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    Culture

    Expo: Ghizlane Agzenaï, l’héritière de l’école de Casablanca

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5483 Le 28/03/2019 | Partager
    A la galerie 38 à Casablanca jusqu’au 21 avril 2019
    Entre op art et abstraction géométrique
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    Des formes géométriques bi, voire tridimensionnelles. Un travail complexe et sophistiqué, qui mobilise des compétences techniques, dégageant toutefois une parfaite harmonie (Ph. Fouad Maazouz)

    Le hasard a voulu que pendant la première exposition en «solo show» de Ghizlane Agzenaï, 2 rétrospectives d’artistes majeurs aient lieu. La première à Paris, au Centre Pompidou, rend hommage à Vasarely à travers 300 œuvres, objets et documents, explorant le «continent Vasarely» et la manière dont il a marqué la culture populaire de l’époque.

    La seconde, de taille plus modeste, mais également très importante, est à Rabat, à la galerie Espace CDG. Elle retrace les 60 ans de carrière de l’un des pionniers de l’art moderne au Maroc: Melihi. Quel rapport avec notre artiste trentenaire? Nous reviendrons plus tard sur le cas Melihi, mais il y a une influence évidente du travail de Victor Vasarely dans les œuvres de Agzenaï tout autant que celui de Frank Stella ou même de Charles Hinman.

    Mêmes jeux du relief et de la couleur pour créer des toiles sculpturales. Il faut dire que l’artiste avoue une attirance certaine pour le mouvement op art ou l’art optique. Ses œuvres, souvent monumentales, ne sont que mouvements et superpositions, dans des formes géométriques bi, voire tridimensionnelles.

    Un travail complexe et sophistiqué, qui mobilise des compétences techniques, dégageant toutefois une parfaite harmonie. Mais Ghizlane Agzenaï n’est pas uniquement influencée par ce mouvement des années 60. Fille de son temps, elle revendique son appartenance à la famille du street art. Elle s’est d’ailleurs exercée auprès du célèbre duo allemand Low Bros.

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    Nourrie d’op art et de street art, l’artiste n’en reste pas moins héritière de l’abstraction géométrique illustrée par les pionniers de l’art moderne marocain dont Melihi (Ph. Fouad Maazouz)

    Les deux frères Shmidt (Christoph et Florin), composant le duo, l’ont prise sous leurs ailes durant son séjour berlinois. Une proximité qui aiguisera son goût prononcé pour les signes de la modernité graphique: tags, graffitis, BD, jeux-vidéos… De retour au Maroc, Ghizlane Agzenaï s’est très vite imposée comme l’une des premières artistes féminines urbaines marocaines à habiller les murs du Royaume de ses créations.

    Aujourd’hui, le pari est tenu. Ses œuvres, qu’elle nomme «Totem» en référence aux objets bienveillants, ont orné la façade du Musée Mohammed VI de Rabat, le mur d’Oberkampf à Paris, et plusieurs espaces à Barcelone, en Espagne, et à Linz, en Autriche. Dans quelques mois, c’est une enceinte de pas moins de 210 m² qui sera couverte d’une pièce magistrale et colorée à Vigo, en Espagne.

    Pour en revenir à Melihi, plus qu’une filiation chromatique des plus évidentes, Ghizlane Agzenaï semble partager avec le pionnier une incroyable modernité qui trouve ses racines dans les arts traditionnels. Tout comme Melihi s’est passionné pour les bandes du haïk «Glaoua» dans son travail, prenant la forme d’«onde», de «vague», et de «flamme», le travail de Agzenaï fait également un rapprochement avec l’artisanat marocain en s’inspirant de l’une de ses formes les plus raffinées: l’art du zellije.

    Ce qui place l’artiste dans la tradition des pionniers qui ont su réinventer notre culture artistique par une redécouverte des arts traditionnels. Dans celle de l’école de Casablanca en somme.

    Amine BOUSHABA

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