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    Culture

    Musiques sacrées: Fès vous dit «à l’année prochaine»

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5541 Le 24/06/2019 | Partager
    Une clôture en apothéose avec le Kingdom Choir et Tomatito
    Youssou N’Dour appelle à la préservation de l’événement
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    Pour José Fernández Torres (à droite), alias Tomatito, «Fès est la sœur de Grenade». Ce disciple de Paco de Lucia est une véritable icône du flamenco. Il s’est produit, samedi dernier, au FFMSM, en compagnie du guitariste de renom José Mercé

     

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     Le Festival de Fès a apporté sa contribution au fil du temps au dialogue des cultures et des religions, à mieux faire connaître les valeurs de notre pays marqué par l’ouverture sur l’autre, la richesse de son patrimoine matériel et immatériel… C’est la conviction de la star sénégalaise Youssou N’Dour qui a appelé à la préservation de l’événement

    «Au revoir. A l’année prochaine!». Le Festival de Fès des musiques sacrées du monde (FFMSM) baisse son rideau. Une fois de plus, l’événement phare de la capitale spirituelle a connu un franc succès. En témoignent les performances créatives réalisées, lors de cette 25e édition, grâce à la rencontre de chants et sonorités d’horizons divers.
    En effet, c’est à tavers cet échange interculturel que le FFMSM continue à séduire, un quart de siècle après sa création. Il est à ce titre le premier festival du Maroc moderne qui rend hommage à la richesse du patrimoine matériel et immatériel. Ce n’est pas d’ailleurs fortuit si l’Unesco a consacré en 2018 un partenariat officiel avec la Fondation Esprit de Fès, initiatrice du festival. L’ONU a également désigné le festival de Fès et son forum comme figurant parmi les événements contribuant d’une manière significative au dialogue des civilisations. Pour toutes ces raisons, l’appel de Youssou N’Dour a sonné, jeudi dernier, comme une résonance. «Alors que plusieurs festivals disparaissent, il faut préserver celui de Fès qui est d’une grande symbolique», a noté la star sénégalaise du succès planétaire «7 Seconds». Youssou N’Dour qui signait, ce 20 juin, sa 4e participation au festival de Fès, a enflammé la scène de Bab El Makina, invitant officiels et simples festivaliers à danser sur ses mélodies très rythmées. «C’est toujours un plaisir de venir se ressourcer à Fès, capitale spirituelle du Royaume, berceau de la civilisation, et ville de Sidi Ahmed Tijani», exprime l’ancien ministre sénégalais de la Culture et du Tourisme notant qu’il s’agit «d’un passage obligé pour chaque nouvel album… pour le bénir». Le dernier en date s’intitule «History». Il est garni de notes de saxophone, d’échappées électro, de percussions dansantes et une mélodie sensuelle donnant chair et vie à une musique très appréciée à Fès, comme ailleurs. L’étoile de Dakar y raconte des histoires sur les immigrés africains en Europe, rend hommage à l’artiste nigérian décédé Babatunde Olatunji, mais aussi à Nelson Mandela et à l’Afrique («We Africa»). A cet égard, N’Dour, qui est également conseiller du président Macky Sall, a confié à L’Economiste que «le retour du Maroc dans sa famille africaine émane de la décision d’un grand visionnaire, en l’occurrence SM le Roi Mohammed VI». Lors de son spectacle à Bab El Makina, l’artiste a présenté quelques morceaux de son nouvel album «History» marquant ainsi le début «d’une tournée mondiale qui durera plusieurs années». 

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    Fès et Alep étaient à l’honneur lors du spectacle du 21 juin, réunissant l’orchestre arabo-andalou de Fès, sous la direction de Mohamed Briouel, et l’orchestre syrien de Paris, conduit par le premier violon, Khalil Jerro. Les deux troupes ont livré une création inédite

    Autre spectacle, autre public. Vendredi, la somptueuse scène du FFMSM accueillait «l’art du muwashah d’Alep». Deux traditions musicales séculaires étaient au rendez-vous: la waslâ alépine et la noubah andalouse. Fès et Alep, deux villes millénaires, sont mises à l’honneur le temps d’un spectacle réunissant l’orchestre arabo-andalou de Fès, sous la direction de Mohamed Briouel, et l’orchestre syrien de Paris, conduit par le premier violon, Khalil Jerro. Le premier était accompagné de Zaïnab Afilal, Driss Berrada, Abdelghafour Souiri, El Alami et bien d’autres. Le second a ramené le maître du tarab, Omar Sarmini, pour interpréter les hudûd halabîya, chants populaires très enlevés par Sabah Fakhrî, lui-même originaire d’Alep. Au final, les deux troupes (andalouse et alépine) ont initié une création inédite.

    Franc succès pour la clôture

    Carton plein, samedi 22 juin, pour le spectacle de clôture. L’on a noté la présence notamment de Othmane Benjelloun, patron de BMCE Bank Of Africa, et son épouse Leila Meziane Benjelloun, François-Xavier Tilliette, consul général de France à Fès, Abderrafih Zouitene, président du festival, outre le wali et les gouverneurs de la région. En première partie, le gotha a découvert le gospel du «Kingdom Choir», venu de la Grande-Bretagne. Pour rappel, cette troupe s’est distinguée au mariage du Prince Henry, duc de Sussex, dit «Harry» et de Meghan Markle, le 19 mai 2018 à la chapelle Saint-Georges de Windsor. A Fès, les grandes chorales de gospel, exprimant l’idée de liberté, ont sublimé le public (plus de 6.000 festivaliers) de la place de Bab El Makina. Public qui a aussi goûté à la musique de José Mercé et Tomatito d’Espagne. Programmés pour la seconde partie du spectacle, ces deux ténors du flamenco nous ont transportés au milieu des grandes dynasties gitanes. «Je suis merveilleusement accueilli, pour la 2e fois à Fès, une ville qui me rappelle l’Andalousie et Grenade», confie Tomatito. Sa prestation fut un autre grand moment de ce 25e festival qui a savamment célébré «Fès, à la confluence des cultures».

     

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