×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    General Electric: Le rapport explosif d’un lanceur d’alerte

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5576 Le 22/08/2019 | Partager
    Le groupe US accusé d’avoir «truqué ses comptes»
    GE aurait dissimulé 38 milliards de dollars de pertes
    Le PDG Culp répond aux accusations

    Juste après les accusations d’une supposée fraude comptable du groupe américain General Electric (GE), Lawrence Culp, PDG, réagit en annonçant l’acquisition de 252.000 titres de son groupe. Une sorte de démenti aux accusations d’un lanceur d’alerte. Cette information a été transmise à la SEC, autorité du marché US, après la clôture de Wall Street, lundi soir. Le même jour, le titre GE a chuté de 11, 3%.

    LE géant américain General Electric fait l’objet d’une grosse polémique. Il est accusé d’avoir «truqué massivement ses comptes». Selon le lanceur d’alerte Harry Markopolos, comptable célèbre pour avoir dénoncé le caractère frauduleux des activités de Bernard Madoff, le géant industriel «aurait dissimulé quelque 38 milliards de dollars de pertes» dans ses comptes.

    En effet, le rapport de 175 pages, rédigé par Markopolos, évoque aussi des niveaux d’endettement trop élevés ainsi que des erreurs comptables au sein des activités pétrolières et gazières du groupe américain. GE devra constituer des réserves en cash de l’ordre de 18,5 milliards de dollars uniquement pour sa branche assurance. Des montants qui rendraient le groupe américain insolvable.

    «Mon équipe a passé les sept derniers mois à analyser la comptabilité de GE et nous pensons que les 38 milliards de dollars de fraude que nous avons découverts ne sont que le sommet de l’iceberg », précise Harry Markopolos en préambule de son rapport.

    En réponse à ces accusations, la direction de General Electric a fait savoir, via un communiqué, qu’elle «ne se laisserait pas distraire par des spéculations sans intérêt, malintentionnées et intéressées». Pour rappel, le rapport explosif est sorti quelques jours après que le géant américain ait fait part de résultats trimestriels supérieurs aux attentes.

    En fait, avant de rendre le rapport public, Markopolos a reconnu avoir remis son document à un fonds d’investissement qui parie, à la baisse, sur l’action de General Electric. Il a aussi admis qu’il toucherait un pourcentage des profits réalisés grâce à son enquête.

    Fondé lors de la révolution industrielle par Thomas Edison, l’un des pionniers de l’électricité, General Electric est notamment fragilisé par sa division énergie, qui n’arrive pas à se remettre de la chute des prix de l’électricité de gros et de l’effondrement des commandes de turbines. Le groupe doit également composer avec une dette élevée et une position financière fragilisée.

    Le groupe américain couvre, rappelons-le, des activités hautement capitalistiques, stratégiques et variées: aéronautique, énergie, assurance, produits financiers, éclairage, imagerie médicale... Après deux trimestres consécutifs teintés de vert, General Electric a toutefois clôturé la période sur une perte pour ses activités de 291 millions de dollars.

    Des pertes sèches liées principalement aux coûts de restructuration de sa division électrique, ainsi qu’au 737 MAX de Boeing, cloué au sol depuis mars dernier. General Electric précise que les déboires de cet avion lui ont déjà coûté 600 millions de dollars. Il prévoit une charge de 400 millions au second semestre si l’immobilisation se poursuit. Malgré cette perte, le management avait rassuré les marchés, en révisant à la hausse ses prévisions annuelles de bénéfice par action, de croissance et de cash-flow pour son activité industrielle.

    Quoi qu’il en soit, la publication de ce rapport a fait chuter de 11% l’action GE. Vendredi dernier, dans un marché teinté de vert à Wall Street, le groupe effaçait une bonne partie de ses pertes de la veille.

    A. R.
     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc