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    Dossier Spécial

    Provinces du Sud: La transformation a commencé

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5565 Le 26/07/2019 | Partager
    L’implémentation du modèle de développement avance à grands pas
    Agro-industrie, tourisme, mines,… les secteurs qui attirent les opérateurs privés

    Le nouveau modèle de développe­ment des provinces du Sud n’est pas resté moisir dans les tiroirs de l’administration. L’implication effective du Roi a mis la pression sur les intervenants pour activer ce plan Marshall. D’ailleurs, le Souverain avait choisi Laâyoune pour son annonce.

    Au lendemain de la signature des conven­tions devant le Roi, la machine s’est mise en branle au point que le montant initial prévu pour le financement de ce modèle de développement a été largement dépassé. En effet, au lieu d’une enveloppe budgé­taire globale de 71 milliards de DH sur une période de 2016-2021, la barre de 80 milliards de DH a été franchie.

    En effet, ces programmes se déclinent en 683 pro­jets. Une part importante est dédiée à la réalisation d’une dizaine de projets phares dont des unités industrielles de phosbou­craâ à Laâyoune pour un montant de 16,7 milliards de DH et des sites d’énergies éolienne et solaire pour 9,8 milliards de DH. Si la construction du port atlantique de Dakhla canalise 9,6 milliards de DH, celle de la voie express Tiznit-Dakhla né­cessite 8,5 milliards de DH.

    De son côté, la connexion de Dakhla au réseau électrique national a nécessité 2,4 milliards de DH, la technopole Foum El Oued 2,1 milliards de DH. D’autres projets figuent sur la liste dont certains sont achevés et d’autres sont en cours. En tout cas, le calendrier de 2019 prévoit le lancement de 185 projets avec un coût global de 32,59 milliards de DH.

    Hub réel vers l’Afrique subsaharienne

    Dans cette dynamique, le secteur privé n’est pas resté les bras croisés. Il a cher­ché à accompagner le mouvement par la mobilisation des opérateurs économiques de plusieurs régions autour de 57 projets, pour un montant global de 6 milliards de DH, avec la création de 10.000 emplois.

    Parallèlement à cette action, le patronat a créé son antenne, la CGEM-Sud, avec une gouvernance élue par les opérateurs des trois régions. De même, celle-ci est arrivée à obtenir une zone de 70 hectares pour abriter les investissements industriels à Laâyoune. En tout cas, les opérateurs s’intéressent aux secteurs à fort potentiel comme l’agro-alimentaire, la transforma­tion des produits de la mer, les mines, le tourisme et ses services associés.

    La mise en oeuvre de ce modèle s’est accompagnée par l’émergence d’une nouvelle génération de responsables poli­tiques. En effet, la première expérience des présidents de région issus de familles locales s’est soldée par une réussite qui a dépassé les frontières du pays.

    Moham­med Ould Rachid de l’Istiqlal à la tête de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, Yanja El Khattat, également de l’Istiqlal, président de Dakhla-Oued Eddahab et Abderrahim Ben Bouaida, du RNI, pour Guelmim-Oued Noun. Ce dernier a fini par démissionner et laisser sa place à sa cousine Mbarka Bouaida, également du RNI.

    En outre, la montée en puissance des élus locaux et des parlementaires de ces provinces a donné une nouvelle tournure au dossier du Sahara. Le potentiel de ces régions est énorme et leur position géogra­phique en fait un hub réel vers l’Afrique subsaharienne.

    • Laâyoune-Sakia El Hamra: Capitaliser sur les richesses halieutiques

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    Par sa position géographique, la région de Laâyoune-Sakia Al Hamra est considérée (avec les deux autres) comme un hub commercial entre le Maroc et l’Afrique, particu­lièrement les pays subsahariens. Elle recèle des potentialités de développement dans les secteurs de la pêche et les industries agroalimentaires qui leurs sont connexes.

    Le fort potentiel de cette région est impulsé par le nouveau modèle de développe­ment des provinces du Sud. Même si celle-ci ne représente que 2,8% de la richesse nationale en 2018 et enregistre une dynamique accrue de sa valeur ajoutée, avec un rythme de croissance moyen de 12% sur la dernière décennie.

    En misant sur la ressource solaire, la région a su impulser une dynamique de croissance durable par une mobilisa­tion conjointe de l’Etat et des établissements publics. Ainsi, des projets ambitieux sont en cours de réalisation dans les domaines des énergies renouvelables, les centrales solaires Noor Laâyoune et Noor Boujdour. Ces dernières auront des retombées bénéfiques sur la région.

    La région est aussi marquée par une forte participation à la valeur ajoutée nationale de la pêche qui est une spécificité des provinces de Boujdour et de Laâyoune, indique un rapport de la DEPF du ministère des Finances. Selon ce document, l’investissement des établissements et entreprises publics (EEP) constitue un levier incontournable pour la connexion des territoires et le développement des équipements et des infrastructures.

    Cette région a engendré une enveloppe budgétaire de 3,4 milliards de DH en matière d’investissement des EEP au titre de cette année. Ce qui représente 3% du montant pré­visionnel total des investissements des EEP, 12% du PIB de la région et 9.306 DH par habitant, soit le plus élevé parmi les régions.

