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    Politique

    L’avenir du PAM entre les mains de la justice

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5585 Le 04/09/2019 | Partager
    Le procès intenté par Benchamach démarre le 11 septembre
    Il vise la légalité de la commission préparatoire
    Le 4e congrès est convoqué pour les 27-29 septembre

    Les membres du PAM, déroutés par la guerre de tranchées que se livrent les chefs depuis plusieurs mois, ont les yeux rivés sur le tribunal de première instance de Rabat.

    En effet, c’est le 11 septembre que démarre le procès, suite à une plainte déposée par le secrétaire général du parti contre Samir Kodar, président de la commission préparatoire du prochain congrès. Hakim Benchamach estime que son élection est illégale et l’a exclu du parti. Un autre procès démarre le 12 du même mois. Cette fois-ci, c’est Samir Kodar qui conteste la décision du SG.

    Pour l’heure, le parti se dirige tout droit vers l’implosion. Car, dans la réalité, le PAM est profondément divisé. Deux commissions préparatoires s’entredéchirent. L’une, présidée par Samir Kodar, a convoqué le 4e congrès pour les 27-28-29 septembre. L’autre, pro-Benchamach, est pilotée par Ahmed Touhami, ancien député et ex-chef du groupe parlementaire à la Chambre des représentants.

    Elle n’a pas encore arrêté la date du congrès qui doit se tenir légalement avant le début de 2020. Mais, aujourd’hui, la balle est dans les mains de la justice. Le tribunal va-t-il, oui ou non, reconnaître la légalité de la commission préparatoire initiée par le courant «Avenir»? Ce courant est composé de poids lourds et de fondateurs du parti, notamment Fatima Zahra Mansouri, présidente du conseil national, le parlement du parti et ancienne maire de Marrakech.

    Sur la liste également, Ahmed Akhchichen, président de la région de Marrakech-Safi et ancien ministre de l’Education nationale. Abdellatif Ouahbi, député et ancien chef de groupe parlementaire du PAM, très actif dans ce mouvement, vise la place de Benchamach.  Quant aux partisans de l’actuel SG, ils sont composés de quelques parlementaires et de fonctionnaires au sein des deux Chambres.

    Visiblement, la vie du PAM est désormais ponctuée d’épisodes d’un feuilleton judiciaire et de communiqués incendiaires de part et d’autre. C’est ainsi que pour contrecarrer ses adversaires qui avaient appelé à la tenue d’une rencontre à Tanger, le SG s’est tourné vers les autorités locales.

    Objectif: interdire la tenue de cette réunion, qui, à ses yeux,  ne se basait sur «aucune légitimité, ni légale ni organisationnelle. Elle s’inscrit dans une tentative visant les institutions partisanes, les règles de travail et la crédibilité de la pratique politique». Pour cela, il s’est basé sur une décision du ministre de l’Intérieur datant de 2011 laquelle fixe la liste des responsables politiques ayant le droit de présenter une demande pour bénéficier des salles publiques.

    L’autre courant  a publié un communiqué signé par Fatima Zahra Mansouri, président du conseil national, de Samir Kodar et de Abdellatif Ghalbzouri, responsable du PAM au niveau de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma qui a basculé dans le camp anti-Benchamach. Et c’est sous son nom que la salle a été obtenue. Ils considèrent que les manœuvres de Benchamach pour décourager les militants à venir dans les réunions sont vouées à l’échec.

    En tout cas, cette crise que vit le PAM est amplifiée par des accusations de détournements de fonds du parti. Mohamed Hamouti, ex-président du bureau fédéral, est mis en cause par ses anciens camarades. Ils lui reprochent d’avoir conservé chez lui des dizaines de millions de DH en liquide. Cet argent venait de dons de sympathisants et était destiné à préparer les élections législatives de 2016.

    L’autre responsable montré du doigt n’est autre que Aziz Benazzouz. Cet ancien chef du groupe parlementaire du PAM à la Chambre des conseillers est accusé par ses anciens amis d’avoir empoché les contributions mensuelles des parlementaires au parti. On lui réclame la restitution du montant estimé entre 3 et 4 millions de DH. Hakim Benchamach, qui se trouve être le président de la Chambre des conseillers, a nommé un nouveau chef du groupe parlementaire du PAM.

    En outre, Hakim Benchamach, qui a succédé à Iliès El Omari, a vite montré ses limites dans la gouvernance du PAM. La séquence, brutale, avec le député Brahim Joumani qui a giflé le secrétaire général du PAM, en pleine réunion du bureau politique, est édifiante à plus d’un titre.

    La gestion de cet évènement, jugé sans gravité par Hakim Benchamach lui-même, donne une idée sur l’absence de discipline au sein de cette formation. Plus encore, le député fautif n’a pas été inquiété ni sanctionné.

    Dans cette ambiance délétère, les contestations commencent à monter de toutes parts au point d’obliger le secrétaire général à faire des concessions par des actes qui ne sont pas prévus dans les statuts du parti. C’est le cas de la nomination de Ahmed Akhchichen en tant que secrétaire général adjoint et Mohamed Hamouti, président du bureau fédéral en janvier dernier.

    Quelques mois plus tard, il a annulé ces décisions. Pourtant, il s’agit de la première force d’opposition et  la deuxième formation dans la Chambre des représentants. Autant de paradoxes qui expliquent comment le PAM est devenu la risée de la classe politique.

    La domination rifaine en recul

    Les accusations sont distillées alors que ces responsables étaient des amis très proches, tous les trois originaires de la région d’Al Hoceïma et dont le mentor était Iliès El Omari, l’ancien patron du PAM, aujourd’hui en retrait de la bataille politique depuis sa démission en août 2017. En effet, après que son parti ait été classé 2e lors des dernières élections alors qu’il visait le haut du podium et donc la primature, il a préféré jeter l’éponge.  Avec cette bataille à couteaux tirés, c’est la domination rifaine sur le parti qui commence à se désagréger. Aziz Benazzouz s’est brouillé avec Hakim Benchamach et s’est rangé dans le clan de ses adversaires. Pareil pour Mohamed Hamouti.

    M.C.

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