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    Economie

    Le Maroc est-il condamné à une croissance molle?

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5554 Le 11/07/2019 | Partager
    A peine 2,7% du PIB cette année et 3,4% en 2020
    Faible campagne agricole et lente évolution du non-agricole
    Lahlimi: Il faut sortir du dogme de l’inflation basse et du déficit «maastrichien»
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    Cette année, la dette intérieure du Trésor devrait croître de 4% par rapport à 2018. Elle atteindrait  51,6% du PIB en 2019. La dette extérieure du Trésor augmenterait de 7,4% alors qu’elle avait reculé de 3,4% en 2018. Au total, le taux d’endettement global du Trésor devrait augmenter à 65,3% du PIB. Le HCP souligne que «le financement du Trésor sur le marché domestique s’effectue au détriment de l’entreprise». 
    Le HCP estime que la dette extérieure garantie par l’Etat devrait se maintenir à 16% par rapport au PIB. La dette publique globale devrait atteindre près de 81,3% du PIB en 2019, au lieu de  73,4% durant la période  2010-2017 et 60,2% durant 2005-2009

    Même s’il a parfois l’impression de «prêcher dans le désert», Ahmed Lahlimi, haut-commissaire au Plan, n’hésite pas à dire haut et fort ce qu’il pense de la politique économique. 
    La maîtrise de l’inflation, l’objectif d’un déficit budgétaire à 3% ou encore le recours excessif à l’endettement intérieur alors que le Trésor peut toujours se faire financer à des taux bas à l’extérieur… Autant de contraintes de pilotage que les pouvoirs publics s’imposent et qui devraient être revues. «Aucun pays du benchmark n’a un taux d’inflation comme le nôtre. C’est scandaleux», déclare Lahlimi lors de la conférence annuelle sur le budget économique exploratoire 2020, tenue mardi 9 juillet à Casablanca.
    Une politique «expansionniste» est vivement recommandée par cette institution qui vient de livrer des prévisions pessimistes de croissance pour 2019 et les perspectives 2020. L’année se terminera sur une faible croissance: 2,7% du PIB contre 3% en 2018 sous l’effet d’une mauvaise campagne agricole et du difficile décollage du non-agricole sans oublier la conjoncture internationale. L’inflation serait à  0,8% contre 1,1% en 2018.  
    Le moteur de cette croissance reste la demande intérieure, en particulier la consommation des ménages avec tout ce qu’elle charrie en importations et impacts sur la balance commerciale. Sa contribution à la croissance serait de 3,2 points contre 4,3 points en 2018 alors que la demande extérieure contribuerait négativement à l’évolution du PIB pour la deuxième année consécutive. 
     La faible croissance attendue cette année proviendrait de la baisse des activités primaires. La valeur ajoutée dégagée par le secteur primaire diminuera de 2,1%  concourant  négativement à la croissance du PIB (-0,3 point en 2019). Cette situation s’explique par le recul de 40% de la production céréalière qui ne dépasserait pas 61 millions de quintaux. Les autres cultures enregistreraient, en revanche, une campagne plutôt bonne alors que les activités de la pêche seraient  sur une tendance haussière.

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    Le secteur primaire serait sur une valeur ajoutée en baisse de 2,1%. Il contribuerait  négativement à la croissance

    Les activités non agricoles vont connaître une légère amélioration: 3,2% contre 2,8% en 2018. Cela provient notamment de l’accroissement des activités secondaires de 3,5% au lieu de 3% en 2018. Les industries de transformation vont rester sur un trend haussier alors que les industries mécaniques, métallurgiques et électriques devraient ralentir (hausse de 3% contre 6,7% en 2018). Celles-ci seront affectées par la baisse prévue dans le secteur automobile au niveau mondial. Les industries textile, qui se heurtent à la concurrence, la contrebande et les difficultés de financement, afficheraient une évolution de 3,8%. «Cette branche souffre de l’inconsistance de sa compétitivité en termes de prix, qualité et innovation ainsi que de sa dépendance des intrants importés, qui approuve sa fragilité face à l’offre extérieure», souligne le HCP. 

    Une croissance à 3,4% du PIB en 2020

    L’année prochaine, la croissance du PIB devrait se redresser légèrement: 3,4%, selon le HCP.  La campagne céréalière devrait être moyenne. Le secteur primaire devrait enregistrer une croissance de 4,6% (effet de base) alors que le non-agricole ne dépasserait pas 3,1% du PIB. La demande intérieure resterait le principal moteur de la croissance. Elle  y contribuerait à hauteur de 3,5 points.

    L’industrie agroalimentaire connaîtrait également un rythme de croissance modéré: 2,8% contre une moyenne de 5,2% entre 2010 et 2014. 
    Le BTP enregistrera à peine 1% de croissance contre 0,1% en 2018. «Ce secteur peine à décoller. Il est confronté à des difficultés en dépit des investissements de l’Etat», souligne Ayache Khallaf, secrétaire général du HCP. La branche du bâtiment a du mal à rompre avec «le régime de faible performance qui a marqué la production du logement depuis 2012». La baisse des taux d’intérêt et les différents programmes d’habitat n’arrivent pas à enclencher une reprise du secteur. Dans le tertiaire, c’est une progression de 3% qui est attendue. Les services marchands vont s’améliorer mais sans retrouver le dynamisme enregistré avant 2012.  Ils seraient surtout portés par le renforcement des activités commerciales, des services rendus aux entreprises et des services de l’hébergement. Les services financiers, la communication et les services de l’éducation et de la santé seraient moins dynamiques. En revanche, les services fournis par les administrations publiques dégageraient une valeur ajoutée en hausse de 3,4% sous l’effet de  la valorisation des salaires accordée dans le cadre du dialogue social. 


    Verbatim 

    - «Le FMI est un organisme financier qui a pour mission d’assurer la stabilité financière du monde. Il n’a pas vocation à dicter aux Etats ce qu’ils doivent faire». 

    - Flexibilité du dirham: «Nous avons assisté à une situation anormale: C’est la Banque centrale qui a défendu la décision alors que c’était le rôle du ministre des Finances et du chef du gouvernement. La Banque centrale est juste tenue de donner un avis sur cette décision». 

    - «Le rural a besoin de beaucoup d’investissements, en particulier sociaux. Les plus forts taux de vulnérabilité et la pauvreté sont d’abord dans le milieu rural». 

     

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