×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Société

    Anti-terrorisme: Les particularités de la cellule démantelée

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5624 Le 29/10/2019 | Partager
    En plus des cibles à Casablanca, elle visait aussi des zones maritimes
    Véritable logistique pour l’installation d’une zone-arrière dans la région de Ouezzane
    Un émissaire syrien de Daesh en cours d’identification
    bcij-el-khayam-024.jpg

    Abdelhak Khiam, directeur du BCIJ, a souligné que cette cellule terroriste est peut-être la dernière à avoir prêté allégeance à Abou Bakr Baghdadi, pseudo-calife de Daesh, avant son assassinat dans une opération des forces américaines (Ph. Bziouat)

    L’intervention des éléments du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), vendredi dernier, a permis d’éviter un véritable bain de sang. Les membres de la cellule terroriste, démantelée par le BCIJ, en coopération avec la Direction générale de la Sûreté nationale et la Direction générale de la Surveillance du territoire, «étaient à un stade avancé pour passer à l’action, avec des attentats qui visaient à porter atteinte aux intérêts économiques, sécuritaires et à la stabilité du pays», a expliqué Abdelhak Khiam.

    Le patron du BCIJ a insisté sur «la particularité» de cette cellule par rapport à celles démantelées par le passé. Ironie du sort, ce groupe est peut-être le dernier à avoir prêté allégeance au groupe terroriste Daesh, avant l’assassinat de son «pseudo-calife» Abou Bakr Al Baghdadi. Des drapeaux de Daesh ainsi qu’un texte d’allégeance au pseudo-calife ont été retrouvés dans le lieu où se cachaient certains membres de ce réseau terroriste.

    anti-terrorisme-024.jpg

    Pour les responsables du BCIJ, cette cellule, composée de 7 personnes, préparait des attaques contre des sites sensibles au niveau de la ville de Casablanca, mais également dans des zones maritimes. Le dispositif d’armes saisies lors de l’arrestation de ses membres en dit long sur les visées terroristes de ce groupe. On y retrouve notamment du matériel de plongée, deux arbalètes de pêche, deux paires de jumelles, une caméra, des talkie-walkies, deux boussoles et des cagoules.

    «Ce qui témoigne d’une évolution par rapport aux méthodes des cellules démantelées par le passé». Les perquisitions effectuées dans «l’abri sûr» de cette cellule à Tamaris, dans la banlieue de Casablanca, ont également permis de saisir des armes à feu, notamment 2 fusils, 3 pistolets automatiques, diverses munitions, des ceintures de cartouches, en plus d’armes blanches de grande taille et des épées. S’y ajoutent des sacs de grande taille contenant des produits chimiques suspects, susceptibles d’entrer dans la fabrication de bombes, ainsi que des menottes. Une somme d’argent en monnaie nationale et en devise étrangère a été aussi saisie.

    Les membres de cette cellule ont bénéficié de l’appui d’un émissaire de Daesh, un Syrien, en cours d’identification selon les services du BCIJ. Il est «activement recherché», est-il indiqué. Les membres de cette cellule, qui sont actifs au niveau de différentes villes, dont Casablanca, Ouezzane et Chefchaouen, ont également choisi une nouvelle approche pour perpétrer des attentats.

    Ils visaient à établir une base-arrière dans la région de Ouezzane une zone nichée entre deux montagnes, selon les précisions du BCIJ, en vue de proclamer une «wilaya» affiliée à Daesh. Les perquisitions dans un 2e «abri sûr» de la cellule à Ouezzane, ont permis de saisir la logistique qui devait faciliter la mise en place d’un campement au niveau de cette base-arrière. Il s’agit notamment de coutelas, de 2 haches, de chaussures et de tenues de randonnée en montagne, de plusieurs tentes, de cordes d’escalade, de sacs de couchage, de 2 boussoles, de torches électriques, d’un chargeur à l’énergie solaire, de jumelles et de 2 gilets de chasse.

    Ce changement du mode opératoire de la cellule terroriste témoigne de l’ampleur des menaces qui planent sur le Maroc, surtout après les appels répétitifs du pseudo-émir de Daesh. Khiam a fait savoir que l’émir de la cellule démantelée avait d’abord tenté de rejoindre, en 2016, les zones de combat dans le Sahel, en vue de rejoindre les rangs de Daesh. Après son échec, il s’est conformé aux consignes des dirigeants de ce groupe terroriste, qui appelaient à perpétrer des attentats dans les pays de résidence.

    Quid des Marocains de Daesh?

    La mort du pseudo-calife de Daesh a remis sur la table la question du retour des Marocains ayant rejoint les rangs de ce groupe terroriste en Syrie et en Irak. Abdelhak Khiam, directeur du BCIJ, s’est montré rassurant. «Nous sommes prêts à faire face à cette situation. La loi a prévu des procédures à suivre dans ce cas», a-t-il dit. Les Marocains de Daesh sont identifiés. Au total, 1.659 personnes sont recensées comme ayant rejoint les zones de conflits dans ces deux pays, dont 1.060 sont des combattants dans les rangs de Daesh. Sur ce total, 742 personnes sont décédées dans les zones de combat, dont 675 en Syrie et 85 en Irak. Près de 260 personnes sont rentrées au Maroc, avant d’être soumises aux autorités judiciaires. 

    M.A.M.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc