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100 ans d’aviation au Maroc: Vu du ciel, le littoral atlantique se déshabille!

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5600 Le 25/09/2019 | Partager
Béton et pilleurs de sable défigurent la côte
Deux heures de vol pour rejoindre le grand sud
Pas d’autorisation, pas d’accès à la Mecque des aviateurs
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La lagune d’El Oualidiya se trouve aux environs d’El Jadida. Ce site est d’un intérêt biologique et zoologique majeur et abrite des oiseaux migrateurs (Ph. Faiçal Faquihi)

Les hommes ne sont pas des oiseaux! Pour voler, une autorisation de la direction de l’aéronautique civile, basée à Rabat, est indispensable: pièces d’identité,  licence de pilotage, certificat de navigabilité… L’équipage auquel s’est joint L’Economiste devait donc suivre la procédure pour participer au Rallye Toulouse-Saint-Louis qui se déroule du 21 septembre au 4 octobre.

Les pilotes ont dû d’abord survoler la France et l’Espagne avant d’arriver sur le sol marocain. Ils devront ensuite s’envoler vers la Mauritanie et le Sénégal. Cette 37e édition est spéciale puisqu’elle coïncide avec le centenaire de l’Aéropostale connu pour sa ligne aérienne et ses aviateurs légendaires comme Saint-Exupéry.

Nous voilà donc sur les traces de l’aviateur-écrivain et de ses compagnons. A bord d’un Cessna 127, notre équipe a rejoint plus d’une vingtaine de participants pour entamer le périple le plus long et le plus symbolique de ce raid aérien, celui du Maroc: six étapes du 22 au 26 septembre. Dès dimanche dernier, plus d’une vingtaine d’avions sont ainsi rentrés dans l’espace aérien marocain avec une première escale à Tétouan.

Direction ensuite à Rabat où les participants ont passé la nuit avant de s’envoler pour Agadir. L’Aéroclub royal de la capitale a invité les pilotes du Rallye Toulouse-Saint-Louis à une réception comme le veut la tradition. Mais aussi à une exposition sur la ligne Latécoère et son épopée marocaine en cours jusqu’au 13 octobre à la Bibliothèque nationale à Rabat.

De son côté, L’Economiste et ses trois compagnons étaient à leur tour à la veille de leur départ pour le grand sud. C’est à l’aéroport de Tit Mellil, dans les environs de Casablanca, que le commandant de bord, Didier Cornut, nous a fixé rendez-vous. Le site est considéré comme «une zone stérile» du point de vue… sécurité.

Tout y est contrôlé et filtré, y compris les mouches! La Gendarmerie royale suit d’ailleurs de très près la progression du Rallye Toulouse-Saint-Louis tout au long du parcours. Après vérification des instruments de vol et ceux du moteur (pression, température…), le Cessna 172 s’envole en direction d’Agadir.

Premier constat d’un néophyte: vue du ciel, la terre se déshabille. L’aéroport de Tit Mellil, pour qui les autorités portuaires ont de grandes ambitions, devrait d’abord commencer par désherber ses terrains. «L’herbe sèche présente un risque d’incendie. Le désherbage fait partie des normes de sécurité à respecter», commente l’un de nos compagnons avertis. Brahim Tahari est le doyen des instructeurs pilotes et président de l’Association nationale de l’histoire de l’aviation au Maroc.

En prenant de la hauteur, tout devient immensément minuscule! Les êtres comme les paysages et les choses. Ces «élucubrations» philosophiques ne distraient pas notre pilote. Didier Cornut se dirige vers la mer. Il est interdit de survoler Casablanca pour des raisons de sécurité. Il faut contourner la mosquée Hassan II à 1.500 pieds, pas plus.

Car au-dessus de cette altitude, il y a le risque de croiser des avions de chasse. En bas, en plein océan, un cargo déverse ses immondices d’un jaune acide au bord du littoral atlantique. Le port de Casablanca n’est pourtant pas loin. Mais où sont passés les gardes-côtes?

Le voyage continue avec Dar Bouazza et ses résidences qui pullulent. Pelleteuses et bétonneuses dévorent à vue d’œil des champs verdoyants. 

De la région de Chaouia à Doukala... Des plages d’Azemmour et l’embouchure d’Oum Rabbi sont défigurées par les pilleurs de sable. A El Jadida, l’immobilier a fini par dévorer un terrain de dégagement qui servait de champ d’aviation entre les escales de l’Aéropostale.

Au bord de la mer, surgissent des marais salants abandonnés. Est-ce à cause de l’exode rural ou la fin d’un savoir-faire ancestral? Notre oiseau métallique navigue toujours en direction du sud. «Les aviateurs de l’Aéropostale ne pouvaient pas se perdre, il leur suffisait de suivre la côte pour aller à Tarfaya», commente le copilote Marc Edouard Winkel. 

Dans la région de Safi, des cheminées fumantes annoncent de loin le port industriel de Jorf Lasfar avec ses pyramides de charbon. Les conserveries de Safi ne sont plus qu’un lointain souvenir pour le commandant de bord: «Il fut un temps où j’apercevais des dauphins et des bancs de poissons. Ce paysage a disparu depuis 20 ans», témoigne le pilote.

Nous sommes à 1.200 pieds d’altitude, quelque part entre Safi et Essaouira.

Le parc éolien de Sidi Kaouki nous rappelle Don Quichotte de la manche et ses batailles illusoires avec les moulins à vent. Une information de dernière minute nous fait atterrir dans la réalité. Pas d’autorisation encore pour atterrir à Tarfaya. 

«C’est un terrain d’activité restreinte qui exige une autorisation spéciale», explique le doyen des instructeurs pilotes. Nous passons la nuit à Agadir. Allons-nous pouvoir rejoindre «Cap Juby», comme l’appellent les anciens? Tarfaya est la Mecque des aviateurs du monde entier.

Faiçal FAQUIHI

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