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    Analyse

    Agriculture Fès-Meknès: Des gisements pour 4,4 millions de personnes

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5479 Le 22/03/2019 | Partager
    Céréales, arboriculture, légumineuses… le PMV a créé des champions
    Le secteur compte 516.000 emplois et génère 10 milliards de DH
    7,2 milliards de DH pour doper les filières productives
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    Le secteur agricole est de loin le premier employeur avec plus de 516.000 emplois, soit 43,5% de la main d’œuvre régionale. A noter que l’artisanat emploie 105.000 personnes et 48.000 pour l’industrie

    La région Fès-Meknès veut conserver sa vocation agricole. Avec 516.000 emplois et un chiffre d’affaires de l’ordre de 10 milliards de DH, le secteur qui est un véritable pilier de l’économie régionale, représente des gisements d’opportunités pour une population de 4,4 millions d’âmes. Ce n’est pas d’ailleurs fortuit qu’il continue d’être au cœur de la stratégie de développement régional de Fès-Meknès (national et continental aussi). Décryptage.

    ■ Des projets pour augmenter la production de 300%
    «L’agriculture est un secteur porteur pour notre circonscription. Il emploie 50% de la main-d’œuvre (516.000 emplois) et génère près de la moitié du PIB régional», indique Saïd Zniber, wali de la région. Selon lui, «quelque 7,2 milliards de DH iront au programme d’équipement de terres agricoles en goutte-à-goutte durant la période». Concrètement, 6 projets de ce genre couvriront une superficie de 33.000 ha, répartis entre 7 provinces. L’ambition étant d’endiguer la problématique du climat, un autre projet est en cours de réalisation. Il s’agit du programme d’irrigation Moyen Sebou-Innaouen Aval à partir du barrage Idriss 1er. D’un investissement global de 865 millions de DH, ce projet porte sur une superficie de 4.600 ha en périmètre irrigué et 12.400 ha de zone bour à l’horizon 2020. Il vise l’augmentation de la production agricole (+300%) et sa valorisation, ainsi que l’amélioration des revenus des agriculteurs, outre la création de 971.000 journées de travail par an. S’étalant sur une durée de 7 ans, ce projet, inscrit dans la déclinaison régionale du Plan Maroc Vert (PMV), profitera à quelque 23.320 personnes. Notons qu’un programme transversal d’extension de l’irrigation viendra renforcer l’efficience de l’utilisation de l’eau et optimiser les actions du PAR. Ce programme, actuellement à l’étude, devrait s’étendre sur une superficie de 57.400 ha. Il nécessitera un montant de 10,14 milliards de DH et mobilisera 288 millions de m3 d’eau.

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    Source Wilaya de Fès
    Une agriculture durable veut dire une irrigation raisonnée. A ce titre, la plaine de Saiss a connu une réduction des ressources hydriques de l’ordre de 30% durant les 30 dernières années. Ainsi, le projet du Contrat de la nappe de Saïss, dont le coût devrait s’élever à 4,5 milliards de DH, intervient comme un moyen d’adaptation aux changements climatiques et de gestion intégrée, inclusive et durable des ressources en eau. Notons qu’un programme transversal d’extension de l’irrigation viendra renforcer l’efficience de l’utilisation de l’eau et optimiser les actions du PAR. Ce programme mobilisera 288 millions de m3 d’eau

    ■ Emplois et valeur ajoutée… le grand défi
    Des taux (alarmants) d’analphabétisme de 37,4% (32,2% au niveau national), de pauvreté de 5,2% (alors que la moyenne nationale est de 4,8%), et du chômage de 9,5% (la moyenne nationale est de 10,2%) pour la région Fès-Meknès. Toutefois, tout

