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    Politique

    A deux ans des législatives: Le who’s who de l’échiquier politique

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5530 Le 04/06/2019 | Partager
    PJD, RNI et Istiqlal, le trio favori
    Le parti de la colombe en pleine introspection
    Risque de scission au PAM
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    2021 sera une année électorale par excellence. Le calendrier prévoit des élections législatives, communales et régionales. En attendant, la compétition entre les prétendants pour le haut du podium sera rude (Ph. Bziouat)

    A un an de l’entrée dans le périmètre préélectoral, l’échiquier politique semble dérouté. 2019 restera la seule année où les élections n’imposeront pas leur rythme. Car, dès 2020, c’est l’entrée dans le couloir consacré à la préparation des lois électorales. Ce qui suppose des réunions marathons des responsables politiques avec le ministère de l’Intérieur. Il s’agira de revoir en profondeur tout l’arsenal juridique, avec la refonte d’une multitude de textes, avant de les introduire dans le processus d’adoption. Car 2021 sera une année électorale par excellence. En effet, plusieurs scrutins sont programmés au cours de cette période. Le calendrier prévoit des élections législatives, communales et régionales. A cela s’ajoutent le vote au niveau des Chambres professionnelles (commerce et industrie, pêches maritimes, artisanat,…), le renouvellement du tiers des sièges à la Chambre des conseillers, l’élection des représentants des salariés des secteurs privé et public...

    En attendant, la compétition entre les prétendants pour le haut du podium sera rude. Dans cette course, sur les huit partis les plus représentés au Parlement, trois jouent en première division. Il s’agit du PJD, du RNI et de l’Istiqlal. Le PAM est, pour l’heure, disqualifié de l’échappée en tête en raison de ses profondes dissensions internes. Le MP n’est pas au top de sa forme. Chaque acteur politique a ses particularités.
    Revue des troupes:

    ■ Le PJD dans une «dynamique négative»
    Si en 2016, pour sa campagne électorale, le PJD n’avait pas présenté le bilan de son gouvernement pour se contenter de jouer sur le concept d’«Attahakoum», utilisé par Abdelilah Benkirane, cette fois-ci, il en va autrement. Le parti bouclera 10 ans de pouvoir. Et à ce titre, il ne peut plus se soustraire à l’obligation de rendre des comptes. Même si, concrètement, il n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Pour l’instant, El Othmani insiste sur l’importance de distinguer son mandat de celui de son prédécesseur.
    En interne, le parti est fragilisé et le secrétaire général donne l’impression de ne pas maîtriser totalement l’appareil. Les sorties de Benkirane ont été des preuves supplémentaires de l’affaiblissement du patron du PJD. L’exemple le plus frappant a été le projet de loi-cadre relatif à l’enseignement, toujours bloqué au niveau de la Commission à la Chambre des représentants. Les députés de ce parti ont refusé de voter le texte, présenté par le chef du gouvernement et adopté par le Conseil des ministres présidé par le Roi. Pis, une session extraordinaire du Parlement a été convoquée pour approuver ce projet. Finalement, ce point de l’ordre du jour n’a même pas été abordé en raison du niet des députés du PJD.
    Sur le plan de l’éthique et de la moralisation de la vie publique, les affaires commencent à remonter à la surface. Celle qui a le plus touché l’opinion publique a concerné la retraite de Abdelilah Benkirane. Pourtant, légalement, en tant qu’ancien chef de gouvernement, il a droit à un revenu mensuel garanti par l’Etat de 48.000 DH et à vie. D’autres affaires relatives à la gestion communale et à l’octroi de marchés dans plusieurs conseils de la ville que le parti contrôle arrivent. Pour l’heure actuelle, elles sont au stade de l’inspection du ministère de l’Intérieur. Autre dossier qui ne manquera pas de faire mal: alors qu’officiellement, le PJD défend l’égalité des chances et la transparence, dans les coulisses, il fait le contraire et cela depuis 8 ans. En effet, c’est le parti qui a le plus profité du système des nominations aux emplois supérieurs en utilisant l’appartenance politique. Cette situation est amplifiée par les divisions internes liées à certaines affaires comme celle de Amina Maelainine.

