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    Médias

    Les chantiers décisifs du Conseil national de la presse

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5566 Le 31/07/2019 | Partager
    Le règlement intérieur et le Code de déontologie bientôt au BO
    L’autorégulation permettra d’immuniser la profession face aux intrus
    Un siège officiellement inauguré à Rabat
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    Pour Youness Moujahid, président du Conseil national de la presse, le défi est de convertir les principes fondateurs du CNP en véritables engagements sur la base d’une stratégie claire et d’un programme d’actions axées sur la déontologie professionnelle (Ph. Jarfi)

    Le Conseil national de la presse dispose finalement de son premier siège. Après quelques mois passés dans des locaux provisoires, les membres du Conseil siègeront désormais dans le bâtiment inauguré officiellement, jeudi dernier à Rabat, en présence notamment du chef du gouvernement, de ministres et d’ambassadeurs.

    Pour les professionnels, il s’agit d’un nouveau pas franchi dans le processus de mise à niveau de la gouvernance du domaine, consacrant notamment la philosophie portée par la Constitution de 2011. En effet, son article 28 stipule que «les pouvoirs publics favorisent l’organisation du secteur de la presse de manière indépendante, sur des bases démocratiques».

    Aujourd’hui, l’autorégulation du secteur est une réalité. Les membres du Conseil ne sont pas restés les bras croisés en attendant l’inauguration officielle du siège. Dès leur installation, ils se sont mis au travail. L’une des principales attributions, l’édition et la distribution des cartes de presse pour l’année en cours.

    Après cela, désormais, Youness Moujahid, président du Conseil, et les autres membres, sont attendus sur une série de chantiers. En tête, celui de l’encadrement du métier, dans le respect de la liberté de la presse et des règles de déontologie. Ceci est d’autant plus important vu la multiplication des fake-news.

    Intervenant lors de la cérémonie d’inauguration, Saâdeddine El Othmani a insisté sur «la nécessité de l’organisation du métier du journalisme, eu égard au désordre que connaît le monde en matière de circulation des informations». Pour lui, le rôle du Conseil sera décisif pour séparer le bon grain de l’ivraie.

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    La cérémonie d’inauguration officielle du siège du Conseil national de la presse a été marquée par l’organisation d’une exposition des Unes des journaux édités au Maroc depuis 1821 (Ph. Jarfi)

    «Les vrais professionnels s’attèlent à l’organisation du métier afin de différencier entre les vrais professionnels, qui exercent en conformité à la loi et à la réglementation en vigueur, et les pseudo-journalistes», a-t-il souligné. L’immunisation et la mise à niveau du métier requièrent un encadrement de l’accès à cette profession, conformément aux dispositions juridiques et d’éthique, et selon des critères scientifiques et contractuels, à même de barrer la route aux intrus.

    Surtout face à la prolifération des nouvelles technologies de l’information, a expliqué Moujahid. La Charte de déontologie, élaborée par le Conseil est fin prête, et devra être bientôt publiée au Bulletin officiel. Idem pour le règlement intérieur du Conseil qui a été également finalisé.  Aujourd’hui, le nouveau conseil est considéré comme «un projet collectif» et «un modèle institutionnel unique».

    Pour son président, cette instance «se distingue d’autres organisations d’autorégulation au niveau international, dans la mesure où la loi lui confère des attributions qui étaient entre les mains des autorités publiques, tels que l’octroi des cartes de presse, les sanctions…». Maintenant, le défi est de convertir les principes fondateurs en véritables engagements sur la base d’une stratégie claire et d’un programme d’actions axées sur la déontologie professionnelle.

    Au-delà des ambitions, la réussite des chantiers du CNP est liée à la capacité de la mobilisation de ressources. Le Conseil devra profiter d’un soutien de l’Etat, en plus des sources de financement prévues par la loi, notamment les cotisations annuelles des entreprises d’édition, les subventions des collectivités locales et des établissements publics, les dons et legs qui ne portent pas atteinte à l’indépendance du Conseil. S’y ajoutent les revenus des biens meubles et immeubles du CNP et les revenus divers qui ne sont pas de nature à porter atteinte à son indépendance.

    Commissions

    Les commissions permanentes du Conseil national de la presse auront un rôle décisif. Celles-ci ont déjà entamé leurs travaux, quelques semaines seulement après l’élection des membres. La loi a prévu 5 Commissions, chacune dotée d’un dossier stratégique. Il s’agit notamment de celle de la déontologie et des affaires disciplinaires, celle de la carte de presse professionnelle, celle de la formation, des études et de la coopération, en plus de celle de la médiation et de l’arbitrage, et celle de l’entreprise de presse et de la mise à niveau du secteur.

                                                                                   

    Ethique, liberté de presse ...

    En vertu de la loi, le CNP est considéré comme une instance «chargée de veiller à la sauvegarde des principes qui font l’honneur de la profession et au respect du code de déontologie, des lois et règlements qui régissent l’exercice de la profession».

    Le Conseil est composé de 21 membres dont 7 sont des journalistes élus par leurs pairs et 7 autres membres choisis par et parmi les éditeurs de journaux et de sites électroniques. La présidence est assurée par Youness Moujahid et la vice-présidence par Fatima Zahra Ouriaghli. Le mandat des membres est de 4 ans, renouvelable une seule fois.

    Les attributions, fixées par l’article 1er de la loi portant création du Conseil, a trait à plusieurs aspects. Il s’agit notamment de «garantir et assurer le droit du citoyen à une information pluraliste, libre, crédible, responsable et professionnelle». L’objectif est également de «promouvoir la liberté de la presse et de l’édition et de veiller au développement du secteur».

    Mais l’une des principales attributions reste «la promotion de l’auto-gouvernance du secteur en toute indépendance et sur des bases démocratiques». En plus des pouvoirs en matière d’octroi de la carte de presse, le Conseil est également habilité à jouer notamment un rôle de médiateur dans les conflits survenus entre les professionnels ou avec des tiers.

    Le CNP est aussi en capacité d’examiner les affaires disciplinaires concernant les entreprises de presse et les journalistes professionnels qui ont manqué à leurs devoirs ou ont enfreint le code de déontologie, le règlement intérieur du Conseil… L’un des principaux rendez-vous pour cette première année du mandat du nouveau Conseil, concerne l’élaboration du rapport annuel, prévu par l’article 3 de la loi portant création du CNP. Ce document devra porter sur les indicateurs relatifs au respect de la liberté de presse et la situation des journalistes au Maroc. Il sera publié au Bulletin officiel.

    M.A.M.

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