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    Economie

    Pas de redressement judiciaire pour Platinum Power

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5481 Le 26/03/2019 | Partager
    Les raisons du refus du tribunal de commerce
    L’associé américain s’en «réjouit» mais conteste la gestion
    Le commissaire aux comptes est le vrai donneur d’alerte
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    Platinum Power a été créée en juin 2012. Les actionnaires majoritaires, le PDG de l’entreprise, Omar Belmamoun, et son associé américain sont en conflit

    Pas de mise en redressement judiciaire pour Platinum Power. «Le tribunal de commerce de Casablanca a rejeté la demande introduite par l’un de ses actionnaires», annonce son PDG, Omar Belmamoun, par voie de communiqué. A l’heure où nous mettions sous presse, le top management est resté injoignable pour nous éclairer notamment sur les motifs de cette irrecevabilité.

    Cette procédure est l’un des derniers rebondissements du duel judiciaire qui oppose la direction générale de la compagnie à son actionnaire de référence, Brookstone Partners. Son représentant, l’américain Michael Toporek, est nommément cité comme ayant été «débouté par le juge de commerce et sa demande classée sans suite».

    La contre-attaque américaine ne se fait pas attendre. Brookstone Partners qualifie la sortie de son adversaire de «mensongère et de tentative de manipulation». «Le PDG de Platinum Power personnalise ce litige. Mon client n’a initié aucune demande de redressement judiciaire», déclare Laila Slassi à L’Economiste. Elle est la conseillère juridique de Brookstone Partners.

    C’est plutôt «le commissaire aux comptes de la société» qui est à l’origine de cette procédure d’alerte interne prévue par le Code de commerce. L’actionnaire majoritaire la justifie noir sur blanc par «les graves difficultés financières de la société dues à sa gestion désastreuse». 

    Le commissaire aux comptes, Mazars, confirme avoir initié la démarche de redressement judiciaire. En voyage à l’étranger, le manager associé de Mazars, Abdou Diop, nous précise «qu’il est dans son rôle» d’alerter le tribunal conformément à l’article 548 du Code de commerce. Le cabinet s’abstient en revanche «de faire tout commentaire sur ce dossier par respect du secret professionnel».

    Le commissaire aux comptes a par ailleurs «informé les actionnaires sur l’action introduite devant le tribunal de commerce de Casablanca», selon une requête du cabinet d’avocats Bassamat & Laraqui dont L’Economiste détient copie.

    Ce cabinet s’occupe de la partie contentieuse de cette affaire. Il plaide ainsi la cause de Brookstone Partners Acquisition XVIII et Brookstone Partners Acquisition XXIII. C’est à ce titre que ses clientes réclament «la nécessité de trouver une solution urgente pour sauver Platinum Power». Les associés US exigent aussi «la révocation du PDG» et l’accusent de «faute de gestion».

    A fin 2017, la société d’énergie renouvelable a enregistré une perte de 180 millions de DH. Elle a reçu aussi une notification de l’un de ses prestataires. Un cabinet d’étude, Tractebel Engineering, réclame à Platinum Power «une créance d’un peu plus de 2 millions d’euros» est-il mentionné sur l’un des documents dont L’Economiste détient copie.   

    Pas de recapitalisation sans révocation du PDG

    Brookstone Partners reproche au top management «de n’avoir pris aucune mesure pour remédier à cette situation financière». Ce qui n’empêche pas l’actionnaire américain de «se réjouir de la décision du tribunal» qui a opté pour «la continuité de l’activité de Platinum Power».

    L’investisseur «le plus important» notamment en termes de compte courant d’actionnaires -111 millions de DH à fin janvier 2019- est soulagé par le rejet de la demande de redressement judiciaire. Et pour cause, «Il y a encore l’espoir de sauver la compagnie. Aucun actionnaire ne souhaitait un redressement», rapporte la conseillère juridique de Brookstone Partners.

    Son refus par le tribunal a plusieurs motivations. Ce qui induit que la justice n’a pas constaté une cessation de paiement pour ordonner le sauvetage de l’entreprise. 

    «Une grosse partie de la dette de Platinum Power est celle des actionnaires. Il y a certes des dettes externes, comme celles des fournisseurs et des salariés», précise Laila Slassi. Une recapitalisation est également envisagée par les associés. «Mais pas au point d’aller jusqu’au redressement judiciaire», poursuit la juriste. 

    De son côté, l’actionnaire américain «réitère sa volonté de travailler de concert avec les autres actionnaires, y compris minoritaires» comme Alterrya, TGCC, PME croissance...

    Le but étant de «trouver une solution viable, sérieuse et crédible pour aller de l’avant». Cette formule qui rappelle le jargon diplomatique onusien pose tout de même une seule condition à la recapitalisation de Platinum Power: la révocation du PDG, Omar Belmamoun.

    Ce dernier est toujours à la tête de la compagnie. «Nous avons tout mis en œuvre pour que le conflit entre actionnaires n’ait pas d’impact sur l’entreprise et ses activités», indique son communiqué du 21 mars 2019 (Cf. www.leconomiste.com).

    Son contradicteur est à son tour confiant. «Les intentions de Brookstone Partners restent inchangées, à savoir la réussite de Platinum Power au Maroc et en Afrique. Intentions pour lesquelles nous avons déjà investi 15 millions de dollars (141,5 millions de DH) dans Platinum Power, en capital et en compte courant».

    Michael Toporek fait part de «sa volonté de procéder au sauvetage de Platinum Power et de ses projets. D’honorer aussi les engagements de la société envers ses salariés». Six collaborateurs de Platinum Power ont démissionné depuis décembre 2018 ainsi que les dirigeants de ses filiales ivoirienne et camerounaise, selon nos informations. Ce bras de fer n’est pas encore terminé. Une procédure au pénal est toujours en cours d’instruction.

                                                                                          

    Le PDG entendu au pénal début avril

    L’actionnaire américain, Michael Toporek, ne veut pas seulement révoquer le top management de Platinum Power (voir ci-dessus). Il a intenté une action pénale contre Omar Belmamoun et son frère sur une toute autre affaire. Elle porte sur la gestion de Brookstone Partners Morocco. Omar Belmamoun en est le PDG depuis décembre 2014, selon la plainte dont L’Economiste détient copie. Il devra être entendu le 2 avril 2019 par la justice.

    Deux des actionnaires, Michael Toporek et MJT Park Investors, font valoir une longue liste d’accusation contre le PDG: «détournement, disposition frauduleuse de fonds de Brookstone Partners Morocco, escroquerie et abus de confiance».

    Une citation directe a été déposée à l’encontre du PDG fin février 2019. Les plaignants ont appuyé leur demande par une expertise financière pour se renseigner sur «la dégradation de la situation financière» de Brookstone Partners Morocco.

    L’auditeur, Jamaleddine Ilyass, s’est penché sur la gestion de la société depuis janvier 2014 à fin juillet 2018. Il relève «un détournement de 9,5 millions de DH» durant cette période. «Retraits d’espèce, virements bancaires, achats de biens sans liens avec l’activité de la société, paiements de billets d’avion aux proches...» sont listés par l’audit.

    Le frère du PDG, «non salarié chez l’entreprise» est cité dans la plainte pour avoir «reçu 270.000 DH». La présomption d’innocence prévaut tant qu’il n’y a pas eu de jugement définitif. L’affaire est à peine en instruction.

    Faiçal FAQUIHI

     

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