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    Economie

    Les PME coincées dans le couloir de la mort

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5543 Le 26/06/2019 | Partager
    Aucun antidote efficace contre le poison des impayés
    Celles qui résistent ont développé des systèmes «D»
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    Aujourd’hui, l’une des principales revendications des PME porte sur les délais de paiement surtout dans le secteur privé. La situation se dégrade chaque année et constitue un accélérateur de défaillances 
     

    Le dépôt de bilan est souvent vécu comme une honte, une infamie par un chef d’entreprise. Dans la plupart des cas, ce sont les clients de l’entreprise qui la précipitent dans le gouffre en réglant très en retard leurs factures. Il n’y a pas une conférence sur les PME sans que le sujet ne monopolise les échanges. C’était encore le cas, lundi 24 juin, lors de la publication par Inforisk et notre confrère Economie Entreprise du classement 2019 des 1.000 PME marocaines.
    Au-delà de l’atonie de la conjoncture et de la baisse des carnets de commande, c’est l’épidémie qui frappe de plein fouet les PME ces dernières années. Malgré les lois et les réglementations, aucune solution efficace n’a été trouvée jusque-là pour endiguer ce fléau. L’Etat et ses démembrements veulent donner l’exemple en revenant à des pratiques plus saines en matière de paiement (voir aussi article ci-contre). Sauf que tout le monde n’est pas au diapason. D’où le rappel à l’ordre du ministre des Finances lors de la deuxième réunion de l’Observatoire des délais de paiement. Même si les délais de paiement du secteur public sont sur une trajectoire baissière, le ressenti des chefs d’entreprise est bien différent puisqu’il y a encore des acteurs publics qui tardent à honorer leurs engagements. Cela dit, la situation est pire dans le privé. Les délais continuent sans cesse de se dégrader au point où le crédit interentreprises culmine à l’équivalent de 40% du PIB. Régler son fournisseur à temps est l’exception. Cette situation est quelque part à mettre au passif de la CGEM et des organisations patronales qui se mobilisent mollement sur les pratiques de règlement dans le secteur privé. «Il est difficile que le marché s’autorégule sur ce problème. A un moment, il faut des sanctions lourdes pour dissuader les mauvais payeurs», conseille Khalid Ayouch, directeur général Inforisk Dun & Bradstreet et président de la Commission Intelligence économique à la CGEM. Ce qui est incompréhensible, c’est que ces mêmes entreprises qui font traîner le paiement des fournisseurs marocains n’ont pas la même attitude avec leurs prestataires étrangers. «A un moment, il faut du patriotisme économique», estime Soumia Alami Ouali, DGA Banque de la PME à la BP. Pour tenter de contenir la métastase, plusieurs pistes sont à l’étude aujourd’hui. La plus dissuasive pourrait être la possibilité de sortir les factures impayées de la base imposable du fournisseur, et chez le client mauvais payeur, ne plus accepter l’imputation dans les charges d’exploitation, les montants des factures non réglées.
    Sur les autres freins au développement des PME, notamment l’accès au financement, il y a des avancées. Faiblement structurées pour recourir au financement sur les marchés, les PME n’ont pas d’autres recours que la banque. Si la conjoncture pousse les banques à améliorer leur compréhension de cette clientèle pour développer leur fonds de commerce, les obstructions à l’accroissement de l’offre à l’endroit de cette clientèle sont non seulement liées aux problèmes de fonds propres et de garanties que peuvent apporter les PME, mais aussi à la faible efficacité de la justice commerciale. 
    Le règlement d’un litige devant le tribunal de commerce dure plusieurs années, ce qui décourage les banquiers. Par contre, elles se sont engagées à communiquer leur rating des sociétés pour que celles qui sont mal notées puissent améliorer la qualité de leur dossier. Le dispositif n’est pas encore au point puisque les systèmes de notation varient d’un établissement à un autre et que le comportement des entreprises peut différer d’une banque à une autre. «Il y a eu beaucoup de discussions au sein du GPBM sur la question», admet Alami Ouali. Les banques ont convenu de communiquer aux clients les raisons pour lesquelles ils ont des difficultés à accéder au crédit. Cependant, ce n’est pas encore effectif dans toutes les banques. «Nous réfléchissons au niveau de la CGEM sur la possibilité d’unifier les notations bancaires des sociétés», indique Zakaria Fahim, président de la Commission TPE-PME à la CGEM. 

    Inforisk Essor 1000: 67 milliards de DH de chiffre d’affaires 

    Les 1.000 PME analysées par Inforisk ont réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 5% à 67 milliards de DH pour un résultat net de 2 milliards de DH en 2017. Cela correspond à une marge nette de 3,1%. Les exportateurs dans cette population d’entreprises représentent 30%. Ceux-ci tirent en moyenne 13% de leurs revenus des ventes à l’étranger, indique Amine Diouri, directeur Etudes à Inforisk Dun & Bradstreet. Plus de la moitié des entreprises de l’échantillon sont situées à Casablanca. Sur les délais de paiement, leurs comportements sont à l’image du marché. Les délais clients moyens se situent à 113 jours contre 125 jours pour les délais fournisseurs.

     

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