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    Economie

    La crise de l’eau s’installe au Maroc

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5477 Le 20/03/2019 | Partager
    Le Royaume se situe à un niveau compris entre 25% et 70%
    Plusieurs pays arabes dans une zone critique
    Croissance démographique, changements climatiques…
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    Le Maroc figure toujours parmi les pays qui font face à des stress hydriques de différents niveaux (voir carte). Il est question précisément du stress hydrique physique qui désigne le rapport entre la quantité totale d’eau douce prélevée annuellement par tous les grands secteurs (y compris les besoins environnementaux en eau) et la quantité totale de ressources renouvelables en eau douce.

    Plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays soumis à un stress hydrique physique élevé, selon le rapport mondial des Nations unies(1) sur la mise en valeur des ressources en eau 2019 «Ne laisser personne pour compte», publié par l’Unesco pour l’ONU-Eau.

    Bien qu’au niveau mondial le stress hydrique ne se situe qu’à 11%, 31 pays (dont le Maroc) sont confrontés à un stress hydrique compris entre 25% (soit le seuil minimal de stress hydrique) et 70%. Dans 22 pays, le stress hydrique est de plus de 70%, ce qui veut dire que ces pays subissent un fort stress hydrique. Notons que l’expérience du captage de brouillards à Aït Baamrane est citée par les auteurs du rapport.

    Au Maroc, l’accès aux services élémentaires d’eau en milieu urbain atteint 96%, contre seulement 65% dans les zones rurales du pays. Le World Resources Institute (WRI, Institut des ressources mondiales) qui s’appuie sur les données émanant du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avait déjà prédit une situation de stress hydrique pour le Maroc à long terme.

    Les chercheurs du WRI avaient relevé la prédominance de trois secteurs les plus voraces en consommation d’eau: industriel, agricole et domestique (cf. notre édition N° 5209 du 14/02/2018). Pour faire face au problème de pénurie d’eau, le gouvernement a mis en place un programme d’urgence. Le plan national de l’eau, destiné à assurer la sécurité hydrique du Royaume, nécessitera plus de 200 milliards de DH à l’horizon 2030.

    Plusieurs pays de la région Mena sont situés dans la zone rouge: cas de l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, la Libye, le Soudan… La région arabe est la plus touchée par le stress hydrique au monde. Les ressources renouvelables totales du monde en eau s’élèvent à une moyenne de 7.453 m3 par an et par habitant, tandis qu’elles sont seulement à 736 m3 par habitant et par an dans cette région, selon les dernières données disponibles d’Aquastat (le système mondial d'information sur l'eau de la FAO, développé par la Division des terres et des eaux).

    La pénurie d’eau, per capita, s’intensifie, et continuera de l’être avec la croissance démographique et les changements climatiques, alerte la publication intitulée «Ne laisser personne pour compte». Ces tendances ont contribué à l’appauvrissement des nappes phréatiques, à la perte de terres arables pour la production agricole et au déplacement de personnes lorsque les ressources en eau étaient insuffisantes pour permettre la santé, le bien-être et les moyens de subsistance. Le défi de garantir l’accès aux services d’eau pour tous lors de pénuries d’eau est encore plus grand dans les situations de conflit, où les infrastructures de l’eau ont été endommagées, détruites et prises pour cible...

    La situation mondiale n’est pas plus meilleure

    Sous l’effet conjugué de la croissance démographique, du développement socioéconomique et de l’évolution des modes de consommation, l’utilisation de l’eau dans le monde augmente annuellement d’environ 1% depuis les années 1980. La demande devrait continuer d’augmenter à un rythme similaire jusqu’en 2050 (soit 20% à 30% de plus que le niveau actuel d’utilisation). Et ce, principalement en raison de l’utilisation croissante de l’industrie et des ménages.

    Plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays soumis à un stress hydrique élevé et environ 4 milliards de personnes font face à une grave pénurie d’eau au moins un mois par an. L’agriculture (y compris l’irrigation, l’élevage et l’aquaculture) est de loin le plus grand consommateur de ressources en eau. Elle est à l’origine de 69% des prélèvements annuels d’eau dans le monde, contre 19% pour l’industrie (y compris la production d’électricité) et 12% pour les ménages (Aquastat).

    Fatim-Zahra TOHRY

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    (1) Le rapport a été présenté le 19 mars 2019 à Genève pendant la 40e session du Conseil des droits de l’homme, en amont de la Journée mondiale de l’eau (22 mars). Coordonné et publié par le Programme mondial d’évaluation des ressources en eau de l’Unesco, il est produit grâce à la contribution des 32 entités des Nations unies et des 41 partenaires internationaux qui constituent l’ONU-Eau.

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