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    International

    Algérie: L’offensive judiciaire s’accélère

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5535 Le 14/06/2019 | Partager
    12 hauts fonctionnaires de l’Etat et hommes d’affaires influents dans le collimateur
    La vague ne semble pas apaiser l’ardeur de la rue
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    Le marché du BTP représente la pierre d’achoppement pour l’essentiel des dossiers traduits devant la justice (Ph. AFP)

    Pas de répit pour l’offensive judiciaire engagée contre de hauts responsables et hommes d’affaires influents en Algérie. La Cour suprême a entendu jeudi dernier l’ancien Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal (2012-2017).  Il figure parmi les 12 anciens ministres et préfets dont le Parquet d'Alger a annoncé avoir transmis les dossiers fin mai à la Cour suprême. Ceci, dans le cadre des enquêtes sur des faits présumés de corruption  visant Ali Haddad, ancien patron des patrons et PDG du n°1 privé du secteur du BTP.

    La veille, L'ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a été placé en détention provisoire à l'issue de son audition par un juge d'instruction tandis que Abdelghani Zaalane, ex-ministre des Travaux publics, auditionné également mercredi, n’a pas été incarcéré mais relâché sous contrôle judiciaire.

    Selon le Code de procédure pénale algérien, les dossiers de ministres, walis (préfets) et de certains hauts magistrats susceptibles d'être inculpés d'un crime ou d'un délit commis dans l'exercice de leurs fonctions, doivent être transmis à la Cour suprême, qui seule peut instruire leur dossier.

    Depuis la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika face à un mouvement de contestation inédit, la justice algérienne a lancé plusieurs enquêtes et placé en détention provisoire de puissants hommes d'affaires. La plupart soupçonnés «d'avoir profité de leurs liens avec le chef de l'Etat déchu ou son entourage pour obtenir des avantages ou des marchés publics».

    Le pays est secoué depuis le 22 février par des manifestations massives déclenchées par la candidature à un nouveau mandat d'Abdelaziz Bouteflika. Mais le mouvement a pris une autre tournure. Désormais, les manifestants réclament la fin du régime en place et la mise en place d’institutions réellement démocratiques.

    La vague des mises en examen et d’arrestations avait démarré début avril, dans une tentative de calmer la rue, selon de nombreux observateurs locaux.  La purge avait ciblé au départ des hommes d’affaires proches de l’ex-président et de son entourage. Le 3 avril, l'ex-patron des patrons algériens, Ali Haddad, richissime homme d'affaires, est écroué, après son arrestation à un poste-frontière avec la Tunisie.

    Ensuite, c’était le tour du patron du n°1 privé du BTP en Algérie, Ali  Haddad. Ce dernier avait démissionné fin mars de la présidence du Forum des chefs d'entreprise (FCE), principale organisation patronale, où son autorité était remise en cause depuis le début de la contestation. Il a été arrêté après la découverte de devises non déclarées et de deux passeports. Il est également visé par une enquête pour corruption.

    Dans ce sillage, d’autres hommes d’affaires ayant des liens avec Bouteflika ont été placés en détention provisoire pour trafic d’influence, non respect des engagements pris dans le cadre de marchés publics ou encore le bénéfice indu de gros contrats.

    Début mai dernier, Saïd Bouteflika, frère et puissant conseiller de l'ex-président ainsi que deux ex-chefs des services de renseignements (les généraux Mohamed Mediene dit Toufik et Athmane Tartag alias Bachir) sont incarcérés. Ils sont poursuivis pour «atteinte à l'autorité de l'armée» et «complot contre l'autorité de l'Etat». C’est dire que la purge ne fait que commencer. Histoire d’assainir les dossiers où l’empreinte de l’armée pourrait être soupçonnée.

    A.G.

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