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    Analyse

    Economie culturelle: Les leviers à activer

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5473 Le 14/03/2019 | Partager
    La volonté politique est décisive pour la structuration du marché de la culture
    Appel à l’élaboration d’un grand contrat national, englobant la culture, l’éducation, le tourisme…
    Le recours aux plateformes digitales, décisif pour s’adapter aux besoins de la «génération connectée»
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    Depuis son ouverture, le Musée Mohammed VI des arts modernes et contemporains constitue une véritable vitrine culturelle du Maroc, en multipliant les expositions de sommités mondiales du monde de l’art et de la culture comme Picasso, César, Salvador Dali, Ousman Sow… (Ph. Bziouat)

    L’émergence d’une économie culturelle dépend essentiellement de la volonté politique du gouvernement. C’est l’une des principales conclusions du rapport du Conseil économique, social et environnemental relatif aux «contenus culturels et médias».

    Mais cette obligation de soutenir le développement de la culture «ne signifie pas l’intervention de l’Etat dans les productions culturelles ou la défense d’une culture élitiste», a précisé le Conseil. L’idée est plutôt de favoriser «un développement diversifié et vivant, en évitant que la société soit dominée par une culture stéréotypée et peu créative».

    Dans cette configuration, «les médias sont considérés comme des outils importants dans la construction et la transmission des valeurs», peut-on lire dans ce document.

    La mise en place d’une véritable économie culturelle est décisive dans un contexte marqué par la refonte du modèle de développement et par les efforts de valorisation du capital immatériel. Le diagnostic réalisé par le CESE a permis d’identifier une série de leviers, favorisant l’émergence d’un marché culturel.

    En tête, le lancement d’un débat élargi pour l’élaboration d’un «grand contrat national, fondé sur une politique transversale, englobant les secteur de la culture, l’éducation, la jeunesse, le tourisme et l’économie numérique». Pour l’instant, difficile de mesurer la part de l’économie culturelle dans la création de richesse, faute de statistiques actualisées.

    Interpellé sur cette question par des membres de la Chambre des conseillers, le ministre de la Culture avait annoncé la mise en place d’un système national de statistiques culturelles, en vue de rassembler les données et définir des indicateurs de suivi des politiques publiques dans ce domaine.

    Mohamed Al Aaraj a avancé que  son département est conscient de l’importance de l’industrie culturelle. L’intervention de son département dans ce domaine passe par des initiatives axées sur les différents aspects de la création, de la production et de la distribution des produits culturels. 

    Une mise à niveau du cadre réglementaire est également nécessaire pour «améliorer la qualité de l’information culturelle et créer des contenus valorisant le capital culturel», selon le CESE. La dimension territoriale est incontournable, notamment à travers l’implication des associations et des acteurs de production de contenus au niveau régional. Internet pourra être un atout dans cette orientation.

    Le CESE plaide pour la mise en place d’une stratégie en vue de développer un contenu numérique national, sur les principales plateformes de diffusion. C’est décisif pour s’adapter aux besoins de la «génération connectée». Des objectifs chiffrés doivent être définis concernant la disponibilité et l’utilisation des contenus marocains sur les plateformes en ligne. Cela devra s’accompagner de la consécration de la lecture, notamment en impliquant les associations et les cafés culturels.

    Pour ce qui est des opérateurs audiovisuels, le rapport du CESE appelle à s’assurer de l’application des cahiers des charges, notamment les dispositions relatives aux contenus culturels. Les aspects liés à la formation ne sont pas en reste. L’objectif est de miser sur la qualification des cadres compétents dans la planification, la programmation et l’animation des activités. Cela devra s’accompagner du développement de partenariats entre les acteurs culturels et les institutions médiatiques.

    Les entreprises de production numérique dirigées par des jeunes devront bénéficier d’un soutien des opérateurs du secteur public. L’idée est de les impliquer dans la réalisation des programmes culturels, locaux et nationaux, en phase avec les nouvelles pratiques des jeunes. De leur côté, les opérateurs des télécommunications sont appelés à intégrer des contenus culturels marocains dans les offres qu’ils proposent à leurs clients.

    La culture en chiffres

    • 74,09 millions de DH sont les recettes des visites des monuments et lieux historiques en 2018
    • 100 millions de DH dédiés à la subvention des productions des films et des festivals de cinéma en 2018
    • 552 projets d’édition de livres ont bénéficié du soutien de l’Etat en 2018
    • 4.000 événements organisés dans les bibliothèques publiques en 2018
    • 300 bibliothèques publiques gérées par le ministère de la Culture à travers le Maroc
    • 5,4 millions d’euros sont les recettes des droits d’auteur au Maroc en 2017, selon la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et de compositeurs (CISAC)

    Absence de vision intégrée

    Mawazine, festival de Marrakech du cinéma, festival d’Essaouira… autant d’événements qui cristallisent le potentiel de l’économie de la culture. A Rabat, le Musée Mohammed VI des arts modernes et contemporains a permis de mesurer l’engouement des Marocains pour une offre culturelle de qualité. Mais pour l’instant, le lancement d’un véritable marché de la culture reste freiné par une série de contraintes, liées essentiellement à l’absence de vision intégrée dans ce domaine. Pourtant, l’expérience internationale a montré l’impact des contenus culturels au niveau économique et social. En Afrique, l’expérience du Nigeria est un bon exemple en termes d’économie de la culture, mais aussi en termes de complémentarité avec les médias, selon le benchmark réalisé par le CESE. Ce pays a réussi à fonder une industrie médiatique et culturelle grâce au secteur public.
    Le privé, quant à lui, a apporté une contribution qualitative, avec des retombées socioéconomiques indéniables. Cela concerne la musique, le cinéma, la mode… Aujourd’hui, le Nigeria, grâce à son cinéma, occupe la 2e place mondiale en termes de nombre de films produits, au point d’être surnommé «Nollywood».

    M.A.M.

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