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    Culture

    Festival international du film de Marrakech Marion Cotillard, tout simplement

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5646 Le 03/12/2019 | Partager
    Tim Burton, Woody Allen, Ridley Scott, Jacques Audiard… les plus grands réalisateurs se l’arrachent
    «Si je ne travaille pas, je suis très mauvaise!», avoue l’actrice oscarisée pour son rôle dans «La Môme»
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    L’actrice française a fait une apparition très appréciée du public, à Jamaa El Fna, avant la projection de «Macbeth» de Justin Kurzel où elle joue «Lady Macbeth». Un des rôles les plus difficiles de sa carrière, dit-elle (Ph. Bziouat)

    Des anecdotes croustillantes, une grande humilité et une modestie à toute épreuve. Marion Cotillard, actrice française aux multiples distinctions internationales (César, Oscar, BAFTA, Golden Globe), a inauguré le cycle «Conversation avec» de la 18e  édition du Festival international du film de Marrakech.

    L’interprète de l’inoubliable «La môme» d’Olivier Dahan (oscar de la meilleure actrice en 2007), s’est prêtée aux jeux des questions-réponses avec une simplicité désarmante.  Tim Burton, Woody Allen, Ridley Scott, Christopher Nolan, Jacques Audiard, les frères Dardenne, Xavier Dolan, pour ne citer qu’eux, les plus grands réalisateurs ont dirigé celle que le public a d’abord connu à l’affiche de la saga française «Taxi». On la verra également dans des films connus, tels que  «De rouille et d’os», «Inception», «The Immigrant», «Macbeth»…

    Née d’une mère comédienne de théâtre et directrice d'acteurs et d’un père, spécialiste du mime et du burlesque, Marion Cotillard s’est très vite retrouvée sur les planches. Très vite, également, elle a compris que ce serait sa destinée, tout en essayant depuis de combattre ses démons, propres à tout artiste ou interprète: la peur, le besoin de reconnaissance, le désir d’être aimé…

    «J’ai voulu devenir actrice pour comprendre comment l’humain fonctionnait, seul ou en groupe. Très tôt, cela avait déclenché en moi des questionnements sans fin, dans ma petite enfance et durant mon adolescence. Tous les aspects de l’humain me bouleversaient et me fascinaient. Je me souviens que la première fois que j’ai joué un rôle, c’était quand j’avais 9 ans. J’étais en colonie de vacances et j’avais interprété le rôle d’une vieille femme de ménage. A la fin de la pièce, les gens sont venus me féliciter et me dire qu’ils y avaient cru. Je pense que c’était la première fois où j’ai senti que c’est ce que je voulais faire, que je me suis sentie à ma place. Mais cela a pris du temps pour me sentir légitime. C’est lié au cheminement personnel et au travail qu’on fait sur soi et sur son besoin de reconnaissance», raconte-t-elle.

    Sur son travail d’actrice, Marion Cotillard avoue avoir souvent ressenti de la peur. Ce sentiment s’est mué avec le temps en un sentiment de doute contrôlé, non handicapant, qu’elle a appris à apprivoiser. Avec du recul, elle trouve également qu’elle aime relever des défis, ce dont elle se défendait par le passé. «J’aime le travail de préparation. C’est ce qui me permet de faire des choses singulières ou surprenantes. Si je ne travaille pas, je suis très mauvaise!» Pour elle, incarner un personnage est une rencontre.

    «On rentre dans la peau du personnage comme il nous rentre dans la peau… Je ne suis pas ce que les américains appellent  une «method actor», une actrice qui vit en totale immersion  dans le rôle, même dans la vie réelle. Sauf peut-être  pour la môme, j’avais le crâne et les sourcils rasés. Même quand je coupais, je n’étais plus moi-même. Sans aller jusqu’à rêver des personnages que l’on incarne, on partage un bout de sa nuit avec».

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    Son inoubliable interprétation d’Edith Piaf dans la «Môme» de Xavier Dolan, lui vaudra un Oscar et une reconnaissance internationale (Ph. DR)

    Le rôle aura marqué la vie de l’actrice à jamais: «Edith Piaf a changé ma vie. J’ai tissé avec elle un lien indéfectible, depuis la môme. Je me suis plongée dans sa vie pour comprendre ce qui l’habitait, la faisait vibrait, lui faisait peur: j’étais fascinée par son histoire. Ce qu’elle a vécu est inexplicable. Sans la rencontrer, je sens que je l’ai connue intimement et c’est là la magie du métier d’acteur».

    Marion Cotillard s’est également attardée sur l’une de ses expériences les plus  remarquables dans le cinéma: «Inception», l’incroyable thriller de science-fiction de Christopher Nolan qui a remporté 4 oscars en 2010. «Quand j’ai reçu le scénario de Inception, je l’ai lu une vingtaine de fois, et au bout du compte je n’étais pas sûre d’avoir tout compris. J’ai appelé Leonardo Dicapprio et je lui ai demandé «Est-ce que tu as compris le scénario? Il a pris un temps de réflexion et m’a reposé la même question! J’ai compris qu’il était comme moi. Nous sommes  partis voir Christopher Nolan avec des pages de questions. Il avait réponse à tout. Depuis, j’ai appris à faire confiance au réalisateur».

    L’actrice n’est toutefois pas à un défi près, son rôle le plus difficile aura été selon elle Lady Macbeth dans «Macbeth» de Justin Kurzel: «techniquement, cela semblait insurmontable de jouer, en vieil anglais, un Shakespeare non adapté, dit-elle. J'ai toujours su que j'interpréterais ce rôle un jour mais je pensais que ce serait sur scène et en français. Le faire en anglais, dans ma tête, j’avais l’impression de voler le rôle à une anglaise

    . Durant tout le tournage, je ne me suis jamais détendue. Aujourd’hui que je le revois, je me dis que je ne faisais pas tache». Le film a été diffusé samedi 30 novembre sur écran géant à la place Jemaa El Fna (en version française), où l'actrice a fait une apparition très applaudie.

    Amine BOUSHABA

     

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