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    Culture

    Festival de Fès de la culture soufie: Un voyage initiatique pour la clôture

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5622 Le 25/10/2019 | Partager
    Un vibrant hommage pour L’Economiste ce vendredi
    «Il a restitué l’esprit de l’événement avec brio et talent», selon Skali
    Réfléchir sur des problèmes d’actualité… mais sans polémiquer
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    Avec Ibrahim Salama, Faouzi Skali et Khaled Roumo, Courtney Erwyn a analysé l’articulation entre l’Islam et ses lois avec les droits humains. L’avocate arabisante (USA) a montré comment «elle a évolué dans sa façon de percevoir les choses et notamment les droits humains non seulement de façon matérialiste mais tout en prenant en compte les valeurs spirituelles» (Ph. YSA)

    Le train du festival de Fès de la culture soufie (FFCS) arrive à destination ce week-end. Durant plus d’une semaine, les voyageurs à bord cherchaient l’art de vivre en paix, l’ouverture, le dialogue et l’acceptation de l’autre. Une quête menée lors des tables rondes, mais aussi à travers des chants, récitals, et expositions.

    Le tout rapporté, au jour le jour, par L’Economiste. «Nous remercions vivement ce grand quotidien qui nous livre un compte-rendu, où l’état d’esprit de notre événement est restitué avec brio et talent… Nous tenons à lui rendre un vibrant hommage ce vendredi», souligne d’emblée Faouzi Skali, président du Festival qui se félicite de son partenariat avec le groupe Eco-Médias. En attendant, les journées du 23 et 24 octobre étaient particulièrement chargées.

    Chaque jour, dès 9h30min, les festivaliers avaient rendez-vous avec des panels et des enseignements spirituels. Celui du 23 octobre était consacré aux «Religions et droits humains», un sujet qui vient comme une sorte d’intermédiation des réflexions qui ont précédé et celles qui vont venir. Il interroge, sous une forme spécifique, la thématique générale du FFCS «un humanisme spirituel pour notre temps».

    Cette articulation entre l’humanisme et la spiritualité s’exprime ainsi entre les droits humains et la question de la religion. Ce mercredi, les panelistes ont tenté d’esquisser ces deux dimensions qui étaient très souvent présentées comme opposées, avec une nouvelle vision «non seulement complémentaire, mais de manière à nourrir et soutenir l’un par l’autre».

    Pour analyser cette articulation entre l’Islam et ses lois avec les droits humains, Courtney Erwyn, avocate et experte de la Cour pénale internationale, s’est jointe au débat. L’islamologue américaine, qui a fait son exposé en arabe classique, a montré comment «elle a évolué dans sa façon de percevoir les choses et notamment les droits humains non seulement de façon matérialiste mais tout en prenant en compte les valeurs spirituelles».

    Ce qu’a réitéré à sa manière Ibrahim Salama, ambassadeur et chef des traités internationaux au Haut commissariat des droits de l’Homme, qui a institué depuis quelques temps le mouvement «la foi pour les droits». Pour lui, «la spiritualité peut alimenter les droits en leur donnant plus de substance et plus de contenu».

    Même son de cloche auprès de Khaled Roumo, poète et chercheur de formation littéraire, et Théophile de Wallensbourg, ancien moine et théologien orthodoxe, qui ont évoqué leurs expériences personnelles de cette articulation entre les différentes spiritualités à travers la poésie et la musique. Le profil des deux théologiens a incité à un voyage d’ordre général et d’interaction avec le public de la médersa Bouinaniya.

    De l’avis unanime des participants, les échanges observés lors de ce 12e FFCS sont de nature particulière. Ceci du fait que des problèmes mondiaux et d’actualité sont abordés avec des points de vue inédits, créant de nouveaux espaces de la pensée collective. «Nous ne sommes pas simplement dans une espèce de polémique figée, mais plutôt dans une réflexion collective et évolutive», précise Faouzi Skali, président du festival.

