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Emprunt international: «Le spread dénote la crédibilité des choix du Maroc»

Par Franck FAGNON | Edition N°:5645 Le 02/12/2019 | Partager
La prime de risque a baissé de 75 points de base par rapport à l’émission de 2014
Gestionnaires de fonds et compagnies d’assurances, les principaux souscripteurs
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L’équipe de la direction du Trésor et des finances extérieures. De gauche à droite, Hassan Eddez, adjoint au directeur, en charge du pôle dette, Faouzia Zaaboul, directrice du Trésor et Hakim Jouahri, chef de division du marché financier international et de la gestion des risques. Le Maroc a mobilisé 1 milliard d’euros sur 12 ans sur le marché financier international à des conditions inédites. Le taux d’intérêt de 1,5% est inférieur de 2 points à celui de la dernière sortie (Ph. Bziouat)

Le Maroc a emprunté 1 milliard d’euros sur 12 ans à un taux de 1,5%. Il y a cinq ans, il avait mobilisé le même montant sur 10 ans à 3,5%. La différence entre les deux périodes tient à la baisse des taux en Europe mais aussi, à l’amélioration des équilibres macroéconomiques. En tout cas, les investisseurs font preuve d’une certaine confiance dans le risque Maroc en lui concédant une baisse de 75 points de base de la prime de risque. Les entreprises pourraient profiter de cette fenêtre pour mobiliser des ressources sur le marché international à des conditions intéressantes.

- L’Economiste: Qu’est-ce qui a motivé le choix du marché euro?
- Faouzia Zaaboul:
Le marché financier international constitue l’une des sources de financement du Trésor. La mobilisation de capitaux se fait aussi auprès d’autres bailleurs de fonds notamment les institutions internationales dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement... Pour la dette en devises, nous essayons d’avoir une structure du portefeuille proche du panier de cotation du dirham (ndlr 60% euro-40% dollar). Les levées sur le marché financier international sont dictées par les conditions du marché et l’appétit des investisseurs. Les taux sont très sensibles aux nouvelles économiques et géopolitiques, raison pour laquelle les arbitrages sont effectués au dernier moment en faveur du marché qui offre les conditions les plus favorables. Par ailleurs, les modalités de l’emprunt sont aussi déterminées sur la base des retours que nous avons des investisseurs au cours du roadshow. Nous projetions par exemple une émission sur 12 ans ou 20 ans. Les investisseurs étaient plus intéressés par la maturité 12 ans.

- Malgré les taux bas, les investisseurs ont consenti une baisse importante de la prime de risque. C’est rare pour une économie comme le Maroc?  
- Nous n’avons aucune emprise sur les taux de référence qui peuvent fluctuer, même au moment du pricing. En revanche, nous pouvons agir sur la prime de risque dans le sens où elle reflète l’appréciation du risque de crédit Maroc. La baisse de 75 points de base du spread par rapport à la dernière sortie à l’international dénote de la crédibilité des choix de notre pays. La stabilité politique, le cadre macroéconomique, le maintien de l’investment grade depuis douze ans, les réformes et l’assurance par rapport aux perspectives sont des éléments qui ont soutenu l’amélioration de la signature du Maroc.

- Quel est le risque lié à la remontée des taux dans la mesure où 37% de la dette extérieure sont assortis d’un taux variable?
- La dette à taux variable représente moins de 10% de l’encours global (dette intérieure et extérieure). Rien que sur la dette extérieure, nous essayons d’avoir une part à taux variable aux alentours de 30%. A ces niveaux, le risque lié aux fluctuations des taux est tolérable. Il est vrai que nous sommes actuellement autour de 37%. Mais, une bonne partie est indexée sur l’Euribor qui est aujourd’hui négatif. Nous avons volontairement augmenté la proportion de la dette à taux variable pour profiter des taux négatifs et donc réduire le coût de la dette. Ceci dit, nous suivons les marchés et les perspectives des taux. Rien n’indique une hausse imminente des taux européens. De toute façon, lorsque le risque se profile, nous avons la possibilité d’effectuer des swaps de taux pour passer du variable au fixe.

- La dette du Trésor a explosé ces dix dernières années. Où va tout cet argent puisqu’on n’en voit pas les effets sur la croissance?
- Grâce à la loi organique des finances, le Trésor ne peut pas emprunter pour financer les dépenses de fonctionnement. Ce qui veut dire que l’emprunt finance l’investissement. Il faut évaluer leur rentabilité sur le long terme. Le Maroc investit massivement dans les infrastructures dont on ne peut pas apprécier le rendement à court terme. Si nous recevons beaucoup d’investissements directs étrangers, ce n’est pas seulement à cause de la stabilité politique, mais c’est aussi parce que le pays a des arguments à faire valoir sur le plan des infrastructures. Tout n’est pas négatif.

Propos recueillis par Franck FAGNON

 

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