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    Abandon scolaire: Kane Ya Makane dresse son bilan

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5651 Le 10/12/2019 | Partager
    L’association vient de célébrer ses dix années d’existence
    Plus de 21.000 enfants déjà bénéficiaires de son programme «Tanouir» d’éveil par l’art
    Une convention signée avec le ministère pour étendre le projet à l’ensemble des écoles publiques
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    Le programme Tanouir de l’association Kane Ya Makane, qui consiste à éveiller la curiosité et à renforcer la confiance en soi des enfants issus du monde rural pour éviter leur décrochage scolaire, est aujourd’hui dispensé au sein d’une trentaine d’écoles et établissements du Royaume (Ph. Kane Ya Makane)

    «Eclore comme une fleur». Telle est la signification littérale de Tanouir, le projet phare de Kane Ya Makane qui parvient à éveiller les enfants à travers l’art. Pour ses dix ans, l’association marque le coup et revient sur ce programme original qui a déjà porté ses fruits en matière de lutte contre l’abandon scolaire. Une belle réalisation qui pourrait bel et bien être généralisée à l’ensemble des écoles publiques du pays dans les années à venir.

    La cérémonie festive - qui s’est récemment tenue au cinéma Ritz de Casablanca - a rassemblé les principaux bailleurs de fonds de l’organisme, parmi lesquels la Fondation Drosos ou encore la Société Générale, ainsi que des politiciens venus rendre hommage au travail du groupe.

    Autres acteurs clés de l’aventure ayant répondu présent, les enfants de l’association qui ont joué sur la scène du cinéma mythique une pièce de théâtre à la fois instructive et pédagogique rendant compte de leur évolution et de leurs acquis au fil des ans. Autre surprise présentée et non des moindres, la projection d’un film d’animation créé par les jeunes bénéficiaires eux-mêmes. Une œuvre racontant l’histoire de Tibili, un jeune garçon qui ne voulait pas aller à l’école mais qui finit par revenir sur sa décision après avoir découvert l’existence d’un coffre aux mille trésors du savoir.

    Mais la rencontre a surtout permis de dresser le bilan de Tanouir. Un projet original lancé fin 2010 et présent aujourd’hui dans une trentaine d’écoles de plusieurs grandes régions du Royaume dont notamment Agadir ou encore Marrakech. Son concept? Développer la créativité et favoriser l’épanouissement des enfants en leur proposant des activités artistiques et culturelles intéressantes comme le conte, le théâtre, la bande dessinée ou encore les marionnettes.

    «Tanouir a été conçu pour développer un lien positif entre les élèves et faire émerger leurs talents, offrant aux enfants un espace spécifiquement conçu à cet effet au sein même de l’école», explique dans ce sens la présidente du groupe Mounia Benchekroun.

    Un cours d’une heure par semaine réparti sur quatre ans et dispensé par un animateur spécialisé au cours duquel les jeunes intègrent des valeurs de solidarité et de fraternité, travaillent leur imagination et éveillent leur curiosité tout en gagnant sensiblement confiance en soi. «Le cursus que nous proposons inclut plusieurs ateliers inédits.

    Par exemple, l’activité Irisation propose aux participants de travailler leur imagination en manipulant des encres et en y reconnaissant des objets ou des personnages», souligne la responsable. Mais le programme fait également la part belle à la formation des enseignants. Objectif: redynamiser et élargir leurs pratiques en les faisant découvrir de nouvelles méthodes à la fois pédagogiques et ludiques. Enfin, Tanouir accorde aussi une place importante à l’orientation scolaire.

    Un enseignement proposé pour les bénéficiaires les plus âgés sous la forme d’ateliers de découverte des métiers. «C’est essentiel pour l’enfant qu’il puisse se projeter dans l’avenir tout en prenant conscience de l’utilité de l’école», précise avec enthousiasme Benchekroun.

    Côté chiffres, Tanouir a déjà touché un total de pas moins de 21.000 enfants depuis sa création, dont 7.800 via son programme de renforcement en langue française. Par ailleurs, près de 327 enseignants et 12 directeurs ont pu être formés aux nouvelles techniques préconisées par l’association. Mais l’association ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. L’organisme vient en effet de signer une convention de partenariat avec le ministère de l’Education nationale.

    Objectif: généraliser le projet à l’ensemble du pays. «Cette convention constitue en quelque sorte une marque de reconnaissance du ministère à l’égard de la pertinence de notre projet», explique Benchekroun. «Nous souhaitons ensuite que Tanouir, entièrement documenté et écrit, puisse être enseigné comme une matière à part entière au sein de toutes les écoles publiques marocaines», renchérit la présidente.

    Les femmes rurales, l’autre projet de l’association

    Les enfants issus du monde rural ne représentent pas l’unique population visée par l’association Kane Ya Makane. En effet, le premier projet du groupe – lancé en 2009 et intitulé Talents de femmes – vise à renforcer les compétences socioéconomiques de  la gent féminine des douars et des campagnes en les formant à l’art puis en commercialisant ensuite  leurs créations. Un moyen pour ces dernières de pratiquer une activité génératrice de revenus tout en s’épanouissant.

    Karim AGOUMI

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