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    Economie

    Faillite de Thomas Cook/ Un désastre pour le tourisme marocain

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5599 Le 24/09/2019 | Partager
    Agadir et Marrakech, les plus touchées, perdent 150.000 touristes
    Le TO britannique était un gros client pour une cinquantaine d’hôtels
    Il faudra plusieurs mois pour récupérer ce flux à travers d’autres producteurs
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    2.000 touristes sont actuellement en plan au Maroc, après la faillite de Thomas Cook. Pour Abdellatif Kabbaj, président de la CNT, «il n’est pas question de se comporter comme “des voyous” et jeter les gens dehors». L’ONMT a créé une cellule de crise pour encadrer le rapatriement des milliers de clients. Les délégations du ministère du Tourisme dans toutes les régions du Maroc ainsi que celle de l’Office sont mises à contribution pour gérer cette opération (Ph. AC)

    C’est une très mauvaise nouvelle pour Marrakech et Agadir, les deux destinations phares du tourisme au Maroc. Les deux viennent de perdre 150.000 touristes après la débâcle de Thomas Cook. Sa faillite aura bien évidemment un impact direct sur le secteur avec une baisse générale sur plusieurs marchés émetteurs.

    Pour récupérer cette clientèle à travers d’autres distributeurs, il faudra plusieurs mois pour négocier les contrats, identifier les hôtels, les réceptifs… C’est suite à l’échec d’un marathon de discussions avec ses créanciers et son actionnaire chinois Fosun que le TO britannique a annoncé sa faillite dimanche dernier, laissant en plan 600.000 clients en vacances.

    Le lendemain, une des plus grosses opérations de rapatriement s’est déclenchée. Les autorités britanniques ont activé lundi matin un plan d’urgence de rapatriement de leurs ressortissants. La CAA (Autorité britannique de l’aviation civile) a mis en route des avions spéciaux pour cette opération et le rapatriement devrait durer jusqu’au 6 octobre, même si certains touristes pourront rentrer par des vols commerciaux, informe la CAA.

    Au Maroc, environ 2.000 clients de Thomas Cook sont en séjour dans plusieurs établissements hôteliers, et les professionnels gèrent les choses avec beaucoup de tact. «Nous n’allons pas jeter les gens dehors et nous comporter comme des voyous», promet Abdellatif Kabbaj, président du groupe Kenzi et président de la CNT.

    L’ONMT indique de son côté qu’une cellule de crise a été créée pour suivre et encadrer le rapatriement des milliers de clients et que les délégations du ministère du Tourisme dans toutes les régions du Maroc ainsi que celle de l’Office sont mises à contribution pour encadrer cette opération.

    Le voyagiste britannique opère au Maroc depuis plusieurs années et travaille avec une cinquantaine d’hôtels à Marrakech et Agadir en plus des établissements sur lesquels il avait des exclusivités ainsi que plusieurs réceptifs. En 2017, il avait décidé d’augmenter le nombre de touristes de son portefeuille pour les porter à plus de 400.000 touristes à l’horizon 2020. Un partenariat avait été conclu dans ce sens avec l’Office qui le soutenait sur le plan marketing.

    A fin 2018, le TO a ramené 150.000 touristes au Maroc. Thomas Cook, au nom du fondateur du groupe, est le plus ancien voyagiste du monde, né en 1841. La société a organisé son premier voyage sur les lignes ferroviaires emmenant 500 voyageurs de Leicester à Loughborough. L’entreprise familiale sera vendue en 1928 à plusieurs reprises avant d’être acquise par le groupe touristique allemand C&N Touristik AG, en 2001.

    En 2007, c’est sous le nom de Thomas Cook Group plc qu’une nouvelle entité est constituée et introduite à la Bourse de Londres et devient alors un des plus grands groupes touristiques dans le monde avec plus de 3.400 points de vente, couvrant 22 marchés et servant plus de 21 millions de clients.

    A partir de 2010, l’entreprise subit de plein fouet la concurrence des sites Internet de voyage à bas prix alors qu’elle était surendettée. Au premier semestre 2019, elle déclare une perte de 1,5 milliard de livres, sur un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards.

    La semaine dernière, ses créanciers lui ont demandé de trouver 200 millions de livres de financements supplémentaires pour qu’un plan de sauvetage – déjà accepté de 900 millions de livres et mené par son 1er actionnaire, le chinois Fosun – soit validé. L’entreprise ne réussissant pas à trouver cet argent frais déclare faillite dimanche dernier.

    La Turquie rembourse même les entreprises touchées

    Si la débâcle du plus gros TO européen est actée, ses partenaires (hôtels, transferts…) vont trinquer et pourraient avoir de grosses factures en devises impayés. En Turquie où 21.033 clients de Thomas Cook se trouvent, le ministère du Tourisme a annoncé qu’il mettrait en place un programme de crédits pour venir en aide aux entreprises locales affectées par la faillite brutale du voyagiste. Pour les clients européens et, théoriquement, les voyages organisés – un voyage tout compris avec vols et hôtels – sont bénéficiaires de la garantie ATOL (Air Travel Trust Fund) en vigueur depuis 1973, qui découle d’une directive européenne. Ainsi, les touristes déjà en vacances pourront finir leur séjour puis rentrer normalement, affectés sur d’autres compagnies.

    Badra BERRISSOULE

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