    Ce cheminement a conquis la Bouinaniya, jeudi, lors d’une table ronde dédiée à «l’interprétation du Coran selon l’allusion spirituelle». Au menu figure l’expérience du modèle d’Ibn Aajiba, ce soufi marocain du 19e siècle qui a créé un commentaire du Coran appelé «l’allusion».

    Les échanges autour de son legs ont été animés par Ahmed Rissouni, un jeune théologien marocain originaire de la Zawiya Rissounia de Chefchaouen, Noureddine Boumejyan, professeur universitaire expert de l’interprétation et l’herméneutique spirituelle du Coran, et Khaled Roumo, auteur du livre «le Coran déchiffré selon l’amour».

    A l’heure où nous mettions sous presse, les festivaliers se dirigeaient vers Dar Batha pour profiter d’un autre moment de grâce. Il s’agit du récital poétique et musical intitulé «les contes des sages perses», animé par Leili Anvar et Farzaneh Joorabchi.

    Mais la rencontre la plus attendue de cette édition est celle prévue ce vendredi avec le Cardinal de Rabat,Cristobal Lopez. Ce dernier est invité à une réflexion sur «Prier au quotidien selon les trois traditions Abrahamiques: Prier pourquoi faire?».

    C’est la première sortie de l’ancien archevêque de Rabat qui vient d’être élevé Cardinal par Sa sainteté le Pape. Il participera à cette rencontre aux côtés des frères de Notre Dame de l’Atlas (Midelt). Ces moines viennent chaque année partager leurs histoires, amitiés et itinéraires de voyages.

    Portés par le sens de transmission et du savoir, ces derniers incarnent «une sorte de dialogue entre une certaine forme de la mystique chrétienne et la mystique musulmane, le soufisme. C’est une perpétuation de ce qu’ont toujours fait les frères de Tibhirine», conclut Faouzi Skali.

    «Au Maroc, la tolérance est une tradition»

    Le 21 mai 1996, sept moines trappistes étaient assassinés en Algérie. Leur mort a soulevé l’émotion de la communauté internationale. Le testament spirituel de frère Christian de Chergé résonne aujourd’hui comme l’un des grands textes du XXe siècle. Cette petite communauté de l’Atlas vivant en proximité avec ses voisins algériens est allée jusqu’au bout de l’amitié et de la fidélité à une vie monastique plantée en terre d’Islam. Ce qui a fait vivre cette communauté continue d’inspirer bien des hommes et des femmes aujourd’hui, de tous horizons, aspirant à vivre cette fraternité qu’ils ont signée de leurs vies. «Au Maroc, la tolérance est une tradition», disent-ils.

                                                                                        

    Une création inédite pour la clôture

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    «Le langage secret des fleurs et des parfums» est l’intitulé du spectacle création qui se déroule ce 26 octobre. Pour Carole Latifa Ameer, directrice artistique du festival, «cette création est un voyage initiatique prenant comme guide le parfum».

    En fait, la collaboration avec le maître-parfumeur de Marrakech, Abderezzak Benchaâbane a permis de répertorier 7 fragrances emblématiques du Maroc, 7 senteurs qui ont voyagé jusqu’au Maroc depuis l’Orient ou l’Extrême-Orient, passant parfois par l’Andalousie.

    Au cœur de cette création se trouvent Fès et son quartier ‘Attarine, écrin parfumé où, niché au milieu des boutiques de parfums et d’épices, trône le mausolée de Moulay Idriss. Ce voyage par les 7 essences emblématiques du Maroc symbolise avant tout les 7 maqâmât, niveaux de l’ascension de l’âme pour arriver à l’essence divine, représentés par 7 couleurs dans l’enseignement du grand ‘Abd Al-Qâdir Al-Jîlânî.

    Manifestation de la présence divine et de Sa beauté, le parfum est avant tout un médiateur, un guide étroitement lié au souvenir. C’est ainsi que le parfum est un rappel de la présence divine et de Sa Beauté. Une beauté que les festivaliers ont approché aussi lors des récitals musicaux de Amal Ayyouch, Micheal Lonsdale, et Patrick Scheyder.

    Youness SAAD ALAMI

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