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    Analyse

    Essaouira/Aménagement du territoire: Pas d’université, pas de développement!

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5471 Le 12/03/2019 | Partager
    Une jeunesse laissée sur le carreau
    Par an, 7.000 étudiants quittent la ville pour étudier
    L’intelligence collective au service de la collectivité
    essaouira_ameanagement_071.jpg

    Le taux net d’activité en 2014 des habitants d’Essaouira varie entre les hommes et les femmes, respectivement de 79,78% et 11,70% pour elles. Un pourcentage également plus important en ville qu’à la campagne

    Il y a 30 ans, Essaouira comptait à peine 5 ou 6 hôtels et quelques restaurants. Aujourd’hui, la cité des alizés, c’est plus de 500 établissements hôteliers et riads, 200 restaurants, et un aéroport pour plus de 26 vols hebdomadaires depuis et vers l’étranger.

    «La ville est l’image d’un Maroc moderne et tolérant où la pêche et l’artisanat sont les deux créneaux économiques majeurs. Elle possède également une belle réserve d’arganiers. Autant de potentialités à mettre en valeur pour le développement social et économique de la région» avance le directeur des services de la commune d’Essaouira, Khalid Laaouane. Pourtant, les Souiris peinent toujours à sortir leur épingle économique du jeu. Le premier besoin, base de tous les autres, reste l’éducation.

    «Plus de 7.000 étudiants quittent Essaouira chaque année pour étudier, et très peu reviennent s’y installer» rappelle Tarik Ottmani, vice-président du conseil communal. L’Ecole supérieure de technologie (EST) d’Essaouira, relevant de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, étant le seul établissement en ville. Sachant que le nombre de places réservées aux Souiris est limité.

    Le récent congrès international à Essaouira sur les territoires innovants a permis de réunir tous les acteurs de la région pour réfléchir à un avenir plus prometteur. A cette occasion, André Azoulay a insisté sur le cas de l’université, «un problème central et prioritaire dont on parle depuis 30 ans». Et s’adressant directement aux jeunes, il ajoute «vous avez le droit de tout revendiquer».

    Le conseiller du Roi déplore que «nous avons tous dû quitter Essaouira pour faire nos études. Peut-être que la ville serait différente aujourd’hui si nous avions pu nous former ici”. Quelques 3 décennies plus tard, la ville souffre donc toujours du même mal. «Il faut comprendre ce qui ne fonctionne pas et faire, avant tout, le constat des erreurs des ministres successifs» ajoute Azoulay.

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    La pêche reste l’un des moteurs de l’activité économique à Essaouira, avec l’artisanat, le tourisme et la culture. Des créneaux à développer de manière durable et au bénéfice des habitants (Ph. Bernd)

    Pourtant, c’est bien de l’aide du ministère de tutelle que la commune a besoin. «Entre le manque de foncier et des budgets limités, les contraintes sont nombreuses» rappelle Laaouane. Alors Essaouira enchaîne les travaux. Grues, échafaudages, percées dans la voirie… le paysage urbain n’est déjà plus le même.

    La médina et son quartier du Mellah reprennent des forces entre renforcement des infrastructures et restauration des remparts en bordure de mer. Le port poursuit ses travaux d’extension, quand la corniche se peaufine. Sur le papier, une longue liste de projets, lancés ou à prévoir, est établie. Mais il faudra encore du temps pour que les Souiris puissent pleinement en profiter.

    Intelligence collective

    S’il n’a pas de représentation physique, ETIL, pour «Essaouira territorial innovation lab», est un tiers-lieu ouvert aux structures publiques et privées, collectivités locales, associations, citoyens… L’objectif étant de travailler ensemble au développement territorial.

    «Ouvert à tout contributeur, il est organisé en sublab dédié à l’éducation, au digital, aux circuits touristiques… et à l’entrepreneuriat pour impliquer les jeunes» explique Zineb Belaabid, responsable du sublab consacré à l’environnement et à la mobilité durable. Il s’agit d’encourager la création de valeurs localement et mettre l’intelligence collective au service du territoire. Les besoins sont co-définis, les expériences nationales et internationales sont analysées afin d’aboutir à des solutions adaptées.

    Dans le viseur, trouver les bons modèles, en fonction des atouts et des contraintes propres à la ville, et les dupliquer ailleurs. «Une co-construction de solutions pour le bien commun à imposer comme modèle d’action» pour la porte-parole d’ETIL et enseignante chercheuse à l’EST, Kholoud Kahim.

    J.A.

     

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