    ■ Le RNI en pleine introspection
    Sur les tournées dans les régions, avec le déplacement des ministres le week-end pour rencontrer les citoyens, le président du RNI semble lever le pied. Ce recul de la scène est-il la conséquence d’un choix tactique ou le signe d’un essoufflement après une échappée en solo longtemps à l’avance? Difficile à dire. En tout cas, sur le plan politique, Aziz Akhannouch est à la manœuvre, mais parfois cela provoque des dégâts collatéraux. L’épisode de l’amendement relatif à l’introduction de la langue amazighe sur les billets de banque et les pièces de monnaie illustre la propension aux décisions unilatérales.
    Dans la Chambre des conseillers, le RNI a voté contre cet amendement du PAM au niveau de la Commission des finances et en plénière. Même ligne de conduite lors de la deuxième lecture au niveau de la Commission des finances où l’amendement du projet de loi relatif au statut de Bank Al-Maghrib a été annulé par les députés. Mais sur instruction de Aziz Akhannouch, le groupe parlementaire de son parti a sorti un communiqué pour demander le retrait du projet de la plénière et son retour devant la Commission des finances pour voter cette fois-ci en faveur de l’amendement. Cette volte-face s’explique par des calculs électoralistes. Dans ce dossier, le RNI table sur un potentiel de 100.000 électeurs. Le jour du scrutin, combien lui suivront-ils?
    En tout cas, le président n’est pas très visible. Même pour parler aux Marocains, il a choisi de passer par un média étranger. Qu’importe, dans ses meetings, Aziz Akhannouch ne dissimule pas son objectif d’arriver en première position lors des élections législatives de 2021 et décrocher ainsi la primature. Pour y arriver, il a mis les moyens: réorganisation du parti, changement des coordinateurs régionaux, mise en place des organisations parallèles, structuration de la région 13,… Toutefois, cette volonté de renouveler et de moderniser le parti commence à provoquer des grincements au niveau du bureau politique. Les notables, barons du parti, ne sont pas contents d’une marginalisation dont ils sont victimes au profit de nouveaux profils. Le parti arrivera-t-il à trouver la bonne alchimie entre ses composantes jeunes et notables avant les échéances électorales? Si la mayonnaise prend, le chemin sera moins caillouteux vers le podium. Dans le cas contraire, les choses pourront se compliquer car, en réalité, ce sont plus ces notables que les jeunes qui remportent des sièges dans leurs fiefs respectifs.

    ■ Le réveil de l’Istiqlal
    Nizar Baraka semble revigoré, particulièrement après le meeting de Laâyoune qui avait réuni plus de 50.000 personnes. Du jamais vu pour les dirigeants politiques. Après le congrès, petit à petit, le parti commence à bouger. L’Istiqlal donne l’impression de se réveiller pour s’inviter  dans la compétition du couple PJD-RNI qui domine la scène politique. Désormais, il faudra compter avec lui. Pour cela, Nizar Baraka alterne entre les visites dans les régions. D’ailleurs, il a été le seul chef de parti à s’aventurer dans les coins reculés de l’Oriental. De ces visites, il est sorti avec un plan d’action, basé sur une proposition pour un plan Marshal pour le développement économique et social de ce corridor frontalier. Le moteur des organisations parallèles a également démarré. Ainsi, l’Alliance des économistes de l’Istiqlal et le bras syndical du parti, l’UGTM, se sont placés en ordre de bataille. La jeunesse istiqlalienne, après des bagarres, a repris les préparatifs pour l’organisation de son congrès prévu en octobre prochain. Face au gouvernement, l’Istiqlal se présente comme le seul parti actif de l’opposition, le PAM étant inaudible. Ses parlementaires font des propositions concrètes comme notamment une loi de finances rectificative l’année dernière. Dans cette position, ils ont le beau rôle: la critique du gouvernement. En fait, l’Istiqlal veut paraître comme l’alternative à la majorité actuelle, en faisant valoir son «bilan positif» lorsqu’il dirigeait l’exécutif. Cette nouvelle posture pourrait être consolidée grâce à l’attrait du parti notamment après l’adhésion de technocrates comme Driss Benhima, dont l’impact pourrait être considérable vis-à-vis de certains profils qui pourraient garnir les rangs de l’Istiqlal.

    ■ Le PAM disqualifié
    Le parti est au bord de l’implosion. Le secrétaire général n’est pas arrivé à réconcilier les deux courants qui s’étripent en public. C’est l’élection de la présidence de la commission préparatoire du 4e congrès qui a fait déborder le vase. Les différentes accusations qu’ils se renvoient montrent l’ampleur de la crise qui ronge cette jeune formation qui finira dans les tribunaux. Plusieurs observateurs prédisent une scission, à moins d’un miracle. Aujourd’hui, le bureau politique est divisé. Le raisonnement par pétition et par complot pour disqualifier l’adversaire est le plus dominant. Hakim Benchamach est accusé de rouler pour le RNI. Ses adversaires sont à la manœuvre pour le dégager du secrétariat général du parti, via une motion d’une session extraordinaire du conseil national. Il faudra attendre la tenue du prochain congrès national du PAM, prévu dans quelques mois, pour avoir plus de visibilité.