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    l’espoir est mis sur ce périmètre, constitué de plaines et terres fertiles, châteaux d’eaux (Boulemane, Saïss,…) pour devenir le grenier du Maroc. En fait, la région mise sur l’agriculture pour résorber le chômage, nourrir sa population et créer de la valeur ajoutée. Selon les autorités locales, le secteur agricole est de loin le premier employeur avec plus de 516.000 emplois, soit 43,5% de la main d’œuvre régionale. A noter que l’artisanat emploie 105.000 personnes et 48.000 pour l’industrie. De l’avis unanime, les multiples initiatives menées par le département d’Aziz Akhannouch, depuis la création du Salon international de l’agriculture à Meknès (SIAM), l’instauration du Plan Maroc Vert, la construction des barrages (M’dez entre autres) ainsi que l’appui des fellahs sous différentes formes, tendent à encourager ce chantier de règne. Au niveau régional, l’on vise plus de 12,4 milliards de DH de chiffre d’affaires agricole à l’horizon 2020. Selon la Direction régionale de l’agriculture (DRA), ce chiffre représentera une hausse de 133%. Quant à la valeur ajoutée, elle passera à près de 9,7 milliards de DH avec une variation de 140% par rapport à 2008. Pour y parvenir, le plan agricole régional (PAR Fès-Meknès) prévoit la mise en œuvre de 159 projets dans le cadre du pilier II. La composante principale de ces projets se base sur la plantation de 155.599 ha. Le PAR prévoit également la mise en œuvre de 102 projets (pilier I), dont 68 projets individuels, et la plantation de 30.000 ha à travers les aides financières accordées dans le cadre du FDA à la création des vergers. D’ailleurs, les premiers résultats du PAR sont éloquents. A telle enseigne que le secteur agricole participe aujourd’hui à hauteur de 14,5% dans le PIB agricole national. A ce titre, la région Fès-Meknès est classée deuxième après celle de Rabat-Salé-Kénitra.

    ■ Céréales, légumineuses, arboriculture… en priorité
    Rappelons que la superficie agricole utile au niveau de la région est estimée à 1,34 million d’hectares, soit 13,7% de la superficie agricole utile nationale. Pour sa part, la superficie totale des terres irriguées est de l’ordre de 1,25 million d’ha, soit 9% de la superficie totale des terres agricoles de la région Fès-Meknès. Les agriculteurs de cette circonscription développent une production végétale très variée et des céréales de toutes sortes aux cultures industrielles (tournesol, colza, soja…). Ils sont engagés également dans des exploitations de légumineuses, l’arboriculture fruitière (pommier, pêche, poirier, prunier, cerisier, cognassier, grenadier, vigne, amandier, noyer, dattier) et les espèces tropicales. Concrètement, ces filières offrent des opportunités de production de plants de fraisiers, des semences de betterave sucrière et des semences de pommes de terre notamment sur l’axe Ifrane-Khénifra et la tomate à Saïss. En chiffres, les céréales représentent plus de 53% de la superficie agricole, suivies de l’arboriculture avec 31%, des légumineuses avec 9%, du fourrage avec 5% et finalement du maraîchage avec 2%. Parmi les filières qui dominent, il y a les cerises avec 80% de la production nationale, suivie de la filière des prunes avec 66% puis des oignons avec 54%. Les filières des figues et des amandes détiennent 40% de la production nationale.

    Bilan d’étape

    Entre 2009 et 2018, le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime a initié plusieurs projets de développement agricole au niveau de Fès-Meknès. Le bilan d’étape fait état de la réalisation de la première tranche du projet Agropolis (création de 6.300 emplois à aujourd’hui), l’équipement de 44.000 ha de terres agricoles en goutte-à-goutte, l’appui à la mécanisation, la formation de 3.000 jeunes dans les différents instituts, ou encore la qualification de 7.000 jeunes paysans. En termes de financement, l’Etat a misé quelque 7 milliards de DH au niveau de la région. Ce qui a drainé plus de 8,3 milliards de DH d’investissements privés. En outre, quoique Fès-Meknès bénéficie d’un grand patrimoine foncier arable (environ 1,4 million ha), d’un climat favorable, de ressources humaines importantes, il y a des contraintes qui entravent l’évolution du secteur agricole. Parmi celles-ci figure le morcellement de la propriété agricole qui l’empêche souvent d’être rentable. Idem pour l’extension urbaine et la spéculation sur les terres au détriment de la propriété agricole. Enfin, il y a le risque climat, l’inutilisation des technologies modernes par les petits agriculteurs, l’érosion des sols, la désertification et l’appauvrissement du terroir en minéraux.

    Youness SAAD ALAMI

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