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    Economie

    Investissements publics: L’Etat veut s’attaquer aux goulots d’étranglement

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5463 Le 28/02/2019 | Partager
    La concurrence étrangère déloyale plombe le tissu productif
    L’expérience du secteur automobile devrait être dupliquée aux autres métiers mondiaux
    Appel à renforcer la cohérence du système d’appui industriel

    Un véritable casse-tête pour le gouvernement: le faible impact de l’investissement public sur la croissance et l’emploi. Ces investissements augmentent d’année en année sans que le rythme de créations des postes de travail ne suive la cadence.

    La Direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère des Finances, a cherché à identifier les goulots d’étranglement qui empêchent la transmission efficace d’une impulsion budgétaire sur l’économie. Avec ses modèles, elle a «choqué la variable investissement pour voir comment la dynamique se cascade», pour reprendre l’expression de son directeur Mounssif Aderkaoui.

    Le premier goulot est en lien avec l’importation, qui creuse le déficit budgétaire et le déficit commercial. Le Maroc a signé plusieurs accords de libre-échange. Une politique d’ouverture commerciale qui a permis d’augmenter les exportations, mais s’est traduite aussi par une hausse des importations.

    Pour remédier à cette tension sur la balance commerciale du Maroc, le rapport de la DEPF préconise de «s’attaquer à la concurrence étrangère déloyale qui plombe le tissu productif». Les mesures prises au cours des derniers temps s’inscrivent dans cette logique. Elles concernent notamment la lutte contre le dumping, la contrefaçon, l’évasion fiscale et la sous facturation à l’importation.

    Le rapport suggère de mettre en place une cellule de veille, chargée de surveiller toutes les distorsions commerciales dont pourrait être victime l’économie marocaine. «La forte propension à importer constitue une réelle contrainte pour la transmission élargie de l’effet multiplicateur de l’investissement public à l’économie marocaine. Une telle situation interpelle directement les capacités compétitives du système productif national face aux pressions concurrentielles».

    D’où la nécessité de réhabiliter la compétitivité du tissu productif national. Cela devra se faire à travers la concrétisation rapide des ambitions du Plan d’accélération industrielle. Le rapport propose également d’asseoir la compétitivité industrielle sur des leviers compétitifs structurels. Ses auteurs considèrent que «l’expérience positive de l’industrie automobile mérite d’être généralisée aux autres branches inscrites dans le cadre des métiers mondiaux du Maroc».

    Dans ce sens, il faudra poursuivre les efforts destinés à densifier le tissu industriel en favorisant le développement d’un maillage important d’entreprises industrielles, des grandes et des PME, capables de relever le défi de la concurrence internationale sur le marché local et à l’export.

    L’idée est de renforcer la cohérence du système d’appui industriel, en tenant compte de chaque filière et territoire. Cela passera par la mise en place des mécanismes de suivi-évaluation pour s’assurer si les objectifs fixés sont atteints et d’opérer les réajustements nécessaires. Ces mécanismes doivent être étendus aux engagements pris avec les opérateurs étrangers notamment en ce qui concerne les taux d’intégration locale.

    Permettre au tissu industriel de profiter de la commande publique, suppose une mise à niveau, qui l’intègre dans une logique d’écosystème entre les grandes et les petites entreprises. Car, les grands marchés sont remportés par l’international ou les grandes entreprises. D’où l’idée que la relation entre les petites et les grandes entreprises s’opère de la façon la plus efficace.

    Le document de la DEPF rappelle l’importance du chantier de la LOF (loi organique des finances), particulièrement le volet de l’ancrage à la culture de la performance et de résultats. Sur ce créneau, il s’agit d’éviter les grands projets signés en grande pompe et lancés sans évaluation. En plus, il faudrait prioriser les secteurs ayant un effet multiplicateur important. Le Maroc s’est pendant longtemps concentré sur les infrastructures.

    Aujourd’hui, il est impératif de travailler sur le capital humain, sur les zones économiques, les centres de recherche, l’innovation… selon le patron de la DEPF. D’ailleurs, une partie du rapport est liée au contenu et à la gouvernance des investissements.

    «Les infrastructures ont des rentabilités à très long terme. Une autoroute sans trafic, ni activité commerciale, ne vaut pas grand-chose», dit-il. Idem pour le secteur de l’Education, où des bâtiments ont été construits sans s’arrêter sur les volets immatériel, pédagogique et l’insertion des jeunes.

    Projets au crible avant financement

    La Direction du budget du ministère des Finances a mis en place un système de gestion des investissements publics, qui préconise une nouvelle approche. Il s’agit d’inciter les administrations à une meilleure sélection des projets présentés au financement public et un filtrage tout au long du cycle de vie des projets d’investissement. Dans ce nouveau schéma, la concentration est dirigée sur le début du cycle, avec un renforcement de l’évaluation. Dans un premier temps, ce système devrait s’appliquer aux investissements du budget de l’Etat avant de l’étendre aux établissements publics et aux collectivités territoriales. Cette nouvelle approche, connue sous le nom générique de PIM (Public investment management), initié en collaboration avec la Banque mondiale, vise à établir un système de suivi-évaluation des investissements publics pour rehausser leurs rendements.

    M.C.

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