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    Culture

    Une saga nommée «Megri»

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5557 Le 16/07/2019 | Partager
    Décès de Hassan Megri dimanche 14 juillet
    Une musique qui a réuni le Maghreb
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    L’aventure commence en 1957 avec la naissance du premier duo des frères Megri: Hassan et Mahmoud. 1960 voit la création officielle du groupe «Megri», qui intègre la sœur Jalila, surnommée alors la «Fairouz du Maghreb», que rejoindra plus tard le benjamin Younes (Ph. DR)

    Il y a eu «Ya mraya», «Houria», «Dam didam dam» et surtout, surtout, «Lili Touyl», une chanson qui réunira tous les jeunes du Maroc, d’Algérie et de Tunisie avant d’aller à la conquête des pays arabes. Nous sommes au milieu des années 60. Un quatuor marocain, originaire de la ville d’Oujda et fraichement installé dans la capitale, vient d’inventer un nouveau genre de musique typiquement maghrébine, moderne et surtout bien en avance par rapport à leur époque. Coincés entre l’hégémonie de la musique égyptienne et la chanson occidentale, les Megri ont su puiser dans le répertoire de la région, entre melhoun, gharnati, chaabi… pour trouver une place particulière dans le grand concert de la World-music de l’époque. Une certaine pop-romantique encore tout à fait d’actualité, n’ayant pris aucune ride, encore aujourd’hui. 
    L’histoire commence avec Hassan Megri, disparu ce dimanche 14 juillet. Artiste complet, ayant reçu en 1954, le prix d’Arts Plastiques à l’échelle de toute l’Afrique, il était à la fois auteur, compositeur, interprète, artiste peintre et chercheur assidu dans la calligraphie iconographique persane. En 1957, intervient la naissance du premier duo des frères Megri: Hassan et Mahmoud, qui entame déjà, avec succès, une tournée marocaine (Rabat, Casablanca, Kenitra, Fès, Meknès, etc....). 1960 voit la création officielle du «Megri», qui intègre la sœur Jalila, surnommée alors la «Fairouz du Maghreb», que rejoindra plus tard le benjamin Younes. Plus qu’un groupe, c’est un véritable mouvement, incarnant une jeunesse émancipée, mais attachée à ses racines arabes, que va créer la famille Megri, avec Hassan à leur tête. Après le Maghreb, le groupe va sillonner la région, de concert en recherche musicale, (Egypte –Liban -Syrie – Irak…), avant d’entamer un voyage vers l’Asie mineure de l’Iran au Pakistan en passant par l’Afghanistan. En Europe, la consécration arrive à Paris en 1976, lors d’un concert mémorable dans la mythique salle de l’Olympia. Une performance qui leur a valu la signature d’un contrat avec la maison Philips pour l’enregistrement d’un 45 et 33 tours, avec l’orchestre de Charles Aznavour, des arrangements musicaux de Jacques Hendrix. «Lilli Touil», «Sabar» et «Hey di dam dam», sortis en 45 tours en 1975, (une coproduction entre la maison Philips et Polydor) leur valent un «Disque d’Or». Le groupe reçoit également en 2003, le «Rabab d’Or» (octroyé aux grandes stars du monde arabe, sous le parrainage du Conseil international de musique de l’UNESCO). 
    Hassan Megri, pour sa part avait également été distingué à plusieurs titres, notamment «the world medal of freedom» octroyé par «the american biographical institute», ou encore la Médaille d’Or décernée par l’Académie «Arts-Sciences-Lettres» de Paris. Aujourd’hui encore, la musique des «Megri» évoque, surtout auprès des quadra-quinquagénaires, une indicible émotion doublée d’une intense nostalgie. Mais au-delà de cet émoi, c’est un véritable exploit que la famille Megri a réussi par la musique, là où beaucoup de politiques ont échoué. Réunir d’une seule voix les peuples du Maghreb comme le démontre les nombreux témoignages d’anonymes, du Maroc, d’Algérie ou de Tunisie, sur les réseaux sociaux à l’écoute de «Lilli Touil»: «Sublime et fabuleuse chanson qui a bercé notre jeunesse. J’ai la gorge nouée par la nostalgie. Quel monde nous avons perdu!», «Ca me rappelle quand j’avais 18 ans cheveux longs; pantalon éléphant, chaussures doubles, fière de moi-même. Je me souviens de mes séjours à Oujda. Un grand bonjour à tous mes frères marocains un jour. Dieu nous réunira inchallah» ou encore ce message d’un anglo-tunisien «Je n’ai pas écouté cette chanson depuis que j’ai quitté Tunis en 1974 pour l’Angleterre. C’est une chanson sublime qui gardera toujours sa jeunesse et sa beauté. Simply timeless!!».

     

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