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    Economie

    Enquête L’Economiste-Sunergia: Les Marocains, satisfaits de leur choix d’études?

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5482 Le 27/03/2019 | Partager
    80% des sondés se disent contents de leur filière d’enseignement supérieur
    L’offre de parcours de plus en plus élargie
    Un projet de réforme pour diversifier les licences fondamentales
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    «Je suis docteur en physique, j’ai 40 ans, et cela fait deux ans que je me rends chaque jour au département de l’Enseignement supérieur pour un sit-in ouvert avec des camarades. Pour mon cas, il n’y a que trois solutions possibles: l’intégration à la fonction publique en tant que professeur assistant, la prison ou la mort!», confie un diplômé de l’université publique. «Avec un doctorat en physique, je n’ai aucun débouché dans l’industrie marocaine», poursuit-il.

    Toutes les filières de l’enseignement supérieur au Maroc ne fabriquent pas que des élites que les employeurs s’arrachent. Néanmoins, la majorité des spécialités semble donner satisfaction. A la question «êtes-vous satisfaits de votre choix de filière d’études supérieures», posée dans le cadre d’une enquête L’Economiste-Sunergia (voir encadré), 80% des sondés ayant effectué des études supérieures ont répondu «oui». L'enquête rentre dans le cadre du concours My Market Insights de Sunergia, où des entre/intrapreneurs ont posé diverses questions. Celle relative aux filières a été soumise par Ghizlane Kabboul.

    Sur l’échantillon choisi, composé de 1.000 répondants, un tiers justifie d’un parcours supérieur. Parmi cette proportion, seuls 18% avancent être insatisfaits. Cette part correspond peut-être, en partie, aux candidats malheureux du marché de l’emploi. Selon les chiffres du HCP, 18,9% des licenciés sont au chômage, contre 15,1% des titulaires d’un Deug et 15,9% de ceux d’un master. Parmi les lauréats des facultés publiques, la proportion des sans emploi est encore plus impressionnante, avec un taux de chômage dépassant les 27%. Il peut, également, s’agir de profils victimes d’une mauvaise orientation.

    Les jeunes et les femmes sont les moins satisfaits. Ce sont d’ailleurs, aussi, les catégories qui galèrent le plus sur le marché du travail. Les femmes sont à 77% contentes de leur filière, contre 82% des hommes. Le taux de satisfaction des 15-24 ans est dans la moyenne de l’échantillon (80%).

    Mais plus on augmente dans les tranches d’âge, plus le taux grimpe, pour atteindre même les 100% chez les 65 ans et plus. Les seniors gardent probablement le souvenir d’un système d’enseignement jadis plus performant, avec des diplômes procurant un statut social mieux valorisé, et sans doute, des opportunités professionnelles plus nombreuses. Il existe cela dit, une exception du côté des 35-44 ans, dont 25% sont mécontents de leur parcours supérieur, soit le pourcentage le plus élevé de l’échantillon.

    Par région géographique, très peu de différences sont relevées, les avis se rejoignent, avec des niveaux variant entre 78 et 81%. En revanche, il existe un écart important, de 12 points, entre les citadins et les ruraux. Ces derniers sont les plus satisfaits de l’échantillon (après les seniors), avec un taux de 91%. Les habitants du milieu rural sont déjà peu nombreux à accéder à l’enseignement supérieur. Y décrocher un diplôme relève de l’exploit.

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    Si 80% se disent contents de leur choix d’études, près du cinquième exprime sa déception. Cette catégorie pourrait correspondre en partie aux candidats malheureux du marché de l’emploi, ou à ceux victimes d’une mauvaise orientation

    D’après l’enquête nationale sur l’emploi du HCP de 2014, à peine 2,9% des ruraux de 15 à 29 ans possèdent un diplôme de niveau supérieur, contre 21,3% de leurs homologues résidant en milieu urbain. 55,7% ne disposent d’aucun diplôme (20,7% des citadins).

    La lecture des résultats par classe sociale ne révèle pas de dissemblances. Toutes les couches présentent pratiquement le même degré de satisfaction (86 à 87%), mis à part la catégorie C, qui affiche moins de contentement (77%) que les autres.
    Le choix de parcours supérieurs au Maroc est de plus en plus diversifié.

    A l’université publique, il existe près de 2.347 filières, dont 52% sont professionnalisantes, selon le ministère de l’Enseignement supérieur. Mais ces cursus sont inéquitablement répartis. 45% relèvent des sciences et techniques, 27% des sciences juridiques économiques et sociales, et 28% des lettres et sciences humaines. Pourtant, très peu d’étudiants universitaires choisissent les sciences.

    Les facultés à accès ouvert (lettres, droit et sciences) captent 86% des effectifs. Parmi eux, seuls 16% s’orientent vers les sciences et techniques, tandis que 55% optent pour les sciences juridiques, économiques et sociales, et 29% pour les lettres et sciences humaines.

    Dans son projet de réforme, le ministère de l’Enseignement supérieur prépare une diversification de l’offre de filières des facultés à accès ouvert. Notamment en matière de licences fondamentales absorbant l’essentiel des effectifs, mais offrant peu de choix de parcours.

    Dans toutes les facultés de sciences juridiques économiques et sociales, par exemple, seulement trois options sont proposées en licence fondamentale: économie, gestion et droit (en arabe ou en français). Le ministère prévoit ainsi de développer une offre de filières plus variée et davantage spécialisée, dès la première année d’études. Cela permettrait de produire des profils plus pointus et répondant mieux aux attentes des employeurs.

    Fiche technique

    L’Enquête L’Economiste-Sunergia Etudes rentre dans le cadre du concours My Market Insights de Sunergia. Elle a été réalisée par téléphone du 18 février au 7 mars 2019. L’échantillon compte 1.000 répondants, sur 8.404 contactés. Le profil des sondés est fidèle à la structure de la population marocaine recensée en 2014 par le Haut commissariat au plan (HCP). Les sondés sont à 49% des hommes et à 51% des femmes. 78% sont des citadins et 21% des ruraux. Toutes les grandes régions y sont pratiquement représentées: Nord/Est (30%), centre (41%) et sud (29%). 47% sont âgés entre 15 et 34 ans, 34% entre 35 et 54 ans et 19% de 55 ans et plus. Le tiers déclare avoir effectué des études supérieures.

     

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