×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossier Spécial

    Logistique: «46 milliards de DH générés entre 2010 et 2017»

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5491 Le 09/04/2019 | Partager
    mohammed_yousfi_061.jpg

    «On ne peut que se féliciter de la confiance que des leaders mondiaux de différents secteurs ont témoignée au Maroc en s’y implantant, ce qui ne fait qu’attester de son positionnement confirmé en tant que l’une des économies les plus attractives pour les investissements dirigés vers le continent africain», souligne Mohammed Yousfi, DG de l’AMDL (Ph. AMDL)

    Nommé DG de l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL), il y a un an jour pour jour, Mohammed Yousfi fait le point sur les réalisations de la stratégie logistique. Selon lui, le Maroc, qui ne comptait en 2010 que quelques dizaines d’hectares aménagés de plateformes logistiques modernes, totalise aujourd’hui près de 600 ha aménagés à Casablanca, Tanger et ailleurs. La valeur ajoutée globale générée par les activités de la logistique s'élève en 2017 à près de 46 milliards de DH, soit une contribution à hauteur de 5,1% de PIB.

    - L’Economiste: Quel bilan dressez-vous de l’implémentation de la stratégie logistique tracée en 2010?
    - Mohammed Yousfi:
    Du côté de l’immobilier logistique, l’on note une évolution de la surface logistique aménagée et de l’offre en immobilier logistique moderne prêt à l’emploi grâce aux importants investissements effectués par les opérateurs publics et privés. Le Maroc, qui ne comptait en 2010 que quelques dizaines d’hectares aménagés de plateformes logistiques modernes, totalise aujourd’hui près de 600 ha aménagés à Casablanca, Tanger et dans plusieurs régions accueillant les plateformes industrielles intégrées. Par ailleurs, un travail considérable a été mené pour assurer une large syndication des acteurs intervenant dans la mise en œuvre de la stratégie nationale. Le Maroc dispose désormais d’un ensemble de plans d’actions sectoriels sur la période 2014-2020 pour le développement de la formation et l’amélioration des principales chaînes logistiques (import/export, distribution interne, matériaux de construction…), actés par la signature de conventions spécifiques associant toutes les parties prenantes publiques et privées.

    - Quelles sont les principales mesures du plan d’action?
    - En matière de chaîne logistique import-export, le Maroc a entrepris plusieurs actions d’amélioration des services au niveau des ports marocains notamment à travers la réalisation d’une zone dédiée export au port de TangerMed, l’harmonisation des horaires de travail au niveau des ports marocains avec le passage en mode 3 shifts (24/24h) et l’opérationnalisation du guichet unique PortNet.
    Concernant la chaîne de distribution interne, le chantier de la mise à niveau de la logistique urbaine a été engagé vu son importance vitale pour le développement de la compétitivité logistique du pays globalement mais aussi pour le développement économique, la qualité de vie, l’accessibilité et l’attrait des communes urbaines. Principale clés de réussite du développement de la logistique au Maroc, la composante ressources humaines a aussi largement été considérée dans le cadre de la stratégie nationale à travers la signature d’un contrat d’application pour la période 2014-2020 relatif au développement de la formation et des compétences. Quant à la mise en œuvre de ce contrat, le ministère de l’Equipement, à travers l’AMDL, a fait converger l’ensemble des parties prenantes autour d’un plan de formation répondant aux besoins identifiés par une étude sectorielle spécifique au secteur. Cette étude a également permis l’élaboration de différents guides RH et fiches référentiels emplois/métiers et emplois/compétences (REM/REC) propres au secteur. Sachant que 86% des besoins prévisionnels de formation du secteur relevés par ladite étude pour la période 2020-2024 concernent la formation professionnelle.

    - Une valeur ajoutée de 45 milliards de DH et 5% du PIB en 2016… Est-ce suffisant par rapport aux objectifs de départ?
    - La valeur ajoutée globale générée par les activités de la logistique, en combinant à la fois les opérations réalisées par les prestataires logistiques et leurs effets indirects d’une part, et les opérations réalisées in-house d’autre part, s'élève en 2017 à près de 46 milliards de DH, soit une contribution à hauteur de 5,1% de PIB. Il faut bien noter que l’évolution qu’a connue la valeur ajoutée dégagée par le marché de la prestation logistique ces dernières années a fortement contribué à satisfaire les objectifs de départ dans la mesure où le secteur a pu créer plus de 26.000 emplois nets directs durant la période 2010-2017, soit une part de 9% de l’ensemble des créations d’emplois au niveau national. Ceci dit, en prenant comme référence les mêmes indicateurs pour des pays avancés, une marge importante de développement se dégage et demeure tributaire d’une mutualisation des efforts de l’ensemble des intervenants au niveau national.

