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Culture

Mohamed Saïd Chair: «Je trouvais ma peinture trop classique»

Par Joséphine ADAM | Edition N°:5533 Le 12/06/2019 | Partager
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La révélation est arrivée en voyant des enfants jouer avec une boite en carton sur la tête... (Source: Montresso)

Troisième résidence déjà pour Mohamed Saïd Chair, qui atterrit à Jardin Rouge en septembre 2018. L’artiste est productif. Surtout depuis qu’il a trouvé son créneau baptisé «into the box», qui sait si bien sonder la nature humaine.

- L’Economiste: Comment tout a commencé?
- Mohamed Saïd Chair:
C’est ma mère, architecte de métier, qui est à l’origine de mon parcours. Elle travaillait à la maison et je lui empruntais ses outils, crayons, peinture. Elle m’a initié au dessin et à la perspective dès l’âge de 7 ans. Depuis, l’envie de dessiner ne m’a plus quitté. J’aimais reproduire les personnages fantastiques des bandes dessinées, ce qui m’a appris l’anatomie sans même m’en apercevoir. J’ai pu aiguiser mon oeil, sous celui de ma mère, en parfait autodidacte.

- Pourtant vous vous lancez dans des études d’économie…
- J’ai décroché mon bac à 16 ans, et à cet âge, il est difficile d’oser se lancer dans une carrière d’artiste… Après mes études dans le tourisme et la finance, j’ai travaillé quelques années au sein d’une banque à Tanger, avant de lancer mon entreprise de distribution alimentaire. Parallèlement, je continuais à peindre et à participer à quelques petites expositions. Mais je trouvais ma peinture trop classique, je me cherchais… La révélation est arrivée en 2015 lors d’une résidence au centre d'art indépendant tangérois, Border Independent Art Factory. J’ai vu des enfants jouer avec une boite en carton sur la tête. Cette scène m’a tellement marqué que ça a opéré un changement de cap dans mon travail vers le contemporain.

- C’est là que vous devenez pleinement artiste?
- En tout cas, je me suis découvert autrement. J’ai vu une nouvelle facette de ma personnalité et j’ai su que je pouvais moi aussi porter un regard sur la société à travers la peinture. J’ai immédiatement compris, début 2016 avec mes premières toiles de cette série «into the box», que c’était la ligne que je devais suivre dans mon travail. Alors la première personne à qui j’ai écrit et qui m’a permis d’exposer pour la première fois aux côtés de grands noms marocains, c’est Hicham Daoudi, à la tête de la Compagnie marocaine des oeuvres et objets d'art et de la CM galerie à Marrakech. La visibilité a été telle que tout s’est enchaîné à Londres, à Paris, jusqu’à Jardin Rouge aujourd’hui.

Propos recueillis par J.A.

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