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    Economie

    PLF 2020 : Grogne des professionnels du tourisme

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5622 Le 25/10/2019 | Partager
    Le taux marginal de l’IS passe à 20% au lieu de 17,5%
    Ils réclament l’application d’un seul taux de TVA

    Les professionnels du tourisme ne sont pas du tout satisfaits du projet de loi de finances, mais alors pas du tout. Et ils tiennent à le faire savoir par le biais d’un communiqué qui en dit long sur leur dé­ception, publié mercredi 23 octobre, par la Confédération nationale du tourisme (CNT).

    «Nous attendions la mise en oeuvre des re­commandations des assises de la fiscalité tenues en mai 2019. (…). Les recommanda­tions qui en ont découlé étaient le fruit d’un large consensus sur deux points : La pression fiscale est trop grande sur les salariés et les sociétés, également pénalisées par les taxes locales».

    Sur ce point, les industriels du tou­risme ne seront pas les seuls à s’interroger sur le sort réservé aux recommandations des assises de la fiscalité. Une autre question taraude les opérateurs économiques. Elle concerne le projet de loi cadre sur la réforme fiscale dont aucune mouture n’a fuité.

    Par ailleurs, non seulement plusieurs sec­teurs ont été tenus à l’écart des assises, mais certaines recommandations n’ont même pas été examinées. Dans le cas du tourisme, les professionnels se plaignent du fait que le ba­rème de l’IR, tel que le ministre des Finances l’avait laissé supposer, n’a pas été réajusté. Ce qui a pour conséquence de renchérir la main-d’oeuvre et d’inhiber l’ambition des entreprises du secteur d’améliorer leur taux d’encadrement.

    Ces dernières sont également  touchées par le relèvement du taux marginal de l’IS de 17,5% à 20%, à l’instar des expor­tateurs et des exportateurs indirects, mais qu’elles conservent l’avantage de l’exoné­ration quinquennale. Les opérateurs du tou­risme s’estiment lésés par rapport à d’autres catégories de contribuables, notamment l’industrie qui va voir son IS baisser à 28% au lieu de 31% à concurrence de 100 mil­lions de DH ou encore les structures instal­lées dans les zones d’accélération industrielle (ex-zones franches), assujetties à 15% d’IS.

    La question maintenant est de savoir si l’industrie touristique est une priorité pour le gouvernement au moment où le Maroc se cherche un nouveau modèle de développe­ment. Pour la profession, c’est en tout cas le tourisme qui est créateur de valeur, d’emplois et premier pourvoyeur de devises.

    «Le benchmark avec la Tunisie révèle que la taxe sur la valeur ajoutée pour toute l’industrie touristique ne dépasse pas 7%. Or, au Maroc, la TVA varie entre 14% pour le transport touristique, 10% pour l’héber­gement et la restauration et 20% pour les agences de voyages», explique un fiscaliste.

    En outre, les établissements touristiques ploient sous le poids d’un millefeuille de taxes locales : taxe professionnelle, taxe de séjour, taxe de débit de boisson, taxe de pro­motion touristique, taxe sur les enseignes… Une pression fiscale qui grève la compé­titivité du secteur au Maroc par rapport à ses concurrents.

    Le gisement de touristes à l’échelle internationale est estimé à 1,8 milliard de personnes. Mais si le Maroc a l’ambition d’en capter une part conséquente, ce n’est pas le choix fiscal actuel qui y contribuera.

    30 nouveaux touristes, 1 emploi

    Pour la profession, il est urgent de mettre en place une stratégie dédiée pour relancer le tourisme. Le Maroc accueille actuellement 800.000 nouveaux touristes par an. Or, chaque 30 nouveaux clients permettent la création d’un nouvel emploi. Les professionnels affirment pouvoir créer 25.000 emplois pérennes par an à condition d’être compétitifs au niveau des prix proposés. «Nous avons bien peur qu’avec ce qui est prévu dans le projet de loi de finances ce ne soit l’effet inverse qui se produise».

    Hassan EL ARIF

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