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    Economie

    Rapport de la Cour des comptes: A Marrakech, aucun plan pour la gestion des déchets!

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5593 Le 16/09/2019 | Partager
    Plusieurs délégataires et une incohérence dans l’organisation des services
    Des terrains agricoles exploités sans préparation ni traitement spécial des sols
    Des risques environnementaux négligés
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    La ville de Marrakech ne dispose plus de décharge puisque la commune a décidé son transfert à Mnabha, à 40 kilomètres, et a confié sa gestion à Ecomed (Ph. Mokhtari)

    C’est à la collecte et à la gestion des déchets ménagers et assimilés au niveau de la ville de Marrakech que la Cour régionale des comptes de Marrakech/Safi s’est intéressée dans son dernier rapport.

    Ses équipes ont constaté un retard dans la préparation des plans directeurs de gestion des déchets, contrairement aux tendances nationales en la matière. En effet, aucune des deux collectivités territoriales de la ville de Marrakech n’a élaboré de plan directeur pour la gestion des déchets ménagers.

    Depuis 2014, la commune de Marrakech a opté pour une gestion des ordures à travers trois délégataires: Pizzorno Environnement, SOS NDD et la société Derichebourg, avec un contrat de 6 ans, qui devra prendre fin en 2020. Un 4e contrat couvre le ressort territorial du Mechouar Kasbah, commune urbaine au statut spécial.

    Pour les 4 lots, la Cour a noté  des incohérences dans la gestion des services et une absence de vision couvrant toutes les opérations, depuis le stade de la production des déchets jusqu’à leur élimination. En effet, la ville de Marrakech ne dispose plus d’une décharge spécialement conçue pour valoriser et enfouir les déchets, et ce depuis 2016.

    La commune a opté pour la fermeture de l’ancienne décharge et son transfert à la commune de Mnabha (40 km) qui traite les déchets de la ville touristique, et ceux de 13 autres communes avoisinantes. Le transfert de la décharge, très loin de la ville, a mis en relief le manque de quais de transformation ou de points relais qui peuvent jouer le rôle de points de transfert des déchets collectés, et conduit à l’émergence de pratiques contraires aux exigences contractuelles et aux normes environnementales.

    «Certaines sociétés ont même osé exploiter des terrains agricoles en tant que quais de transformation des déchets collectés, sans préparation ni traitement préalable des sols, où les déchets sont temporairement déchargés et stockés», constate le rapport de la Cour régionale.

    Autre dysfonctionnement noté par les experts de la Cour, les risques liés à la possibilité de fuite à partir des bassins vers l’environnement naturel de l’ancienne décharge de Harbil, en cas de fortes précipitations dans la région.

      Le projet de suppression de l’ancienne décharge a été mal géré sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan social, constate la Cour. Les collecteurs de déchets n’ont pas été pris en compte dans le cadre du projet de fermeture de l’ancienne décharge, sachant que plus de 150 personnes y travaillaient et ne sont pas intégrées au nouveau projet de Mnabha.

    Déséquilibre financier

    Dans la gestion de la propreté confiée aux mêmes délégataires, la Cour régionale a également noté des lacunes relatives aux rémunérations des sociétés délégataires, et à l’équilibre financier des contrats. Les contrôleurs de la Cour ont constaté des écarts entre les quantités de déchets collectés et les quantités estimées découlant des cahiers des charges.

    Des différences dans les prix unitaires en lien avec des prestations similaires, ainsi que des disparités dans les coûts de service de balayage ont été décelées. Enfin, la Cour a constaté, aussi bien à la commune de Marrakech qu’à celle de Mechouar-Kasbah des lacunes au niveau du suivi et du contrôle, alors que ces deux principes représentent la base du contrat de gestion.

    Les communes rurales mal gérées

    Des plans de développement communaux mal préparés et très peu de systèmes d’évaluation et de suivi. De nouveau, la Cour régionale des comptes de Marrakech-Safi relève les dysfonctionnements de la gestion des territoires. Cette fois-ci, les missions de contrôle ont concerné 26 communes rurales dans les provinces de Kelaa, Essaouira, Al Haouz comme celle de Moulay Brahim, Sidi Bouathmane, Sidi Ghanem, Nzalt Laadem et Maachate… La Cour a constaté une faiblesse des ressources propres dans presque toutes les communes contrôlées, qui continuent à dépendre de leur part dans les recettes de la TVA. Elle a également relevé l’absence d’une approche intégrée pour maîtriser l’assiette fiscale. Ce qui a entraîné une carence dans la mobilisation des recettes et une accumulation des montants des recettes non recouvrées. En ce qui concerne les carrières, l’on a relevé la non-réalisation de recensements des exploitants de carrières et la récurrence d’erreurs de liquidation de la taxe associée à cette activité. L’absence de contrôle et de suivi concerne  aussi la gestion des recettes communales. En effet, les magistrats ont repéré des dysfonctionnements dans les marchés publics, les projets de construction ou d’infrastructure, tels que la non-souscription par les attributaires des assurances prévues, et surtout l’absence d’études préalables.

    B. B.

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