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    100 ans d’aviation au Maroc: Dans les airs avec le plus grand raid du monde!

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5599 Le 24/09/2019 | Partager
    Une épreuve sportive de plus de 10.000 km
    L’Economiste embarque dans un Cessna 172
    Un équipage euromaghrébin aux commandes

    Avec quatre escales, de Tétouan à Dakhla, le Maroc sera la plus longue étape du Rallye Toulouse-Saint-Louis. Le Royaume a ce statut depuis la création de ce raid aérien en 1983 par le journaliste franco-marocain André Sabas.

    L’aventure se poursuit avec cette 37e édition qui se tient du 21 septembre au 4 octobre 2019. Les aviateurs vont planer dans le ciel marocain et ceux de quatre autres pays: France, Espagne, Mauritanie et Sénégal. Cette édition a une tonalité particulière puisqu’elle marque le centenaire de l’Aéropostale (Lire article)

    Avec plus de 10.000 km de trajet, cet événement sportif est le plus grand rallye aérien régulier du monde! «La ligne Toulouse-Saint-Louis a été imaginée et réalisée par la volonté et le courage de quelques hommes dont nous nous devons d’honorer la mémoire», note avec déférence Jean-Jacques Galy, président de l’association organisatrice Air Aventures.   

    L’histoire commence le 1er septembre 1919. Le lieutenant Didier Daurat, un vétéran de la Première Guerre mondiale, s’envole dans un Breguet 14. Il le mena de Toulouse à Barcelone puis à Alicante. L’aviateur français atterrit à Rabat le 2e jour après une escale à Malaga. Ce fut les premiers pas de la ligne Latécoère. Et qui, quelques années plus tard, va relier Toulouse-Saint-Louis-Santiago au Chili. Soit 13.000 km au compteur!  Il faut se replacer dans le contexte de l’époque pour cerner l’ampleur de ce pari fou!

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    «Les moteurs des aéronefs avaient une durée de vie de dix heures. Il fallait changer les pièces mécaniques la nuit à l’escale, se ravitailler en carburant… Vu ces limites techniques, la géographie a dicté sa loi. Pour atteindre le Sénégal depuis la France, avec deux escales en Espagne, il fallait atterrir obligatoirement à Tarfaya. Elle est devenue par la force des choses “la Mecque des aviateurs’’», raconte Didier Cornut.

    Ce pilote chevronné sera aux commandes de l’équipage euromaghrébin dont L’Economiste fait partie. Le doyen des instructeurs pilotes et président de l’Association nationale de l’histoire de l’aviation au Maroc, Brahim Tahari, et Marc Eduard Winkel seront également de l’aventure.

    Ce diplomate trader en acier, né au Maroc, est l’initiateur de cette aventure. Les quatre mousquetaires vont s’embarquer dans un Cessna 172 parqué à l’aéroport de Tit Mellil. C’est un avion de tourisme monomoteur à quatre places avec une vitesse de croisière maximale de 230 km/h. 

    Comme toute épreuve sportive, le Rallye Toulouse-Saint-Louis a son règlement général. Il impose à une vingtaine de participants d’avoir «au moins 250 heures de vol» et d’utiliser «des aéronefs monomoteurs et bimoteurs».

    Les commandants de bord doivent «s'assurer de la compatibilité» de leurs appareils «avec les longueurs des étapes» à parcourir.  «Le trajet et le calendrier sont communiqués à titre indicatif. Ils sont susceptibles d'être modifiés en fonction des impératifs météorologiques, d'autorisation de survol des pays traversés...», selon le règlement. Les risques naturels sont toujours omniprésents. 

    «Le commandant de bord est seul juge de la décision de prendre le départ d'une étape. Les équipages pourront avoir, en particulier, à gérer des conditions météorologiques différentes de celles auxquelles ils sont habitués en Europe», avertissent les organisateurs.

    Un raid aérien n’est jamais une promenade de santé. L’un des pionniers, Jean Mermoz, a disparu dans l’océan Atlantique fin 1936. Un demi-siècle plus tard, un équipage belge s’écrase au sud. Nous étions dans les années 1980 encore en plein conflit du Sahara.

                                                                

    L’histoire du jour

    LE président de l’Association nationale de l’histoire de l’aviation au Maroc, Brahim Tahari, nous a ouvert ses portes à Rabat. L’Economiste a pu accéder à des copies d’archives inédites: un Dahir de Moulay Youssef de 1919 et la Une d’un journal ayant un siècle!  «La Vigie marocaine» du mardi 11 mars 1919 «salue avec allégresse ceux qui ont conduit vers nous les premières ailes de France».

    Pierre-Georges Latécoère et son pilote, Henri Lemaître, sont à bord d’un Salmson A2. Le journal relate le premier vol Toulouse-Casablanca: «10 h 55 mn au total». Un télégramme mettait à l’époque 5 jours de France au Maroc, rapporte G. Louis dans son article «Un Oiseau de France, des fleurs de France».

    L’objectif de Latécoère, rencontrer le Résident général. L’industriel voulait démontrer au Maréchal Lyautey qu’il est possible de «transporter du courrier de Paris à Rabat en trois jours». De France, Latécoère ramena «Le Temps du 8 mars 2019 et un bouquet pour l’épouse de Lyautey». Il y retourne avec un Ouissam d’officier, un contrat et une subvention des postes chérifiennes.

    F.F.

     

     

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