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    Analyse

    Scolarité des migrants: Le cas marocain cité par l’Unesco

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5519 Le 20/05/2019 | Partager
    Procédure simplifiée, mais les enfants confrontés au problème de la langue
    L’accès au préscolaire reste difficile
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    En France, les élèves issus de l’immigration sont plus susceptibles de redoubler une classe dans le secondaire. Le rapport de l’Unesco relève aussi que 15% des enfants nés de parents français redoublent au moins une classe du secondaire, contre 32% des enfants d’immigrants originaires de Turquie et 33% des enfants d’immigrants originaires du Mali

    Les efforts du Maroc dans l’intégration des enfants des migrants dans le système éducatif sont reconnus. Le pays est cité dans le Rapport 2019 de l’Unesco sur l’éducation: «Migration, déplacement et éducation: bâtir des ponts, pas des murs».

    Un pas décisif dans cette intégration a été franchi avec  la Constitution de 2011 qui  garantit l’accès à l’école pour tous les enfants. «Nous exigeons une photocopie du passeport pour les enfants syriens et nous simplifions au maximum les formalités», souligne le directeur d’une école contacté par L’Economiste. 

    Des directives ont été données par le ministère de l’Education nationale pour faciliter l’intégration des enfants des immigrants, 6.400 au total dont 400 relèvent de l’éducation non formelle. Dans son rapport,  l’Unesco cite néanmoins l’Académie régionale d’éducation et de formation de Casablanca qui impose comme préalable à toute inscription «un certificat médical, notamment dans le cas des personnes venant de pays touchés par le virus Ebola». Faut-il y voir une forme de ségrégation ou simplement une mesure de précaution au moment où les problèmes d’Ebola avaient ressurgi?  Au ministère de l’Education nationale, des responsables démentent l’existence de toute circulaire.

    Dans les pays de l’OCDE, les nouveaux arrivants sont généralement intégrés aux classes qui correspondent à leur âge et se voient proposer des cours de langue. La durée des cours préparatoires de langue proposés aux migrants récemment arrivés dans l’enseignement primaire et le premier cycle du secondaire varie d’un pays à l’autre: un an en Belgique, en France et en Lituanie, deux ans à Chypre, au Danemark et en Norvège, trois ans en Lettonie et quatre ans en Grèce.

    Dans le cas du Maroc, l’intégration aux classes s’effectue généralement après une évaluation du niveau. Mais les enfants sont confrontés à des problèmes de langue lesquels ne sont pas assurés par les établissements. Les cours de langue sont rarement proposés.

    Des cours de soutien peuvent être assurés mais tout dépend de l’établissement et des enseignants. Le vide est le plus souvent comblé par les initiatives des ONG locales. Des consignes sont également données par le département de tutelle en vue  d’adapter les examens pour les personnes qui avaient pour seconde langue l’anglais ou ceux qui ne connaissent pas l’arabe. 

    Les immigrants de première génération représentent 14% de la population dans les pays à revenu élevé. Le pourcentage cumulé des première et deuxième générations d’enfants issus de l’immigration dans ces pays est passé de 15% au milieu des années 2000 à 18% au milieu des années 2010, soit 36 millions. Le taux pourrait atteindre 22% en 2030.

    Des écarts importants entre le niveau d’études et des résultats scolaires de ces élèves et les non-migrants sont constatés. A Amsterdam par exemple, «les élèves d’origine marocain et turque qui sont immigrants de deuxième génération sont cinq fois plus nombreux que les élèves autochtones à entrer dans des établissements d’enseignement professionnel de premier cycle du secondaire à 12 ans», souligne le rapport.

    Les immigrants sont également confrontés  à des conditions inégales d’accès à l’éducation de la petite enfance et d’intégration du prescolaire. Or, cela revêt une importance fondamentale. L’étude PISA 2012 a relevé que le niveau de lecture des immigrants âgés de 15 ans était en moyenne supérieur de 49 points chez les enfants ayant suivi un enseignement préprimaire.

    A titre d’exemple, dans le Land de la Hesse en Allemagne, 27% des enfants de moins de 3 ans nés de parents issus de l’immigration sont inscrits dans une crèche, contre 44% des autochtones. A Bâle, Suisse, les enfants issus de l’immigration sont ceux qui ont le moins de chances d’accéder aux programmes de protection et d’éducation de la petite enfance à l’extérieur de la famille

    . Dans certains pays, les lois sont restrictives comme c’est le cas au Danemark. Dans ce pays, l’inscription des moins de 3 ans qui ne maîtrisent pas le danois dans un établissement préscolaire est obligatoire. En cas de refus, les parents voient leurs prestations sociales supprimées. Car une maîtrise insuffisante de la langue est pénalisante à l’école. Elle augmente le risque de discrimination, de harcèlement et de mauvaise estime de soi.

    Dans les pays de l’OCDE, environ 60% des élèves immigrés de première génération et 41% des élèves immigrés de deuxième génération ne parlaient pas en famille la langue utilisée lors des évaluations du PISA 2015. Résultats: les écarts entre locuteurs natifs et non natifs sont supérieurs à la moyenne en lecture en Finlande et en Italie ainsi qu’en mathématiques en Allemagne et en Suisse.

    K. M.

     

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