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    International

    Golfe: L’Iran pour un projet régional de sécurité

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5598 Le 23/09/2019 | Partager
    La République islamique nie toute responsabilité dans les raids en Arabie saoudite
    Déploiement dans le Golfe de nouvelles forces américaines

    L’Iran a dénoncé hier dimanche 22 septembre la présence de «forces étrangères» dans le Golfe et annoncé la présentation à l’ONU cette semaine d’un plan de coopération régionale, «endogène», sur la sécurité de ce bras de mer crucial pour l’approvisionnement mondial de pétrole.

    La région vit un «moment sensible et d’une importance historique», a déclaré le président iranien Hassan Rohani à Téhéran alors que l’Iran est accusé par Washington et Riyad d’être derrière les attaques ayant visé deux installations pétrolière majeures en Arabie saoudite le 14 septembre.

    L’Iran nie toute responsabilité dans ces raids menés par voie aérienne et revendiqués par des rebelles yéménites. Mais dénonçant une «escalade spectaculaire de l’agression iranienne», le ministre de la Défense américain, Mark Esper a annoncé vendredi dernier le déploiement dans le Golfe de nouvelles forces américaines, assurant qu’elles seraient «défensives par nature».

    Après avoir évoqué la possibilité d’une riposte militaire, le gouvernement du président américain Donald Trump a calmé le jeu. Il a en effet privilégié la «retenue» et une «solution pacifique», tout en instaurant de nouvelles sanctions économiques contre l’Iran.

    Dénonçant la présence de «forces étrangères» ayant «toujours apporté douleur et malheur dans la région», Rohani a lancé à l’intention des Américains et de leurs alliés occidentaux : «Plus vous vous tiendrez éloignés de notre région, plus celle-ci connaîtra la sécurité». «De notre point de vue, la sécurité du golfe Persique vient de l’intérieur. La sécurité du détroit d’Ormuz est endogène. Les forces étrangères sont source de problème et d’insécurité pour notre peuple et pour la région», a-t-il affirmé.

    Dans une tentative d’apaisement avec les pays riverains du Golfe, Rohani a annoncé qu’il comptait présenter «dans les prochains jours» à l’ONU un plan de coopération régionale destiné à assurer la sécurité du Golfe, du détroit d’Ormuz et de la mer d’Oman «avec l’aide des pays de la région».

    Les tensions n’ont cessé de croître entre Téhéran et Washington depuis le retrait américain unilatéral en mai 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l’Iran.

    Washington et Téhéran ont frôlé l’affrontement militaire direct en juin. Trump avait dit avoir annulé in extremis des frappes contre des cibles iraniennes après que la République islamique eut abattu un drone américain dans la zone du détroit d’Ormuz.
    Les attaques du 14 septembre ont réduit la production de pétrole saoudienne, entraîné une flambée des prix de l’or noir et ravivé les craintes d’un conflit militaire entre les Etats-Unis et l’Iran.

    Selon Washington, le nouveau déploiement de troupes américaines dans la région du Golfe est «une première mesure» en réponse aux attaques du 14 septembre, à la demande de l’Arabie et des Emirats arabes unis. Le nombre de troupes et l’équipement envoyés n’ont pas été décidés, mais il s’agira d’un déploiement «modéré», d’après l’état-major américain.

    A.E.

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