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Dossier Spécial

Mauvaise passe pour l’Afrique subsaharienne

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5643 Le 28/11/2019 | Partager
Elle subit de plein fouet les avatars de la conjoncture inter­nationale
Le FMI s’attend à une crois­sance molle pour la majorité des pays
Elle serait contenue à moins de 4% en 2019 et 2020
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La forte dépendance de l’Afrique subsaharienne à l’égard de l’agriculture pluviale la rend vulnérable aux catastrophes naturelles (sécheresses, cyclones et précipitations abondantes). De plus, si l’épidémie virale Ebola, qui sévit en République démocratique du Congo, se propage aux métropoles et aux pays voisins, elle pourrait saper la confiance des investisseurs et déstabiliser l’activité commerciale dans la région

Montée du protectionnisme, envo­lée des primes de risque et ralentissement de croissance en Chine et dans la zone euro. Ce sont, entre autres, les avatars de la conjoncture internationale que subit de plein fouet l’Afrique subsaharienne. «Et les risques de détérioration des perspectives de croissance sont considérables», relève le FMI dans sa dernière livraison.

Sur le plan intérieur, les risques à court terme comprennent les chocs climatiques, le ter­rorisme, l’insécurité et la propagation de l’épidémie virale Ebola. S’ajoutent égale­ment les dérapages budgétaires ainsi l’in­suffisance des réformes dans des pays clés qui pourraient accentuer les tensions liées aux déficits et à l’endettement. En somme, les incertitudes qui pèsent sur l’économie de cette partie du continent sont légion, soulignent les économistes du FMI.

En 2019, la croissance devrait s’éta­blir à 3,2% et devrait s’élever à 3,6 % en 2020. Ces taux sont moins élevés que prévu en avril dernier par diverses insti­tutions internationales. Ils concernent les 2/3 de la région. La révision à la baisse s’explique par une conjoncture extérieure moins favorable, des bouleversements persistants de la production dans les pays exportateurs de pétrole et une croissance inférieure aux attentes en Afrique du Sud.

Par ailleurs, des variations considé­rables sont relevées selon les pays. La croissance devrait rester soutenue dans les pays pauvres en ressources naturelles pour atteindre 6%. De ce fait, 24 pays, abritant une population de 500 millions de personnes, verront ainsi leur revenu par habitant augmenter plus vite que dans le reste du monde.

En revanche, la crois­sance devrait ralentir dans les pays riches en ressources naturelles: 2,1%. C’est le cas de 21 pays dont la croissance serait en dessous de la moyenne mondiale (rap­portée au nombre d’habitants). Avec une inflation plus ou moins maîtrisée.

Bien que le poids moyen de la dette se stabilise, les facteurs de vulnérabilité et les réserves de changes (peu importantes) continueront de limiter la marge de ma­noeuvre des pouvoirs publics dans plusieurs pays.

A moyen terme, des réformes réus­sies, notamment conduites dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), pourraient améliorer notablement les perspectives. «Pour atté­nuer les risque, promouvoir une croissance soutenue dans tous les pays de la région s’impose, recommande le FMI. Elle se décline en trois axes.

Le premier vise à calibrer les mesures à prendre à court terme. Certains pays disposent de réserves limitées et sont très vulnérables en raison de leur endettement. Leurs autorités n’ont donc qu’une marge de manoeuvre restreinte pour faire face aux contrecoups de la mauvaise conjonc­ture.

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Dans les pays à faible revenu, les vulnérabilités liées à la dette sont modérées. Pour la plupart des pays à revenu intermédiaire ou élevé, l’endettement public reste soutenable

Cette marge est d’essence essentiel­lement monétaire et reste limitée aux pays où les tensions inflationnistes sont conte­nues et la croissance est inférieure à son potentiel. Si les risques de détérioration se matérialisent, les politiques budgétaire et monétaire pourraient être réajustées de façon à appuyer la croissance sans com­promettre la viabilité de la dette.

Dans les pays où la croissance est lente, le rythme d’ajustement pourrait être plus progressif, sous réserve de disposer des financements nécessaires. Il faudrait sinon un dosage subtil de mesures pour restreindre au maximum les incidences sur la croissance. Dans les pays à croissance rapide où les vulnérabilités liées à la dette sont impor­tantes, la reconstitution des amortisseurs budgétaires demeure la priorité.

Le deuxième axe tient au renforcement de la résilience. Ceci aiderait la région à connaître des épisodes plus longs de crois­sance vigoureuse. Il s’agit de renforcer la résilience également face aux problèmes climatiques, de santé et de sécurité. Ce qui nécessiterait la mobilisation des fonds propres aux pays, de rationaliser les sub­ventions et d’améliorer la gestion des fi­nances publiques.

L’objectif est de renfor­cer les bilans souverains tout en dégageant des budgets pour financer les besoins de développement. Car, il est primordial de relever les taux de croissance par habi­tant, notamment dans les pays riches en ressources naturelles, pour pérenniser les avancées sociales et créer des emplois. Surtout que 20 millions (chiffre net) de personnes arrivent sur le marché du travail chaque année.

Le 3e concerne la levée des obstacles au commerce intra-africain. Ceci dans le cadre de la zone de libre-échange. «En s’attaquant à la question des barrières tari­faires et non tarifaires combinée à la pro­motion des investissements, les pays de la région pourraient faire décoller la crois­sance à moyen terme», estiment les ex­perts du Fonds monétaire international.

Faible concurrence

La concurrence sur les mar­chés de produits en Afrique sub­saharienne est faible par rapport au reste du monde. Plus de 70% des pays de la région se situent en dessous de la moyenne mondiale des indicateurs de concurrence. Les marges brutes des entreprises, calculées directement à partir des données des entreprises, corro­borent ces observations macroéco­nomiques. Elles sont plus élevées dans la région que dans d’autres pays émergents et en dévelop­pement. En particulier dans les secteurs des services. Ce qui peut s’expliquer en partie par la fai­blesse de la concurrence. L’analyse empirique indique qu’une inten­sification de la concurrence peut contribuer à améliorer la crois­sance économique et la qualité de vie, grâce à une hausse de la pro­ductivité et de la compétitivité à l’exportation, ainsi qu’à une baisse des prix à la consommation. Ces conclusions sont confirmées par les données au niveau des entre­prises. A leurs yeux, la structure des marchés impacte la performance et détermine en fin de compte les résultats macroéconomiques.

 

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