    poids_du_secteur_091.jpg

    - L’un des grands défis aujourd’hui est la capacité à remplir les entrepôts. Quels sont les gisements de développement?  
    - Au Maroc, les opérateurs économiques avaient plus tendance à internaliser la fonction logistique, y compris l’entreposage. En effet, de nombreuses entreprises ont choisi de développer leurs propres unités de stockage au lieu d’utiliser des installations gérées par les opérateurs et professionnels. Cela explique le faible taux d’externalisation des activités d’entreposage qui affecte dans certaines régions le taux de remplissage des installations logistiques. Ce handicap se trouve aussi accentué par l’inadéquation entre l’offre existante en immobilier logistique et la demande des opérateurs économiques, en termes de surfaces, de services, de flexibilité et de connectivité. Dans ce cadre, l’AMDL a initié des actions de sensibilisation à l’externalisation des activités logistiques auprès des associations professionnelles sectorielles des chargeurs dans différentes régions pour promouvoir les bénéfices de l’externalisation des activités logistiques, améliorer la prise de conscience des entreprises et encourager les bonnes pratiques.

    - L’arrivée de nouveaux opérateurs dans des secteurs, comme l’automobile, l’aéronautique ou le retail, devrait insuffler une nouvelle dynamique…
    - On ne peut que se féliciter de la confiance que des leaders mondiaux de différents secteurs ont témoignée au Maroc en s’y implantant. Ce qui confirme son positionnement en tant que l’une des économies les plus attractives pour les investissements dirigés vers le continent africain. L’attractivité de ces investissements a été possible parce que le Royaume s’est doté d’un ensemble de stratégies économiques sectorielles productives et d’écosystèmes créateurs de valeurs ajoutées et de richesse pour renforcer son intégration dans les chaînes de valeur mondiales. La logistique, qui est un support majeur de ces écosystèmes connaîtra certainement la même dynamique enregistrée par ces différentes stratégies sectorielles.

    - Qu’en est-il du projet de création de zones logistiques dédiées au développement local?
    - Les récentes études de marché, pilotées par l’AMDL, ont fait ressortir un ensemble de besoins à court et moyen terme exprimés par les principaux acteurs économiques de chaque région, confirmant ainsi l’opportunité de développer le foncier logistique. L’analyse de ces besoins a permis d’arrêter des schémas logistiques cibles pour chaque région étudiée ainsi qu’une planification de développement progressif, en ligne avec l’évolution de la demande.
    Après les différents contacts que nous avons eus avec les professionnels, nous sommes très optimistes quant au remplissage des zones dont les projets ont été structurés suite à une série d’études qui confirment le potentiel et l’opportunité de leur développement. Sous l’impulsion du ministère de l’Equipement, la structuration des premiers projets de zones logistiques est bien avancée dans les régions de Fès-Meknès et de Souss-Massa qui réunissent des conditions favorables au développement d’un immobilier logistique moderne et répondant aux standards internationaux. En effet, l’AMDL a intensifié ses efforts afin d’amorcer le développement de premières tranches de zones logistiques s’étalant sur des superficies de 45 hectares au sud d’Aït Melloul et de 32 hectares sur le site de Ras El Ma près de Fès.

    PME Logis

    Piloté par l’AMDL, le programme PME Logis cible aussi bien les opérateurs logistiques que les chargeurs-donneurs d’ordre. Il offre aux PME plusieurs possibilités d’accompagnement technique et financier notamment en matière de diagnostic de la fonction logistique au sein de l’entreprise, de déploiement de projets d’externalisation, de développement systèmes d’information ainsi qu’en matière de certifications et de formations dans les métiers qui gravitent autour.
    Ce programme vise à rehausser le niveau des pratiques logistiques au sein des PME en vue de leur alignement avec les meilleurs standards et normes, à faire émerger une offre de services performante adaptée aux besoins des acteurs économiques et à renforcer les compétences logistiques au sein de la PME. Le déploiement effectif de ce programme a démarré en octobre 2018 et à date d’aujourd’hui, plus de 140 PME en bénéficient avec un montant de 23 millions de DH qui a été engagé pour leur mise à niveau (sur un budget global de 63,5 millions de DH). Ce chiffre est amené à doubler durant l’exercice 2019, compte tenu de la tendance enregistrée au cours du 1er trimestre.

    Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc