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    International

    France: Un 1er mai confisqué

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5507 Le 02/05/2019 | Partager
    Les centrales syndicales reléguées au second plan
    Mobilisation des Gilets jaunes, des Blacks blocs et d’Urgence climatique
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    Depuis quelques année,s les manifestations du 1er mai prennent des allures de guérilla urbaine au détriment des droits des travailleurs. Les syndicats dénoncent une récupération de la cause par des personnes «qui n'ont rien à voir avec la journée internationale du travail», comme ici les «Blacks blocs» (Ph. AFP)

    Du jaune, du noir, du vert et du rouge!  Un 1er mai  très coloré en France, mais loin d’être festif. Les «Blacks blocs», les «Gilets jaunes» et les membres d’ «Urgence climatique», décidés à en découdre avec la politique macaroniste, ont vite fait de reléguer les revendications des principales centrales syndicales françaises au second plan.

    Le slogan «Paris capitale de l’émeute», lancé par les milieux radicaux (Blacks blocs et Ultra-jaunes) avait suscité de vives inquiétudes et une réaction ferme de la part des autorités. 7.400 policiers et gendarmes ont  été mobilisés sur la capitale,  car Paris cristallise «l’inquiétude la plus forte», selon le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

    Les autorités s’attendent à la sortie de «1.000 à 2.000 activistes radicaux, possiblement renforcés par des individus venus de l’étranger», qui «pourraient tenter de semer le désordre», avait-il déjà prévenu, mardi 30 avril. Dans la matinée du mercredi, la police avait déjà procédé à une cinquantaine d’arrestations, alors que les manifestations étaient programmées en début d’après-midi. 

    L’interpellation de trois Espagnols,  détenant des produits incendiaires (bonbonnes de gaz et bidons d'essence) et des armes blanches (marteaux, tournevis et couteaux, un lance-pierre…), semble confirmer les craintes des autorités. Les commerces, débits de boissons et restaurants présents sur le parcours des principaux cortèges, ont été obligés de fermer, par arrêté de la préfecture.  

    Les commerçants ont été sommés «de mettre en place des moyens de protection de leurs établissements contre les dégradations et pillages». Les terrasses ou  étalages  ont été vidés «de tout mobilier pouvant servir de projectile ou d’arme par destination».

    Deux lieux symboliques sont d’ailleurs particulièrement visés: La Rotonde, restaurant où le candidat d’En Marche avait célébré sa qualification au second tour de l’élection présidentielle en 2017, et la place de la Contrescarpe, où son ex-conseiller Alexandre Benalla avait brutalement interpellé un couple le 1er mai 2018.

    Les syndicats, pour leur part, dénoncent une récupération de la cause par des personnes «qui n'ont rien à voir avec la journée internationale du travail», selon la CGT, la CFDT et Force ouvrière. Les patrons des principales centrales disent craindre que les éventuelles violences promises par des militants radicaux ne brouillent leurs messages syndicaux en cette fête du travail. «Attention de ne pas dénaturer le sens de cette journée», avertit Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, regrettant que les violences en marge des manifestations se répètent depuis 2016.

    À  l’heure où nous mettions sous presse, des heurts avaient déjà éclaté entre manifestants et forces de l'ordre à Paris et dans d’autres villes. Une première charge violente des forces de l'ordre a justement eu lieu contre des manifestants à proximité de La Rotonde.

    Des grenades de désencerclement et lacrymogène ont été lancées. Plusieurs manifestants cagoulés circulaient aux abords du restaurant, alors qu’un autre établissement mythique de la capitale «La Coupole» a été vandalisé avant même le début de la marche, prévue en début d’après-midi.

    A 90 ans, l'ancien président d'honneur du Front national a dénoncé «La mise en état de siège de Paris».  Dans une courte déclaration, Jean-Marie Le Pen est revenu sur «les drames sociaux et politiques graves» à venir à cause «de ces courants migratoires qui modifient progressivement  notre pays», alors que Jean Luc Melenchon, leader de la France Insoumise, a préféré ignorer les risques de violences de militants d'extrême-gauche: «Ce qu'il y a de nouveau cette année, ce n'est pas la violence (...), c'est la jonction entre le mouvement ouvrier, traditionnel, syndical, et le mouvement spontané, insurrectionnel des gilets jaunes. Jusqu'à quel point, dans quelles proportions, comment tout ça se mélange, bien ou mal? C'est ç a la grande question politique dans laquelle est plongé notre pays».

    L’année dernière, plus de 1.200 militants radicaux avaient perturbé la manifestation parisienne de bout en bout par de violents heurts, après avoir annoncé une «journée en enfer». Au total, 109 personnes avaient été placées en garde à vue, une trentaine de commerces dégradés ou incendiés et des véhicules brûlés.

    A.Bo

     

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