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    Un Chemin marocain: Regards croisés sur le Maroc d’aujourd’hui

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5551 Le 08/07/2019 | Partager
    Le Royaume, ce pays qui se rêve en futur «Dragon» continental
    Un ouvrage de référence, des contributeurs au ton libre

     

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    Économie, industrie, commerce, genre, identité,  politiques culturelles, inclusion sociale, migrations, ou encore transition climatique… sont autant de thèmes traités, analysés, décryptés dans  l’ouvrage «Un Chemin marocain. 1999-2019: Parcours d’un Royaume en transformation», publié par l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS).  Dirigé par Abdelmalek Alaoui, co-rédigé par une vingtaine d’experts de sensibilités différentes, l’ouvrage offre une vision globale de la dynamique à l’œuvre au Maroc au cours des 20 dernières années, à l’aune du règne du Roi Mohammed VI. Les auteurs ne succombent pas, toutefois, à la tentation, très attendue, du bilan d’étape, mais dressent plutôt un portrait lucide, sans concession ni autoflagellation, d’un pays émergent qui aspire désormais au développement.

    «À ce titre, Un Chemin marocain n’est ni un annuaire des réalisations ni un inventaire des échecs. C’est plutôt un regard de la société civile sur des sujets qui ont constitué la colonne vertébrale d’une transformation, à bien des égards, exemplaire, mais qui demeure insuffisante sur certains plans», précise Abdelmalek Alaoui. Les contributions, certes académiques, sont extrêmement documentées, largement accompagnées d’analyses et de données économiques et sociales qui donnent des clés de compréhension au lecteur, marocain ou étranger, d’un pays aux différentes facettes et en plein métamorphose. Diversité des profils, indépendance des positions, liberté de ton font de l’ouvrage un véritable document de référence autour des grandes questions qui ont façonné le Maroc d’aujourd’hui. Le document offre également des pistes de réflexions sur ce qui pourrait être réajusté pour aller de l’avant.  On y retrouve des signatures d’experts en sciences économiques, management et entrepreneuriat, en économie des médias, politiques, culturelles, ou encore en socio-anthropologie. La force de l’ouvrage réside dans le fait qu’il s’appuie sur des analyses pertinentes agrémentées de données chiffrées, mais également sur les hommes et les femmes qui font le Maroc d’aujourd’hui. Le dernier chapitre dédié au parcours de Neta el Kayam, artiste de confession juive qui redécouvre une marocanité qu’elle a toujours portée en elle, en est l’exemple le plus criant. Une manière de démontrer que ce pays  est porté par des hommes et des femmes, dans leurs différences culturelles et religieuses qui font le socle de la richesse civilisationnelle qui fait la particularité du Maroc. «Un hommage à ce Maroc multiple, parfois étrange et toujours singulier», conclut le directeur de l’ouvrage.

     Des auteurs de renom

    Outre Abdelmalek Alaoui, président de l’IMIS, «Un Chemin marocain» compte la contribution de nombreux auteurs, à savoir Ahmed Azirar, Nabil Bayahya, Mohamed Benabid, Ouafae Ben Abdenbi, Abdelhamid Benkhattab, Nabil Boubrahimi, Hamid Bouchikhi, Thibault Chanteperdrix, Aziz Chaker, Mouna Cherkaoui,  Safae Derj, Hafsa El Bekri, Souad Elmallem, Hakima Fassi Fihri, Jean-Michel Huet et Naïma Senhadji. 

     


    Une démarche rétrospective et prospective

     

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    Rédacteur en chef de L’Economiste, Mohamed Benabid est docteur en sciences de gestion et docteur en sciences de l’information et de la communication. Il s’intéresse aux questions de veille et d’intelligence économique depuis une vingtaine d’années et a fait partie du noyau dur ayant créé en 2006 l’AMIE (Association marocaine d’intelligence économique), qui vient de se transformer en IMIS (Institut marocain d’intelligence stratégique) (Ph. DR)​​​

    - L’Economiste: Vous êtes l’un des contributeurs du livre «Un Chemin marocain». Quel est d’après vous le point fort de cet ouvrage?
    - Mohamed Benabid: Le premier est d’avoir réussi à proposer un rendu équilibré sans tomber dans le piège d’un réquisitoire contre des choix de modèle de développement, dont il faut appréhender la portée dans un cycle long,  ni dans celui d’un traitement hagiographique. Tout en ayant un regard critique, nous sommes nombreux à penser que l’expérience marocaine a été novatrice à plusieurs égards au cours de ces 20 dernières années et que, partant, il fallait capitaliser sur ce qui a été réussi, mais aussi soigner les zones de vulnérabilité.  Le deuxième est d’adopter à la fois une démarche rétrospective et prospective. C’est un positionnement délibéré que nous avons assumé dans le cadre de notre think tank, l’IMIS, y compris sous ses habits originels d’ex-AMIE (Association marocaine d’intelligence économique). Mais c’est aussi une posture que nous pouvons revendiquer en tant que citoyens engagés qui ne peuvent rester en retrait des grands enjeux du pays.

    - Le livre propose des analyses sur plusieurs questions concernant le Maroc d’aujourd’hui. Quel a été le cahier des charges du comité éditorial?
    - La direction d’Abdelmalek Alaoui, qui a tenu l’ensemble de l’ouvrage avec brio,  et la coordination vigilante de Najib Benamour n’ont à aucun moment interféré dans les angles de traitement. Les contributeurs ont ainsi pu négocier leur sujet en toute indépendance. Ce qui rehausse la diversité et richesse des approches. Le souci de rigueur éditoriale est d’ailleurs prégnant dans la plupart des chapitres. Là aussi, il n’y a pas eu de consignes de scientification abusive. Les précautions méthodologiques tiennent surtout aux profils des différents contributeurs, experts et chercheurs reconnus dans leur majorité. Finalement, «Un Chemin marocain» peut laisser transparaître une physionomie familière à un positionnement académique, mais sans théorisation à outrance. Ce qui le rend accessible à tout public. 

    - Vous avez analysé sous un angle économique et sociétal les transformations du secteur des médias. Quel en est votre diagnostic? 
    - Les médias sont une industrie à part entière où les entreprises sont interpellées comme toutes les autres par des contraintes de taille, de compétitivité, de mise à niveau, de rentabilité, de délais de paiement... mais elles ne sont pas que cela. La nature du produit proposé, le bien informationnel, qui, je le rappelle, est un bien public, justifie un peu partout dans le monde l’interventionnisme de l’Etat. Ce statut renforce également son caractère stratégique dans un rôle qui n’est plus à démontrer – lorsque l’indépendance des médias est assurée – de consolidation du processus démocratique, de cohésion sociale, voire contribue à façonner les valeurs d’une société.  Dès lors, en analysant les transformations de ce secteur dans un «Chemin marocain», en pointant ses fragilités, nous expliquons pourquoi nous sommes tous en quelque sorte dépendants du destin de l’industrie des médias et pourquoi la nécessité d’une transition réussie nous concerne tous.
     

     

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