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    Culture

    Un duo d’artistes à la ville comme à l’atelier

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5490 Le 08/04/2019 | Partager
    Yasmina Alaoui est à l’affiche du Macaal jusqu’en septembre
    Le photographe Marco Guerra explore la photo composite et les paysages marocains
    Plusieurs projets «solo» et collectifs au Maroc comme à l’étranger
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    Yasmina Alaoui maîtrise l’art du relief comme pour ses séries “Sédiments”, qui forment d'atypiques paysages en grand-format (Ph. M. Guerra)

    Le corps tient une place centrale dans l’oeuvre de Yasmina Alaoui. Il est tout aussi inspirant pour le photographe Marco Guerra. Tous deux partagent leur vie depuis de nombreuses années tout en conjuguant leur art. Ensemble, rien ne leur échappe. Ni la photographie, ni la peinture, ni la sculpture, ni même l’art de la performance. «Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin» dit le proverbe africain.

    Yasmina Alaoui a toujours peint et dessiné. «J’ai eu mes premières émotions artistiques au Carrousel du Louvre, à l’âge de 6 ans» se souvient-elle. Pourtant au départ, elle s’engage dans des études de médecine à New York, sa ville de naissance. Mais le destin a vite repris le pouvoir. «Les étudiants devaient choisir des cours en option. J’ai opté pour la sculpture» raconte-t-elle. Si la cible est encore incertaine, le cap est mis vers la création.

    Alors elle bifurque, toujours aux Etats-Unis, vers une école de cinéma. «Ce n’était ni pour être actrice, ni réalisatrice mais monteuse. Je voulais apprendre à faire des films». C’est là, qu’elle croise la route de Guerra, un photographe de mode déjà bien installé dans le métier. Ils ont une sensibilité commune pour l’esthétisme de l’image.

    Leur premier projet commun, des corps photographiés par Marco et retouchés au henné par Yasmina, a depuis fait le tour du monde. «Nous avions présenté ce travail juste pour le plaisir, sans penser à vendre, mais l’exposition a tellement bien marché que nous nous sommes lancés». Le début de la vie d’artiste.

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    L’art de la matière est l’un des nombreux atouts de Yasmina Alaoui. Se servant dans la nature environnante, le sable, les pierres, des os de dromadaires entrent dans la composition de ses sculptures (Ph. M. Guerra)

    Aujourd’hui, dans leur maison-atelier à Marrakech, chacun peaufine ses oeuvres. Plusieurs inspirations pour Yasmina entre les pleureuses aux funérailles et la mythique Aïcha Kandicha aux pieds de dromadaire. Là encore, si ses modèles sont des femmes, l’artiste puise dans ses racines paternelles marocaines.

    Mais ce qui lui prend de longues heures, ce sont ses «finger casts», ses «jets de doigts», façonnés en plâtre, qu’elle agence un à un en fonction du mouvement qu’elle souhaite donner. L’art du relief, elle le maîtrise comme pour ses séries «Sédiments», qui forment d'atypiques paysages en grand-format.

    Mais c’est tout autant l’art de la matière qu’elle possède. Se servant dans la nature environnante, le sable, les pierres, des os de dromadaires entrent dans la composition de ses sculptures. Un travail tout à la fois minutieux, organique et ultra raffiné.

    Monaco, Londres, Paris, Dubai, Shanghai, New York, les galeries s’arrachent tout autant les oeuvres de Yasmina Alaoui que celles de Marco Guerra. Elles font également partie de collections permanentes à travers le monde. Tous deux préparent actuellement leurs prochaines expositions à Marrakech, entre autres projets. A noter que le travail de Yasmina est actuellement visible au Macaal, le musée d’art contemporain africain de la cité ocre, jusqu’en septembre prochain.

    Marco Guerra, «fabricant» d’images

    Guerra décortique la photo composite, résultat d’une superposition d’images d’un même sujet sous différents angles. Le regardant tourne ainsi, comme le photographe, autour de l’Arc de Triomphe ou de la Tour Eiffel à Paris, autour du musée d'art moderne Guggenheim à New York ou des gondoles à Venise. «Je ne prends pas de photos, je les fabrique» résume-t-il. L’artiste s’attache en effet à raviver la vraie mémoire d’un lieu, d’un bâtiment qui a traversé les âges. Connu pour avoir collaboré avec les magazines Vogue ou le Condé Nast Traveller et les marques Levi’s et Ralph Lauren, il sort parfois des sentiers battus, qu’il ne semble d’ailleurs jamais prendre, avec sa série sur les paysages marocains qu’il réhabilite par des couleurs nuancées. «Loin de l’image ”folklorique” souvent donnée au pays» tient-il à préciser.

    J.A.

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