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    Economie

    Enquête ReKrute.com: Les patrons ont-ils peur de promouvoir des femmes?

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5559 Le 18/07/2019 | Partager
    Leurs contraintes sociales les obligent souvent à choisir entre leur famille et leur travail
    Elles sont moins carriéristes, mais plus «rentables»
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    A en croire le témoignage des femmes, la principale crainte des managers est de voir leurs collaboratrices peu engagées dans leur travail. Certains seraient même persuadés qu’elles sont moins productives que leurs collègues masculins

    La question peut paraître un peu cliché mais elle n’est pas dénuée de sens: Les managers ont-ils des appréhensions quant à la promotion de compétences féminines?

    Pour sa dernière enquête, le jobboard Rekrute.com a sondé l’avis de 1.247 femmes travaillant dans différents types de structures, âgées en majorité entre 25 et 44 ans. Quelque 42% ont confié que leur manager a peur que leur engagement soit moindre (voir illustration), et quelque 12% ont affirmé que leur patron préfère promouvoir des hommes, car «plus productifs».

    «La réalité qui se cache derrière ces constats est qu’il existe des considérations sociales, liées au rôle de la femme au sein de son foyer et sur ses motivations et besoins profonds», relève Sanaa Benchekroun, DRH du groupe Majorel, pour la région France et Afrique de l’Ouest.

    En effet, dans le contexte marocain, les dames restent les principales responsables de leur foyer. A un moment donné, elles sont obligées de choisir entre leurs responsabilités professionnelles et personnelles. En raison de la forte pression sociale exercée, la balance penche souvent du côté de la vie privée.

    «Certaines ralentissent leur cadence de travail ou mettent même leur carrière entre parenthèses», confirme Benchekroun. Cette lourde charge familiale fait partie des raisons pour lesquelles presque 8 Marocaines sur 10 sont aujourd’hui inactives...  En cas de maternité, et en l’absence d’un congé de paternité, c’est aux femmes qu’il incombe de gérer les contraintes qui en découlent. Et quand il y a des complications, elles sont immobilisées pendant des mois. «En entreprise, des équipes se sont ainsi privées de précieuses ressources et se retrouvent en difficulté», souligne la DRH du groupe Majorel.

    Toutefois, est-ce une raison pour en déduire un «désengagement» automatique des compétences féminines de leurs responsabilités professionnelles? Nombreuses sont celles qui arrivent à s’en sortir haut la main. Il est vrai qu’elles sont globalement moins carriéristes que leurs collègues hommes. Une enquête du cabinet spécialisé en études et conseil en genre et diversité, Decryptis, publiée en 2018, avait montré que seulement 5% des femmes cadres ambitionnent de grimper dans la hiérarchie.

    Elles sont plus nombreuses (37%) à souhaiter simplement «maintenir leur situation actuelle». Cependant, quand elles accèdent à des postes de responsabilité, elles surperforment. «Comme elles souhaitent faire leurs preuves, elles font tout pour exceller. Elles sont créatives et apportent une réelle valeur ajoutée à leur organisation», assure Sanaa Benchekroun. Selon une étude du cabinet Inforisk en 2018, les entreprises gérées par des femmes sont plus rentables, moins endettées et plus réglos sur les délais de paiement.

    Cela dit, même si elles sont souvent pénalisées, la majorité (62%) des femmes enquêtées estime que leur entreprise leur offre les mêmes chances d’évolution de carrière que leurs collègues hommes.

    Ahlam NAZIH

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