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    International

    Cascade de faillites d’entreprises en perspective

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5603 Le 30/09/2019 | Partager
    Mais le cataclysme de la crise de 2008 n’aura pas lieu
    Les prédictions du prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz
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    Le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, même s’il ne s’attend pas à la réédition de la crise financière de 2008, anticipe une série de faillites d’entreprises, en particulier parmi les grands groupes  (Ph. AFP)

    La faillite du voyagiste Thomas Kook ne serait que la première d’une série. A en croire le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, le monde devrait s’attendre à une cascade de faillites d’entreprises même s’il n’anticipe pas aujourd’hui de cataclysme analogue à celui de 2008. 

    Il s’étonne que les banques centrales «gaspillent», selon ses dires, dès à présent leurs cartouches. Dans un entretien accordé à l’AFP, Stiglitz a tenu à remettre la pendule à l’heure. «En me basant sur ce que nous savons, je dirais que je ne vois pas de crise», déclare l’économiste américain à l’occasion de la parution, la semaine dernière en France, de son livre: Peuple, pouvoir & profits, aux éditions Les liens qui libèrent.

    Même s’il se dit «préoccupé» par la récente injection de dizaines de milliards de dollars de la banque centrale américaine (Fed) sur le marché interbancaire des Etats-Unis, il observe pour l’instant un «ralentissement significatif de la croissance qui va entraîner un certain nombre de faillites». L’allusion est faite ici à la récente affaire du voyagiste britannique Thomas Cook.

    Selon le prix Nobel d’économie,  «la mauvaise gestion d’une entreprise n’a pas forcément d’effet en période de croissance, mais dès que la croissance ralentit, des structures  se retrouvent en faillite». Il s’attend ainsi à ce que d’autres groupes suivent le même chemin, sans pour autant déclencher un cataclysme financier similaire à celui de 2008.

    «C’est vrai que cette situation rend les gens nerveux, mais il faut plus de perturbations pour provoquer une crise mondiale», a-t-il estimé. Ceci, même s’il n’écarte pas que «quelques pays émergents entrent en crise» comme l’Argentine. «Mais je ne pense pas que ce soit le cas en Europe ou aux Etats-Unis»,  souligne-t-il. 

    Stiglitz est d’ailleurs déconcerté par la décision de la Réserve fédérale (Fed) d’abaisser ses taux et celle de la Banque centrale européenne (BCE) de relancer son programme de rachat de la dette, craignant que ces mesures prises pour relancer une croissance qui s’essouffle s’avèrent finalement peu payantes.«Je pense que les banques centrales sont clairement en train de gaspiller des munitions qui leur seraient utiles au cas où la situation s’aggraverait», a-t-il regretté. Et de prévenir que «ces mesures n’auront que très peu d’effets».

    Surtout que  la Fed avait reconnu qu’elle n’avait essentiellement aucun moyen de faire face à la guerre commerciale qui décourage les gens d’investir, en se référent au conflit douanier entre Washington et Pékin. En revanche, l’économiste constate des problèmes dans les trois principales économies mondiales (Chine, zone euro et Etats-Unis).

    A ses yeux, la Chine traverse un mauvais moment en passant d’une croissance soutenue par des exportations de produits manufacturés à une autre beaucoup plus basée sur la consommation interne. En zone euro, l’économiste se joint aux nombreux appels lancés à l’Allemagne, qui se trouve au bord de la récession technique, pour qu’elle investisse davantage «afin de stimuler» une croissance en berne qui aiderait l’Europe. Enfin, le «problème aux Etats-Unis n’est pas la guerre commerciale, mais le président Donald Trump».

    A.G.

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