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    Justice

    Justice/chiffres: L’apologie et l’incitation au terrorisme en pole position

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5582 Le 30/08/2019 | Partager
    188 poursuites judiciaires en 2018
    Elles concentrent la moitié des faits incriminés
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    Les autres infractions liées au terrorisme regroupent l’aide apportée à des terroristes, l’embrigadement en vue de rejoindre une organisation terroriste, entraînement et formation pour la commission d’actes terroristes, vol, détournement et recel de biens puis l’atteinte aux systèmes d’information

    L’affaire d’Imlil revient au devant de la scène. La juridiction antiterroriste de Salé rejuge en appel l’assassinat, mi-décembre 2018, de deux jeunes randonneuses scandinaves en Haut Atlas. Les faits se sont produits à une soixantaine de kilomètres de Marrakech.

    La première audience du mercredi 28 août a servi d’échauffement pour la défense, la partie civile et la cour présidée par Youssef El Alkaoui (Lire article). Ce dossier comporte une autre accusation aussi grave que la première à savoir «la planification d’actes terroristes».

    Cette actualité judiciaire pousse à faire un état des lieux sur «l’un des crimes les plus dangereux du monde contemporain», note la présidence du ministère public. Un crime qui porte atteinte à la sécurité et l’ordre public. «Transnational par nature, le terrorisme n’est pas lié à une nation, une religion ou à une quelconque appartenance notamment ethnique», estime l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

    Au Maroc, 337 personnes suspectées de terrorisme ont été déférées au parquet en 2018 contre 358 en 2017 (voir illustration). Les menaces liées au terrorisme se sont stabilisées durant ces deux dernières années, commente la présidence du ministère public dans son dernier rapport d’activité. Elle fait valoir «l’approche préventive» des services de sécurité.

    «La majorité des arrestations a permis de tenir en échec les projets (d’attentats) terroristes qui étaient encore au stade de préparation», précise le chef du parquet national qui compte 1.046 magistrats à fin 2018.

    Cette institution judiciaire qui défend l’intérêt général explique ce résultat par le démantèlement des cellules (dormantes) et le pistage de leurs liens avec les réseaux régionaux et internationaux, notamment via internet. Malheureusement, l’affaire d’Imlil fait figure d’exception dans cette stratégie sécuritaire préventive. Les auteurs présumés du double meurtre sont en effet passés à l’acte.

    Par ailleurs, une donnée significative doit être analysée. L’apologie et l’incitation au terrorisme dominent dans ce genre d’affaire. Concernant l’apologie et l’incitation au terrorisme, l’on comptabilise 188 poursuites judiciaires en 2018. Soit la moitié des dossiers traités par la justice.

    Cette donnée confirme encore une fois que la bataille contre l’obscurantisme et l’endoctrinement est d’abord culturelle. La glorification ou l’appel au meurtre des «apostats» imprègne donc les mentalités. Même lorsque le crime a été commis à l’étranger. La réforme du champ religieux doit intégrer la composante civique et éducative.

    La lutte contre ce type d’agissement inquiétant doit interagir avec d’autres éléments: la radicalisation supposée ou avérée de certains détenus y compris après leur libération, l’influence de l’incitation ou de l’apologie du terrorisme sur des individus isolés qualifiés de «loups solitaires» et surtout l’effet domino d’une culture de haine sur les générations montantes. 

    Dans ce dernier cas, la prise en charge des pouvoirs publics doit particulièrement se pencher sur le cas des enfants dont un parent a été condamné pour terrorisme. En 2018, l’administration pénitentiaire a recensé 822 personnes incarcérées pour ce type de crime.     

    Les enquêtes sociologiques seraient d’un grand secours pour cerner le phénomène d’intégrisme. Les Italiens ont appliqué ce moyen pour comprendre les mécanismes de la mafia. Pourquoi ne pas faire de même dans le cas marocain? Lors de sa traversée de la vallée de Ourika en août 2019, L’Economiste a été particulièrement interpellé par une forme d’orthodoxie religieuse insistante. C’est le cas dans des villages du Haut Atlas comme celui d’El Âgrab (le scorpion).

    Il se trouve dans la même zone géographique où s’est produit l’attentat à la vie des deux jeunes touristes. L’Economiste a pourtant alerté un an avant ce fait sur les risques sécuritaires qui pèsent sur ces régions montagneuses.

    Faiçal FAQUIHI

     

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