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    International

    De Bretton Woods à la cryptomonnaie

    Par L'Economiste | Edition N°:5560 Le 19/07/2019 | Partager
    75 ans après, où en est la coopération économique mondiale
    Le multilatéralisme menacé, résurgence de politiques protectionnistes
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    Les accords de Bretton Woods sont issus de la conférence qui s’est tenue au Mount Washington Hotel, à Bretton Woods, dans le New Hampshire, du 1er au 22 juillet 1944. Ce sont des accords économiques ayant dessiné les grandes lignes du système financier international mis en place après cette date  (Ph. AFP)

    Guerre commerciale Etats-Unis-Chine, menaces de sanctions américaines contre la France suite à la taxe Gafa, paralysie de l’Organe de règlements de conflits de l’OMC… La conjoncture économique semble prendre une direction tout autre que celle de l’objectif donné lors de la conférence de Bretton Woods. C’était bien la coopération économique internationale qui s’imposait, le 22 juillet 1944, comme condition nécessaire à la réalisation de la paix mondiale et à la reconstruction post-conflit.

    «Cette conférence avait pour objet de construire un système financier mondial entièrement nouveau qui stabiliserait les taux de change, remédierait aux déséquilibres de paiement, reconstruirait les pays dévastés par la guerre et favoriserait le développement des régions les plus pauvres du monde…», comme a tenu à le rappeler David Malpass, président du groupe de la Banque mondiale. Que se passe-t-il donc 75 ans plus tard?

    Dans le cadre d’un tel contexte et en amont du G7 finances (17 et 18 juillet), la Banque de France a accueilli un cycle de conférences ambitionnant de «penser les 75 prochaines années» en termes de coopération et d’échanges commerciaux.

    Plusieurs dirigeants de grandes institutions s’y sont rendus, l’occasion pour eux de rappeler les réalisations qui ont suivi la signature des accords de Bretton Woods. Il est surtout question de faire part de leur vision pour le futur du système économique mondial à l’heure des défis nombreux auxquels il doit faire face.

    Ils sont unanimes: les accords avaient inauguré l’«âge d’or» du multilatéralisme. David Lipton, DG par intérim du FMI, aime à le rappeler. Cette période a permis «des progrès pour le bien-être de l’humanité (espérance de vie à la naissance, instruction, mortalité infantile et maternelle). Le PIB mondial est cinq fois plus élevé qu’en 1945. Plus d’un milliard de personnes sont sorties de la pauvreté. Et plusieurs milliards bénéficient des avantages mutuels procurés par le commerce…».

    Mais si les accords n’ont pas survécu en tant que tels, la coopération économique est devenue la norme. Ce sont la résilience et la capacité d’adaptation du FMI et de la Banque mondiale qui ont fait sa force, mentionne David Lipton.

    Face aux mutations auxquelles doit faire face le système économique mondial, c’est bien cette capacité qui sera mise à l’épreuve. Pour le DG par intérim du FMI, l’un des principaux défis sera celui d’appréhender correctement l’ère des nouvelles technologies.

    A l’heure où Facebook souhaite introduire Libra (un des sujets majeurs des débats au G7 finances), les cryptomonnaies constituent probablement l’un des plus grands enjeux pour le secteur. Ce type de monnaie a pour objectif de «rendre les transactions plus sûres, instantanées et quasiment gratuites», et ont l’avantage d’avoir une «portée mondiale et un coût faible». Cependant, «elles portent le risque de la mauvaise utilisation des données personnelles et de l’ouverture d’un domaine aux entreprises, autrefois réservé aux banques centrales», insiste David Lipton.

    Ce dernier a aussi soutenu que les inégalités croissantes sont une des causes les plus importantes de la montée du protectionnisme et du populisme, phénomène qu’il qualifie d’«anti-Bretton Woods». Il affirme qu’«une meilleure cohésion sociale» est nécessaire et doit passer par un regain de confiance et une lutte contre la corruption. Dans ce contexte, le rôle des institutions créées en 1944 demeure essentiel pour «renouveler le multilatéralisme».

    OMC, libre-échange, taux directeurs…

    «Il faut trouver des solutions communes pour sortir de la crise et éviter un recul en arrière et une montée du bilatéralisme et du protectionnisme», a réclamé François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, lors de la conférence sous le thème «75 ans après Bretton Woods-Penser les 75 prochaines années». Il a ainsi insisté sur les défis du changement climatique et de la cohésion sociale, tout comme il a tenu à rappeler la nécessité d’une politique monétaire indépendante. Cette critique vise directement le président américain Donald Trump qui s’oppose constamment aux décisions de Jerome Powell, le directeur de la Banque centrale américaine (Fed), concernant les taux directeurs. Le dirigeant de la Banque de France a aussi appelé à sauver l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans la tourmente. En effet, les Etats-Unis bloquent la nomination de nouveaux juges, perturbant son fonctionnement. De son côté, la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström s’inquiète du devenir du libre-échange. 75 ans après les accords de Bretton Woods, il faut donc trouver un nouveau souffle au multilatéralisme.

    Ali BENRAMDANE avec F. Z. T.

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