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    Société

    Le bonheur au travail pour plus de performance

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5477 Le 20/03/2019 | Partager
    Les recettes pour rendre les salariés plus happy!
    L’écoute et l’implication en première position
    Loin des rapports emprunts de défiance et de méfiance
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    Développer le bonheur en entreprise est productif pour les dirigeants. L’entreprise pourra ainsi s’appuyer sur des salariés engagés et positifs (Ph. Entrepreneuze)

    Ecoute et implication. Plus les salariés se sentent bien, sont écoutés, impliqués, plus ils s’épanouissent dans leur environnement professionnel et s’investissent dans leur tâche. C’est ce qui définit le bonheur au travail.

    Ce fut un des thèmes abordés lors d’une rencontre organisée récemment à Marrakech par le Laboratoire de recherche en économie de l’énergie, environnement et ressources (GREER) et de la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Marrakech et avec le soutien de l’Observatoire Marocain du Bonheur.

    Objectif: créer un groupe national de réflexion et de discussion sur l’économie du bien-être et du bonheur et ses applications à l’entreprise. «L’économie du bonheur est une branche émergente de la science économique et peut certainement aider à réhumaniser la pensée économique», introduit Bachir Lakhdar, professeur des universités et un des fondateurs du GREER.

    Le bonheur comme le souligne le sociologue néerlandais Ruut Veenhoven connu comme le «parrain de la recherche sur le bonheur» ne peut être ni défini ni mesuré. «Le bonheur est une satisfaction personnelle». Qu’en est-il de la notion au sein de l’entreprise? Les économistes ont constaté que bonheur et revenu sont positivement mais légèrement corrélés.

    Lorsque le revenu est faible, un surcroît de revenu tend à augmenter le bonheur, mais à partir d'un seuil qui varie selon les études, davantage de revenu ne signifie plus ou quasiment plus davantage de bonheur. Khalid Baghir, ancien président du CJD, préfère lui parler du bien-emploi, au sens dans lequel la satisfaction des collaborateurs de leur travail ainsi que la satisfaction des dirigeants vis-à-vis de leurs collaborateurs sont toutes les deux à un niveau maximal, loin des rapports emprunts de défiance et de méfiance.

    «Ce genre de relation a un impact négatif à la fois sur les collaborateurs qui vivent mal leur vie professionnelle, mais surtout pour l’entreprise qui ne bénéficie pas de l’énergie additionnelle qu’est capable d’apporter un collaborateur motivé et heureux».

    Ailleurs, mais aussi au Maroc depuis deux ans, plusieurs firmes ont compris l’importance de mettre en place un environnement d’apprentissage stimulant et motivant pour que les salariés y apprennent et évoluent au quotidien et donnent un sens à leur travail. Au point de créer un nouveau poste pour créer du bonheur au sein de l’entreprise: un Chief Happiness Officer (CHO).

    A mi-chemin entre la gestion des ressources humaines et la communication, le responsable du bonheur a pour mission de rendre les salariés heureux grâce à l’organisation de nombreuses activités inspirantes et fédératrices permettant aux collaborateurs de se rassembler dans une atmosphère conviviale. Le but étant de créer du lien et d’augmenter la motivation et l’engagement des équipes.

    La fonction suscite de la curiosité et, parfois, du scepticisme. Mais, au quotidien, le CHO a un rôle fondamental. Tout en créant bonne ambiance dans le milieu du travail, en organisant par exemple des activités, un CHO peut proposer des services qui améliorent le bien-être du salarié.

    Pour Saida Fikri, CHO à Comdata (BPO et centre d’appel), son rôle est avant tout l’écoute et la recette marche visiblement dans cette entreprise de 7500 salariés. Les happy breakfast, les ateliers de culture ou d’art qu’elle organise régulièrement sont une occasion pour les salariés de parler de leur problème au sein de l’entreprise et de les faire remonter au management. «A Comdata, indique Fikri, nous sommes passés de la satisfaction client à l’enchantement client».

    Recherches

    La notion du bonheur est depuis quelques années au cœur des recherches scientifiques marocaines. Ainsi, le GREER est un laboratoire de recherche créé en 1994 et accrédité au niveau de l’Université Cadi Ayyad. Ses domaines de recherche portent sur l’économie du bonheur et du bien-être, l’économie verte, l’économie de l’énergie et des ressources naturelles et la finance. Ses membres proviennent essentiellement du milieu universitaire. Il regroupe actuellement une vingtaine de chercheurs (réguliers et associés), une soixantaine d’étudiants (es) de Master, et vingt doctorants y sont actuellement en formation. Autre institution qui agit pour la promotion de la recherche scientifique autour de la thématique, l’Observatoire Marocain du Bonheur, créé en 2015 et sous l’impulsion de Fatima Zahra Bensalah. C’est une association à but non lucratif dédiée à l’étude, l’analyse et la compréhension des multiples sources et facettes du bonheur chez les Marocains. Objectif: améliorer le degré du bonheur des Marocains et promouvoir cette culture. L’OMB ambitionne de développer des projets d’investigation pluridisciplinaires pour créer un débat autour du bonheur, dévoiler les attentes des Marocains et aider les différentes parties prenantes à mieux comprendre les préoccupations des Marocains en matière de bonheur.

    B.B.

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