    Dans le cadre du nouveau plan de développement, la région est appelée à consolider ses acquis et résorber ses gaps pour réaliser une croissance qui passe par une capitalisa­tion sur les richesses halieutiques et son potentiel d’énergies renouvelables pour en faire une véritable locomotive génératrice d’emplois, d’inclusion sociale et par conséquent  de développement durable et intégré. La région devrait renforcer son offre de santé par l’implantation d’un CHU pourvu d’équipements nécessaires.

    • Dakhla-Oued Eddahab: Destination privilégiée pour le tou­risme

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    Avec sa position géographique sur une baie exceptionnelle, l’ensoleillement à lon­gueur d’année, ses paysages alliant la mer et le désert, Dakhla a tous les atouts lui permettant de s’imposer comme une destination privilégiée pour le tourisme nautique, notamment pour les sports de glisse.

    De ce fait, elle est en passe de se placer dans la liste des destinations mondiales les plus attractives. Cette ville s’est distinguée par la tenue du Forum Crans Montana dont l’organisation avait suscité, lors des premières éditions, l’ire des ennemis de l’intégrité territoriale.

    Cette rencontre internationale, qui a tenu plusieurs sessions, est devenue un rendez-vous annuel des responsables et des experts de tous les coins du monde pour débattre des aspects et des défis relatifs à la coopération Sud-Sud et à l’intégration africaine.

    Son Conseil régional, présidé par Yanja El Khattat, ne se contente pas des résul­tats réalisés. Il entend, en collaboration avec tous les intervenants, pouvoirs publics, élus locaux et secteur privé, diversifier l’offre touristique pour développer d’autres niches comme le tourisme écologique, culturel et de découverte. Il compte renforcer et moderniser les structures d’accueil.

    La multiplication des liaisons aériennes vers cette destination figure en bonne place dans le Programme de développement régional 2016-2021. Celui-ci prévoit une série de projets touristiques autour de la mer, du désert et de l’écologie, impliquant une forte dynamique de développement et de création de nouveaux modèles d’héberge­ment touristique. Le coût d’investissement estimé pour la réalisation de ce pôle s’élève à 2,2 milliards de DH.

    En outre, le Programme de développe­ment intégré de la région comprend la réa­lisation d’un projet de 5.000 hectares dont l’irrigation sera assurée par une station de dessalement d’eau de mer, d’une capacité de production de 100.000 m3 par jour. Fruit d’un partenariat public-privé dont le coût est estimé à 1,7 milliard de DH, l’usine s’implantera aux environs de Dakhla.

    D’autre part, le nouveau port atlantique de Dakhla sera un port de commerce et de pêche et disposera de plusieurs zones industrielles et logistiques. Ce qui aura des retombées socioéconomiques très impor­tantes sur la région et sur ses relations avec les pays voisins de l’Afrique subsaharienne et d’Amérique latine.

    La région dispose d’un littoral de près de 667 km sur l’atlan­tique, la dotant d’une ressource halieutique considérable, qui fait de la pêche un sec­teur clé, ayant un rôle stratégique d’entraî­nement des secteurs connexes tels que l’aquaculture, l’industrie de transformation et le commerce. Le vaste désert, combiné à la puissance du vent au niveau du littoral de la région, forment un potentiel de pro­duction de l’énergie propre et demeure un créneau à développer.

    • Guelmim-Oued Noun: Le potentiel de l’éolien

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    Cette région, considérée comme la porte du Sahara marocain, vient de faire l’actualité à travers l’élection de Mbarka Bouaida comme nouvelle présidente du conseil. A mi-mandat, l’ancienne ministre est attendue sur le redémarrage des travaux du conseil qui a enregistré des retards qu’il faudra vite rattraper. En outre, il faudra mettre en chantier les projets retenus dans le cadre du programme de développement.

    Le nouveau modèle de développement lui a consacré 11,7 milliards de DH pour le financement de 251 projets. Le budget d’investissement lui a dédié pour cette année 993 millions de DH. Cette région  est méconnue. Elle s’étend sur un litto­ral de 240 km, insuffisamment valorisé. Son aménagement abonde en faveur de l’aquaculture, du tourisme balnéaire et du sport nautique.

    L’exploitation du vent pour installer les équipements de l’énergie éolienne constitue un potentiel important. En outre, l’immense étendue du désert au niveau de la province d’Assa-Zag peut abriter un projet de l’énergie solaire à l’ins­tar du complexe Noor de Ouarzazate.

    De son côté, le tissu économique est caractérisé par une prédominance des acti­vités tertiaires. Le secteur primaire consti­tue une 2e ressource de la valeur ajoutée de la région en provenance essentiellement du secteur de la pêche.

    L’économie de la région se distingue par l’importance de la valeur ajoutée provenant du secteur ter­tiaire en accaparant près de la moitié (70%) de la valeur ajoutée produite au niveau de la région en 2016, mais seulement 1,5% de la valeur ajoutée tertiaire au niveau natio­nal. Ainsi, les activités tertiaires sont une spécificité avérée des provinces d’Assa-Zag et de Sidi Ifni.

    Répartition des projets par région
    (En milliards de DH)

    • Laâyoune-Sakia Al Hamra: 42,8 milliards de DH pour 255 projets
    • Dakhla-Oued Eddahab: 21 milliards de DH pour 137 projets
    • Guelmim-Oued Noun: 11,7 milliards de DH pour 255 projets
    • Inter-régions: 4,9 milliards de DH

    Source : ministère de l’Economie et des Finances

    M.C.

     

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