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    Analyse

    Economie culturelle: C’est encore le désert!

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5473 Le 14/03/2019 | Partager
    La faiblesse des contenus liée à des déficits de ressources humaines et financières
    Le numérique a transformé le modèle de consommation des produits
    Absence d’ingénierie qui encourage l’investissement

    C’est l’une des principales armes du soft-power. Le contenu culturel est aussi un levier décisif de développement économique et social. D’où l’importance du rôle de l’Etat dans la dynamisation de ce secteur et dans la préparation des conditions d’émergence d’une véritable économie culturelle.

    Pour le Conseil économique, social et environnemental, qui a adopté il y a quelques mois un rapport sur «les contenus culturels et médias», «la culture constitue une des principales responsabilités de l’Etat en tant que service public, qui renforce le lien social et fournit les mécanismes d’intégration nationale».

    L’émergence d’un marché de la culture est également influencée par les transformations sociétale en cours, touchant notamment les jeunes et les habitudes de consommation des produits culturels. «Le développement croissant du nombre des lecteurs sur le net, qui n’ont pas développé la capacité d’interagir avec les médias classiques, pose des questions sur les moyens permettant d’accompagner ces transformations», selon le CESE.

    La génération Y consomme les produits culturels essentiellement sur les supports numériques, contrairement aux générations précédentes, plus habituée à des médias classiques, comme les journaux, les revues et les programmes télévisés. Aujourd’hui, une série de défaillances freinent la mise en place d’une véritable économie culturelle, dans laquelle les médias devront jouer un rôle décisif. Le rapport du CESE pointe une «faiblesse des contenus culturels».

    Par exemple, «les programmes des opérateurs audiovisuels se caractérisent par l’absence d’innovation». L’une des principales entraves reste «le manque de ressources humaines qualifiées». Les opérateurs audiovisuels, notamment les chaînes publiques, souffrent aussi d’un problème de «modèle économique», dans la mesure où leurs ressources financières, puisées dans le budget de l’Etat, «ne permettent pas de fournir les moyens nécessaires pour garantir la qualité».

    D’où l’appel à une plus grande implication du privé, «à travers l’adoption d’une approche stratégique pour la question des contenus culturels».

    Marginalité

    Au Maroc, «les faits confirment que la culture n’est pas un besoin social dans lequel investissent les ménages, les établissements d’enseignement ou autres». C’est l’un des principaux constats de l’avis rendu par le CESE. La culture souffre d’une certaine marginalité, due notamment à «l’absence d’une ingénierie culturelle qui encourage l’investissement économique dans ce domaine». Parallèlement, le contexte actuel «se caractérise par l’absence d’un projet intégré dans ce domaine» et «le système éducatif a été vidé de tout contenu culturel et a ouvert l’espace aux discours moralisateurs au nom de la religion». Cette situation est amplifiée par le fait que «le dynamisme culturel n’aide pas toujours à prendre l’initiative pour développer un journalisme culturel capable de créer des interactions avec les acteurs du domaine et les lecteurs».

    M.A.M.

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