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    Economie

    Où sont les écoles inondables

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5586 Le 05/09/2019 | Partager
    Recensement des établissements construits près des lits d’oued
    Ils seront déplacés et transformés en écoles communautaires
    Des unités offrant internat, restauration, transport…
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    Les écoles satellites, qui sont au nombre de 13.000, sont construites en préfabriqué (Ph. Jarfi)

    Le ministère de l’Education vient de demander aux académies régionales de procéder à un recensement des écoles situées à proximité des oueds et des zones inondables. Une décision précipitée par les récentes inondations qui ont touché Tizirt, dans la région de Taroudant, entraînant la mort de huit personnes.

    Avec le début de la saison des crues, qui ont d’ailleurs touché plusieurs régions comme Imlil, Imintanout…, et la rentrée scolaire, le ministère de l’Education veut prévenir les risques.

    Valeur aujourd’hui, il n’existe pas de statistiques sur le nombre d’établissements exposés au risque d’inondation. Il s’agit d’écoles dites satellites destinées à rapprocher l’éducation des zones enclavées.

    Au total, les chiffres officiels indiquent qu’il en existe actuellement 13.000 sur l’ensemble du territoire. Mais l’on ne dispose pas de statistiques sur celles situées dans des zones à risque. Ce qui est sûr, c’est que ces établissements se trouvent pour l’essentiel dans les régions Souss Massa, Drâa Tafilalet et Marrakech Safi.

    Les académies sont appelées à arrêter un agenda précis pour la relocalisation des écoles en question dans des zones sécuritaires.

    L’implantation de ces établissements à proximité de lits d’oued s’explique par le fait qu’à l’intérieur de la même commune les régions bénéficiaires ne sont pas d’accord sur l’emplacement. Chacune réclame que l’école soit construite sur son territoire. Du coup, l’académie est obligée de couper la poire en deux et d’installer entre deux régions. Ce qui fait que souvent cela coïncide avec une zone inondable.

    Pour des raisons économiques et de timing, ces écoles sont toujours construites en préfabriqué et n’obéissent à aucune norme de sécurité.

    Le ministère voudrait remplacer ces établissements par des écoles communautaires en milieu rural et périurbain pour un meilleur accès à la scolarisation et une plus grande égalité des chances entre élèves. Les écoles communautaires permettent de concrétiser le caractère obligatoire de l’enseignement et de maintenir les élèves jusqu’à la fin du cycle primaire.

    C’est une montée en régime en matière d’offre scolaire en milieu rural, et ce en termes de qualité d’enseignement, des équipements et de gestion du personnel enseignant. L’un des atouts de ces écoles concerne le transport scolaire qui est une réponse à l’éloignement qui poussait parfois les élèves à l’abandon à cause de certains reliefs accidentés ou impraticables en temps de pluie ou de neige. E

    n plus du transport, l’école communautaire est dotée d’une cantine. Ce qui permet aux élèves de se restaurer sur place. Les enseignants bénéficient d’un logement de fonction.

    Ce nouveau concept doit se substituer progressivement aux écoles satellites pour donner lieu à des établissements développant des activités pédagogiques, sociales (opération 1 million de cartables, Tayssir) et parascolaires (sport, expression artistique, programmation culturelle).

    Les élèves bénéficient également de programmes d’appui et de suivi pendant toute la durée de leur scolarisation. Un dispositif censé détecter à temps les élèves ayant des difficultés d’apprentissage afin de les aider à s’améliorer.

    Les écoles communautaires se verront déléguer la gestion administrative et financière et la réalisation de certains projets dans le cadre de contrats de partenariat.

    Les écoles communautaires seront construites dans des zones pauvres, marquées par une forte propension au redoublement, à l’abandon ou à l’absence tant des élèves que du personnel enseignant. L’implantation d’une telle école doit toujours être précédée par une étude sociologique pour déterminer le degré d’appropriation des populations locales.

    Pour ne pas rééditer les tares des écoles satellites, ces établissements doivent être implantés dans des zones équipées des infrastructures de base ainsi que d’un environnement convenant à une bonne scolarisation.

    33 écoles communautaires à construire en 2019

    L'école communautaire bénéficie d’un budget spécial dédié et indexé sur son projet, arrêté, géré et exécuté  par le directeur après validation par le conseil d’administration. Le directeur de l’école est encouragé à diversifier les sources de financement. Le ministère préconise une gestion en partenariat entre les académies, les conseils élus, la société civile, les acteurs économiques et sociaux.
    Le monde rural et périurbain compte actuellement 135 écoles communautaires, sur 6.000 unités. 33 d’entre elles seront construites en 2019 pour un budget de 264 millions de DH.

    Hassan EL ARIF

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