait, selon les chercheurs de l’INRA, diminuer cette durée.

Larache, la capitale

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Depuis quelques décennies, les fruits rouges se sont imposés comme véritables richesses de la région. Une tendance encouragée par la politique agricole actuelle. La quasi-totalité de cette culture est concentrée dans le Loukkos, à Larache. Cette concentration est favorisée par la proximité géographique avec l’Europe, principal marché, mais aussi, par des conditions climatiques propices et des ressources hydriques importantes, en plus d’une main-d’œuvre qualifiée et abondante. Si la culture des fraises est pratiquée depuis la fin des années 70, celle des myrtilles et des framboises, essentiellement tournée vers l’export, a été introduite en 2008, avec le lancement du Plan Maroc Vert. En 2017, une nouvelle espèce a été introduite, il s’agit du mûrier. La superficie qu’il occupe actuellement reste anecdotique avec moins d’une vingtaine d’hectares. La demande en Europe devrait, cela dit, booster ses exportations.

Ali ABJIOU

 

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