    ■ Le MP en hibernation
    L’électrocardiogramme du Mouvement populaire (MP) est plat. Et ce, depuis la réélection de Mohand Laenser il y a quelques mois à la tête de ce parti qu’il dirige depuis sa création en 1986. Ce qui a donné un coup de blues au secrétaire général, c’est de ne pas avoir été reçu par le Roi pour les félicitations d’usage. Pourtant, avant la tenue du congrès, un changement soufflait sur cette formation, avec l’arrivée de Mohamed Hassad. L’ancien ministre de l’Intérieur visait le secrétariat général du MP. Ce scénario avait contrarié les calculs de Mohand Laenser et ses proches qui projetaient de confier les clés du parti à Mohamed Ouzzine, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports et actuel vice-président de la Chambre des représentants. Habituellement, le parti organise des évènements durant le mois de Ramadan. Cette fois-ci, ce n’est pas le cas.

    ■ L’USFP veut se réconcilier avec les siens
    Depuis quelque temps, ce parti n’organise plus les rencontres de ses instances. Le bureau politique ne s’est pas réuni depuis plus de deux mois. Quand cela arrivait, la présence des membres n’a pas toujours été au top. Même si l’USFP est née d’une scission de l’UNFP en 1974, Driss Lachgar veut célébrer les 60 ans de sa formation. Cette initiative est placée sous le thème de la réconciliation avec l’ensemble des ittihadis qui ont quitté le navire depuis son arrivée à la tête du parti. La semaine dernière, le premier secrétaire de l’USFP a fait un déplacement à Fkih Bensalah pour redynamiser la vie du parti. En principe, d’autres rencontres suivront. Driss Lachgar a profité de ce retour sur scène pour épingler Benkirane qui s’était opposé à l’entrée de l’USFP au gouvernement et juré que cela n’arrivera pas. Finalement, avec son successeur El Othmani, le parti a obtenu trois portefeuilles. Le groupe parlementaire du PJD a même voté en faveur du renouvellement du mandat de Habib El Malki, président du conseil national de l’USFP, à la tête de la Chambre des représentants.

    ■ L’UC dans une salle d’attente
    Après son rapprochement avec le RNI en vue d’une fusion (qui n’est pas encore réalisée), le parti de Mohamed Sajid est dans une salle d’attente. Toutefois, il y a quelques mois, certains membres du bureau politique comme notamment le parlementaire Driss Radi, s’étaient élevés contre la domination du RNI au niveau du groupe parlementaire commun. Les mauvaises langues attribuent ces sorties à la volonté d’occuper des postes de premier plan lors du renouvellement des instances de la Chambre des représentants. D’ailleurs, même du côté du RNI, certaines voix s’étaient élevées pour exprimer leur volonté de rompre les liens avec l’UC. Les patrons des deux formations ont tourné le dos à ces doléances conjoncturelles.

    ■ Le PPS, la cote en baisse
    Le parti de Nabil Benabdallah n’a pas engrangé les plus-values de son rapprochement avec le PJD. Après le départ de Benkirane, sa cote a baissé. Depuis, son secrétaire général accumule les revers. Après son limogeage du ministère de l’Habitat avec son collègue et camarade de la Santé El Houssain Louardi, il est arrivé à rebondir avec sa réélection à la tête du PPS. Mais le renvoi de Charafat Afailal, secrétaire d’Etat du PPS, à la demande du chef du gouvernement a fini par compromettre l’alliance conjoncturelle entre ces deux partis. Aujourd’hui, le PPS est à la tête de deux ministères, l’Habitat et la Santé, où il fait du surplace. Malgré ces déboires, Nabil Benabdallah veut rester dans la course. Les bureaux politiques se tiennent régulièrement, avec des réactions aux évènements qui secouent la société. Et les relations avec le PJD, sous le mandat El Othmani, sont moins solides que sous Benkirane. Pour plusieurs observateurs, la crise est latente. Elle pourrait éclater dans le contexte de la course électorale.

    Le souvenir de 2017 encore vivace...

    Dans un contexte de grande crise de confiance avec les électeurs, les partis sont conscients de la nécessité d’une présence plus forte sur le terrain pour encadrer les citoyens. Surtout que des électeurs expriment une certaine lassitude de constater que des partis continuent de faire perdurer une mauvaise habitude qui consiste à n’ouvrir leurs sièges et louer de nouveaux locaux qu’à la veille des élections. Passé ce rendez-vous, ils baissent les rideaux en attendant d’autres échéances. Cette approche risque d’impacter négativement le niveau du taux de participation qui sera le véritable challenge. Le souvenir de la longue période de blocage pour la formation du gouvernement au début de 2017 est encore vivace.
    De plus, obnubilés par la course aux voix, la plupart des partis soutiennent les coordinations qui se sont formées au cours de ces derniers, mois. L’une sert à défendre les enseignants contractuels avec les Aref, l’autre les médecins, les dentistes,… Les partis sont invités à revoir leurs méthodes de travail pour ne plus se limiter à des calculs de voix mais opter pour des constructions plus solides. Un peu à l’instar de leurs contributions aux Assises nationales de la fiscalité.

    Mohamed CHAOUI

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