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    Facultés de médecine: «Les islamistes ne l’emporteront pas»

    Par Nadia DREF | Edition N°:5535 Le 14/06/2019 | Partager
    Al Adl wal Ihssan formellement mis en cause
    Le gouvernement assurera l’égalité des chances, s’engage El Khalfi

    Mais jusqu’où ira le bras de fer opposant les étudiants en médecine et le gouvernement? Un mouvement qui prend des tournures dangereuses et qui est, on le sait désormais, piloté par les islamistes qui noyautent les campus universitaires. A l’issue du conseil du gouvernement, Mustapha El Khalfi, porte-parole a déclaré à la presse qu’«il n’y aura pas d’année blanche». Il a accusé ouvertement les islamistes d’Al Adl Wal lhssan «de créer la zizanie» en encadrant la grève.

    El Khalfi a prévenu les grévistes que le gouvernement prendra ses responsabilités. Il a surtout insisté sur «le respect de l’égalité des chances entre les étudiants marocains en médecine et a rappelé que «le gouvernement a répondu à toutes les revendications légitimes des étudiants».  

    Sous pression, Saaïd Amzazi, ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur a annoncé la couleur: Si les étudiants persistent dans leur grève, ça sera le redoublement. Et que fera-t-on des nouveaux entrants? Les sessions des examens du deuxième semestre se poursuivent jusqu’au 25 juin. Seuls les étudiants militaires, essentiellement à Rabat (452) et Marrakech, les étudiants étrangers et quelques redoublants se présentent en amphithéâtre. Pour pousser les étudiants à adhérer à ce mouvement, les boycotteurs n’hésitent pas à les intimider et à les menacer.

    Le département de tutelle a également suspendu trois professeurs pour faute professionnelle qui devront passer devant le conseil de discipline. Ces enseignants sont membres du Syndicat national des enseignants du supérieur (SneSup) ainsi que du mouvement Al Adl Wal lhssan. Ils sont accusés d’avoir soutenu et encadré les étudiants dans le boycott et d’avoir poussé d’autres collègues à ne pas assurer l’encadrement des examens.

    Les étudiants de la faculté de médecine de l’Université Mohammed VI des sciences de la santé de Casablanca (UM6SS) veulent défendre leurs droits. Ils espèrent rencontrer le ministre pour présenter leurs propositions de sortie de crise. «Nous avons déposé une demande, il y a une semaine qui reste sans réponse alors que les étudiants grévistes ont été reçus plusieurs fois», s’étonne Ali Taleb, président du bureau des étudiants de l’Université Mohammed VI des sciences de la santé.

    Les étudiants de l’Université Mohammed VI revendiquent le principe d’égalité des chances car ils sont formés par les mêmes profs et poursuivent le même cursus. Ils tiennent à leur droit d’accéder aux concours de résidanat et de l’internat, selon le principe de méritocratie. Le concours national de résidanat restera ouvert à tous, s’est engagé Amzazi.

    Le nombre de places a atteint 1.400 contre 500 auparavant. Vu que la première promotion de diplômés du privé ne pourra passer le concours national que d’ici deux ans, ce sont les étudiants du public recalés au concours national qui profitent actuellement des concours lancés par l’hôpital Cheikh Khalifa. Près de 60 étudiants issus du public en bénéficient.

    «C’est un exemple de passerelles qui existent déjà et qui pourront être développées davantage dans les deux sens dans un cadre de complémentarité», précise un membre de l’association des parents de l’UM6SS. Reste que l’accès à l’internat, passage obligé pour la filière enseignement, n’est pas ouvert aux étudiants des facultés de médecine de «Cheikh Khalifa», pour le moment. Une concession étonnante du gouvernement aux étudiants en grève. Une grande aberration! «Nous demandons la suppression du système d’internat et son remplacement par un concours commun», souligne Ali Taleb.

                                                                              

    Une université partenaire de l’Etat

    L’ouverture de nouvelles universités de médecine privées ou semi-publiques vise à alléger la pression sur les facultés publiques vu la pression de la demande. L’accès aux études au sein de ces établissements est conditionné par des critères de sélection assez serrés.

    A titre d’exemple, la moyenne générale retenue par l’UM6SS l’année dernière a été de 15,5/20. Il ne suffit pas d’obtenir une mention au baccalauréat, il faut obligatoirement réussir le concours d’accès. Ces critères s’appliquent aux facultés relevant des fondations dont les études sont également sanctionnées par un diplôme reconnu par l’Etat. Ces établissements hybrides ont un statut semi-public, semi-privé.

    «L’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé n’est pas une université privée mais, conformément à la Loi, une université créée par la Fondation Cheikh Khalifa qui est une institution d’utilité publique à but lucratif. Ce statut spécifique doit être reconnu en tant que tel en vue de sauvegarder les droits légitimes des étudiants qui ne sauraient être ni amputés ni réduits en faveur d’autres étudiants», précise une lettre ouverte publiée par les parents d’élèves de l’UM6SS.

    La Fondation Cheikh Khalifa Ibn Zaid a été créée par dahir n°1-07-103 du 24 juillet 2007 portant promulgation de la loi n°12-07 et publiée au bulletin officiel n°5548 du 2 Août 2007. Conformément à ce dahir, l’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé jouit du statut d’université partenaire de l’Etat. Si elle était un établissement privé, il n’y avait pas nécessité de passer par la loi

    . L’UM6SS délivre des diplômes nationaux reconnus par l’Etat et bénéficie notamment du système d’encadrement et de formation de l’écosystème hospitalier national. Elle accueille plusieurs étudiants de pays africains. Elles accordent des bourses d’études aux bacheliers les plus méritants et nécessiteux pour assurer une bonne mixité sociale. A cet effet, il est prévu un quota de 20% qui peut atteindre jusqu’à 30%.

    Nadia DREF

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