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    Enseignement en langue étrangère: «Le PJD n’est pas contre»

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5503 Le 25/04/2019 | Partager
    Le désaccord tournerait autour du «dosage» à opérer
    Grève des ex-profs contractuels: pas de recul sur la fonction régionale!
    Tout sera fait pour éviter une année blanche aux élèves
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    Le «franarabe», il fallait y penser! On peut aussi y lire le «frein arabe». Le chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani, réagissant à l’une des caricatures de Tarik Bouidar, alias Rik, caricaturiste à L’Economiste, projetées durant sa rencontre avec l’UPF Maroc mardi dernier à Casablanca (Ph. Jarfi)

    Lors du récent blocage de la loi-cadre sur l’enseignement au Parlement par le groupe du PJD, tous les yeux se sont rivés sur Saad Dine El Otmani. L’intervention du chef du gouvernement était très attendue pour trouver une issue à cette impasse, essentiellement liée à la langue d’enseignement des matières scientifiques. Mais il était resté en retrait. 
    Lors de sa rencontre avec l’Union de la presse francophone (UPF Maroc) mardi dernier à Casablanca, El Otmani s’est livré à quelques déclarations, bien que laconiques. A l’image, d’ailleurs, de l’ensemble de ses réponses, mesurées et avares en détails. «Officiellement, le PJD n’est pas contre l’enseignement en français ou en anglais. Le débat est surtout autour du degré d’utilisation de ces langues. Cette discussion appartient aujourd’hui au Parlement», explique le patron du parti à la lampe. «Cependant, il est vrai qu’au sein du parti, où nous jouissons d’une liberté d’opinion, il existe une divergence sur ce sujet, comme pour de nombreux dossiers», poursuit-il. Concernant la grève des ex-enseignants contractuels, désormais «cadres» des académies régionales de l’éducation et de la formation (Aref), El Otmani se veut rassurant. Alors que des milliers de profs sont toujours en grève depuis bientôt 6 semaines, faisant craindre une année blanche pour des centaines de milliers d’enfants… Selon le chef du gouvernement, le problème ne touche que 7,8% des élèves. Si l’on fait le calcul, sur une population de près de 6 millions d’inscrits dans l’enseignement primaire et secondaire public, cela représente au moins 468.000 élèves impactés. Toujours d’après El Otmani, mardi dernier, 11.000 grévistes ont été recensés. Une «minorité», selon ses propres mots. Quoique, si chacun d’entre eux est responsable d’une moyenne de 30 élèves, cela équivaut à un effectif de 330.000, dont la scolarité est actuellement perturbée. «Le plus urgent ce sont les élèves. Nous ferons notre maximum pour leur éviter le scénario d’une année blanche. Pour le reste, nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à négocier», assure le chef du gouvernement, sans pour autant formuler une quelconque mesure à prendre. 

    Chiffres chocs, mais réaction passive…

    El Otmani est, néanmoins, clair lorsqu’il s’agit du mode de recrutement régional à travers les Aref. «Sur ce sujet, nous sommes intransigeants, nous ne pouvons revenir en arrière. Les enseignants qui s’adonnent le plus aux grèves sont ceux installés dans les régions lointaines. Si nous n’avons pas d’embauche locale, nous ne trouverons pas de profils pour ces régions. C’est aussi le cas pour d’autres métiers, comme les médecins et infirmiers spécialisés», justifie El Otmani. Les ex-profs contractuels, eux, ne l’entendent pas de cette oreille, et pour l’heure, aucune solution ne se profile.  
    Autre sujet brûlant, celui des difficultés d’apprentissage des enfants de l’école publique. Les dépistages réalisés par l’Association marocaine des troubles et difficultés d’apprentissage (AMTDA), auprès de plusieurs milliers d’élèves à Casablanca, ont abouti à des résultats alarmants, qui ont été partagés durant la rencontre de Saad Dine El Otmani avec l’UPF Maroc. Selon l’association, 53% des enfants dépistés souffrent de difficultés d’apprentissage. La grande majorité, en 6e année du primaire, ne sait ni lire ni écrire, et traîne des problèmes de compréhension, même si elle ne présente aucun trouble neurobiologique.

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    Pendant plus de deux heures et demie, dans une salle comble, Saad Dine El Otmani a abordé de nombreux sujets tels que la croissance, l’emploi, le chômage, l’éducation, le statut de la femme, la liberté de la presse... (Ph. B.Taougar)

    Le chiffre n’a pas fait réagir le chef du gouvernement pour autant. Les enfants souffrant de troubles, eux, représentent 10 à 12%. «Il existe des notes ministérielles concernant ces enfants, mais elles restent un peu vagues. Il faudrait des textes réglementaires clairs. Des adaptations pour les examens sont également prévues, sauf qu’elles sont parfois menées de manière improvisée. Par exemple, un enfant dyslexique peut passer le même examen qu’un enfant trisomique», regrette l’association. Là encore, une réaction peu engagée du chef du gouvernement, qui s’est contenté d’insister sur le rôle de la formation des enseignants et des directeurs d’école.    
    Avec la santé et l’emploi, l’éducation est érigée en priorité du gouvernement El Otmani. Toutefois, les efforts engagés restent insuffisants. 

    Fracture sociale

    Les écoles publiques, notamment primaires, vivent déjà une véritable fracture sociale. Dans ces établissements, la mixité entre couches sociales est en voie de disparition, puisque la majorité des familles disposant de moyens pour se payer un enseignement privé a fui le public. La loi-cadre sur l’enseignement risque-t-elle de faire remonter cette rupture au niveau des enseignants. «La loi suggère que les établissements privés forment leurs propres enseignants. Nous risquons donc de déboucher sur deux systèmes parallèles», a relevé le DG de HEM, Hassan Sayarh, craignant une nouvelle fracture. Le chef du gouvernement, lui, n’y voit aucun inconvénient.  

     

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