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    Elalamy: «Nous savons tout planifier, sauf la gestion des RH!»

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5609 Le 08/10/2019 | Partager
    DRH, vous ne faites pas votre job!
    Les entreprises incapables de définir avec précision leurs besoins en profils
    Le Plan d’accélération industrielle dépassera les 500.000 emplois cette année

    Les DRH ont adoré écouter parler Moulay Hafid Elalamy. Le ministre de l’Industrie a eu droit à une standing ovation jeudi dernier, lors du TED Agef, le cycle de conférences de l’Association nationale des gestionnaires et formateurs des ressources humaines (AGEF). L’évènement, s’intéressant au rôle des RH dans la réussite du Plan d’accélération industrielle (PAI), a été co-organisé avec l’association MBA Ponts Alumni.

    Pourtant, comme à son accoutumée, avec son franc-parler, Elalamy ne s’est pas privé de les interpeller. «Vous ne faites pas votre job», leur a-t-il assené. Le ministre remonte quelques années auparavant, durant la préparation du PAI. Aucune entreprise, qu’elle soit grande, petite ou multinationale, n’a été à même de fournir ses prévisions en ressources humaines sur cinq ans, de préciser ses besoins en quantité, en qualité et par zone géographique.

    «Nous sommes capables de tout planifier à l’exception du plus important, la gestion des RH. Nous avons tous dû nous mettre ensemble autour de la table pour élaborer un plan», a relevé Elalamy. L’ex-patron des patrons a reconnu avoir lui-même commis cette erreur, quand il était «de l’autre côté». «Vous êtes l’un des canaux les plus importants de recrutement, vous devez pousser les entreprises à se poser les bonnes questions», a-t-il insisté.

    Cela est indéniable, le Maroc souffre d’une crise RH sévère. Il y a une semaine, les opérateurs de la relation client nous révélaient qu’ils auraient pu recruter deux fois plus et gagner le double de leurs revenus à l’export s’ils avaient accès à suffisamment de profils employables. Mais le système de formation n’est pas le seul à blâmer, selon Elalamy.

    Les acteurs de formation diplôment des profils décalés par rapport aux attentes des employeurs, car ces derniers sont incapables d’exprimer leurs besoins. «Quand la commande est nulle, le résultat est dramatique», pense-t-il. Mis à part quelques secteurs, comme l’automobile et l’aéronautique, où les industriels se sont fortement engagés dans le processus de formation, les autres ont encore beaucoup de chemin à parcourir. Elalamy préfère rester optimiste, ne pas sombrer dans la « sinistrose», le «négativisme» et «l’autodénigrement»: Le Maroc dispose bien de compétences valables. Il en veut pour preuve, les centaines d’ingénieurs embauchés par les multinationales.

    Le PAI a permis de créer plus de 400.000 postes, selon le bilan officiel du ministère. Le chiffre, recensé via les inscriptions à la CNSS, avait suscité des réactions sceptiques. Le ministre rajoute une couche et annonce que le seuil des 500.000 visés en 2020 sera dépassé cette année même.

    Concernant la qualité des jobs créés, «un emploi et un emploi, il permet à des gens de travailler pour leur dignité. Je ne tomberai pas dans le piège des métiers à valeur ajoutée. Les postes qui, peut-être, disparaîtront dans dix ans, sont valables aujourd’hui», argue le ministre business man.

    L’industrie fait en ce moment face à une crise de consommation à l’international. Cela se répercute sur les emplois. Le Maroc continue à en créer bon an mal, parfois en masse, tantôt en quelques milliers. Il faudra cependant que les entreprises s’impliquent plus dans le processus de formation afin de limiter le gap entre les RH disponibles et l’emploi, et améliorer la productivité de leur capital humain. Ceci est d’autant plus vrai dans un monde de plus en plus bouleversé par les nouvelles technologies, et où les métiers ne cessent d’évoluer.

    L’entrepreneuriat pour sauver les jeunes

    La fonction publique ne permet plus d’assurer qu’un emploi sur dix. Le secteur privé, pour sa part, ne crée pas suffisamment de postes, et quand il le fait, les conditions de travail offertes ne sont pas toujours optimales. Presque neuf jeunes sur dix âgés de 15 à 24 ans travaillent sans contrat, et quatre sur dix des 15-29 occupent des emplois non rémunérés. Pour Moulay Hafid Elalamy, c’est l’entrepreneuriat qui sauvera le Maroc! «Sauf que nous ne donnons pas aux jeunes les outils pour entreprendre». Le ministre a préparé tout un dossier sur la question, qui «sera bientôt sur les rails». «C’est un sujet aussi gros que le Plan d’accélération industrielle», livre-t-il.

                                                                                       

    «La Banque mondiale avait tort»

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    Les critiques de la Banque mondiale quant au Plan d’accélération industrielle, il ne les a jamais admises. Moulay Hafid Elalamy tient à son droit de dire non à l’institution de Bretton Woods. «La Banque mondiale avait estimé que le PAI n’était pas bon et m’avait demandé de le modifier. Aujourd’hui, l’institution sort un nouveau rapport où le PAI est cité en modèle. Que serait-il arrivé si je l’avais écoutée?!», confie le ministre de l’Industrie. «Je n’ai pas de complexe à apprendre de tout le monde, mais j’écoute avec mon cerveau, je me fais mon idée et je prends mes responsabilités. Je n’accepterai jamais qu’on m’impose un raisonnement faux sans dire mot», poursuit-il. Elalamy va encore plus loin. «Derrière les stylos, il y a des êtres humains, et parfois même, des stagiaires!».

    Ahlam NAZIH

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