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    Economie

    L’automobile, principal moteur de l’emploi industriel

    Par Nadia DREF | Edition N°:5507 Le 02/05/2019 | Partager
    Le seuil des 500.000 emplois visés en 2020 atteint cette année
    48 usines bientôt inaugurées à Tanger et Kénitra
    Les écosystèmes dédiés à l’intelligence artificielle et l’électronique en projet
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    L’automobile est le secteur qui crée le plus d’emplois. Il a cumulé, entre 2014 et 2018, 116.611 nouveaux postes, soit 28,8% du total des créations. Il est suivi du textile (19,6%), de l’offshoring (17%), de l’agroalimentaire (15,6%), de l’industrie métallurgique et mécanique (5%) (Ph. L'Economiste)

    Les métiers mondiaux continuent de booster l’emploi dans l’industrie. De nouveaux écosystèmes et au moins une cinquantaine d’ouvertures et d’extensions d’usines sont annoncés. «Les objectifs de 2020 seront atteints cette année, soit un an avant l’échéance fixée par le Plan d’accélération industrielle», s’engage Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, de l'Investissement, du Commerce et de l’Économie numérique (1).

    L’objectif des 500.000 emplois ciblés entre 2014 et 2020 pourrait être  dépassé, sachant que les réalisations à fin 2018 se sont élevées à 405.496 postes, soit 81%. Ces projections font l’objet de contestations y compris des organismes et des sphères publics. Au cœur de la controverse, la méthodologie de calcul.

    Au moins une cinquantaine d’usines devraient démarrer leurs activités cette année essentiellement dans l’automobile : 26 sites à Tanger et 22 autres à Kénitra. Il s’agit d’équipementiers qui s’installent ou qui augmentent leur capacité de production pour répondre à la demande des groupes Renault et PSA ainsi qu’aux commandes issues d’autres constructeurs (Ford, Wolkswagen…).

    L’aéronautique n’est pas en reste. Plus d’une dizaine d’usines ouvriront bientôt à Midparc, à Nouaceur. Ces nouveaux entrants s’ajoutent aux 140 entreprises déjà opérationnelles qui sont des fournisseurs de Bombardier, Airbus et de Boeing. L’effet lièvre des tout premiers a été maximal.

    Reste que la pérennité du développement passera inévitablement par une forte industrialisation et la transformation des ressources naturelles. Le gouvernement mise également sur l’aménagement de deux nouveaux écosystèmes, à savoir ceux de l’intelligence artificielle et de l’électronique.

    S’y ajoutent les «anciennes» industries qui reprennent du poil de la bête dont l’agroalimentaire et le textile. Une agropole sera créée à Settat et une zone industrielle dédiée au cuir a été lancée à Ahl Laghlam. La revitalisation de trois zones d’activités économiques casablancaises est à l’étude par le Conseil de la région Casablanca-Settat: Sidi Bernoussi (600 ha), Sidi Moumen (126 ha plus 67 ha de la partie Ahl Laghlam) et Beaulieu.

    Aussi, l’arrivée de nouveaux investisseurs et l’émergence de nouveaux métiers créent une demande croissante en ressources spécialisées qualifiées. Elles requièrent une adéquation entre l’offre et la demande sur le marché de l’emploi. «Le secteur industriel en tant que levier de création d’emplois et d’insertion professionnelle des jeunes se trouve aujourd’hui fortement appuyé par la réforme en profondeur de la formation professionnelle», relève le ministre de l’Industrie.

    Une réforme, applaudie par les opérateurs, qui restructure l’offre de formation en  dotant les 12 régions de cités des métiers et des compétences. Un découpage régional a été retenu. Seulement 8 régions abriteront des centres dédiés à l’industrie en dehors de celles de Béni-Mellal-Khénifra, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia Al Hamra et Dakhla-Oued Eddahab. Les pôles métiers et compétence de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et Souss-Massa engloberont une composante industrie navale.

    Quant à l’industrie propre, elle sera déployée au niveau de Rabat-Kénitra-Salé et Drâa-Tafilalet. La modernisation des méthodes pédagogiques et l'adoption de nouveaux standards de qualité seront également prises en considération.

    Un dispositif qui englobe la généralisation de l’approche par compétences, l’intégration des soft skills et l’entrepreneuriat, le renforcement des formations en milieu professionnel (alternance et apprentissage) ainsi que des langues étrangères. Pour sa part, Hanan Hanzaz, représentante de l’Onudi au Maroc, a insisté sur l’importance de la mise en place d’une rémunération pour les stagiaires et l’implication du privé pour garantir la réussite de la formation professionnelle.

    Où est le crédit d’impôt recherche?

    Les experts et industriels insistent sur la nécessité d’avoir un Etat stratège qui accompagne les entreprises dans le processus de transformation interne pour gagner en compétitivité face à la concurrence étrangère et créer plus d’emplois. Pour Ammar Drissi, directeur général de Maghreb Steel, «nous sommes pour la concurrence loyale. Nous demandons la protection de l’Etat pour sauver le secteur de la sidérurgie». Et d’ajouter: «Tous les pays développés protègent leur secteur productif. La Chine, les Etats-Unis, la Turquie et d’autres pays portent à bout de bras leurs entreprises nationales. Ils se basent sur les industries pour se moderniser, assurer l’emploi et la formation et offrir des jobs décents».  
    L’innovation est également un levier important pour accélérer l'industrie 4.0. Mohammed Fikrat, vice-président de la CGEM et président de la Fédération de l’agro-industrie (Fenagri) a insisté sur «la nécessité d’un véritable partenariat public-privé en faveur de l’innovation industrielle». La recherche permettant l’épanouissement des compétences est le parent pauvre des politiques sectorielles. Karim Cheikh, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales fait la même analyse : «En matière de R&D, nous avons encore des efforts à faire. Les industriels doivent également financer la recherche. Nous attendons toujours l’adoption du crédit d’impôt recherche. Nous espérons qu’il sera pris en compte lors des Assises de la fiscalité».

    Chiffres clés

    • 94.054 emplois créés en 2018
    • Le secteur compte 8.118 entreprises dont 21,5% des créations sont mises en place suite au lancement du PAI.
    • Les exportations industrielles ont augmenté de 79 milliards de DH entre 2013 et 2018 tirées vers le haut par l’automobile.

    Nadia DREF

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    (1) C'était lors de la 3e édition d’Industry Meeting Days.

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